PRÉFACE XXXVII
église, à côté des assemblées d’édification, des réunions d'instruction qui se tenaient dans la salle de lecture. Il prenait, par exemple, quelques-uns des loc probantia de l’incrédulité voltairienne, le miracle de Josué, l’ânesse de Balaam, le livre de Jonas et cherchait à en faire comprendre le véritable caractère. Cette critique populaire, que l'esprit scientifique et le sentiment religieux maintenaient toujours sérieuse, conduisait naturellement à insister sur la véritable nature de la piété qui consiste essentiellement dans ,une vie cachée avec Christ en Dieu“.
Que faisait au fond Le Savoureux? Il popularisait les résultats auxquels sont arrivés en Allemagne et chez nous les théologiens les moins suspects d'hétérodoxie. Seulement ces hommes éminemment sages, tout en répudiant l’inspiration plénière en théorie, se laissent aller, dans la pratique, à parler comme le peuple et à agir comme s'ils la maintenaient toujours. De là leur bon renom. Devant le public ils parlent ou ils laissent du moins parler comme si tout ce qui est contenu dans l'Ancien ou dans le Nouveau Testament formait le contenu d’une dogmatique éternelle qu’il faut admettre sous peine de faire suspecter sa piété. Le Savoureux dut apprendre à ses dépens que l’on ne met pas impunément la