XXXIV PRÉFACE
dogmatisait à perte dé vue, tranchant les plus hautes questions au moyen de la traduction de Lausanne et de la Concordance des Saintes Écritures. Eugène Le Savoureux réussit du moins à grouper quelques âmes, pieuses sans pédanterie biblique, dans des réunions privées, où tous étaient égaux comme frères en la foi, mais où le pasteur demeurait le seul docteur.
On a pu espérer un instant que le Darbysme rendrait un service spécial au public du Réveil, en l’épurant d’abord et ensuite en lui faisant toucher du doigt les travers de la théorie de l'Évangile-Code. Malheureusement le Darbysme a échoué comme bien d’autres choses: on n’a su empêcher les gens d’y tomber qu'en laissant libre carrière à leurs fantaisies dans Îles églises censées non-darbystes. Comment ne serait-il pas à la veille de disparaître comme parti, alors qu'il tend à régner en maître dans le camp de ses prétendus adversaires? Le moyen de retenir sur la pente les gens sans culture, alors qu’on leur accorde les prémisses des erreurs dont on prétend les garder ? La logique est inévitablement la plus forte, dût-elle conduire à l’absurde. Comme nous le disions au début, l'aile droite du Réveil en est à la dernière phase du piétisme en décadence, au chiliasme, aux Con-