XLVIII PRÉFACE
causeries où tout était remué avec une hardiesse qui n’étonnait que parce qu’elle s’alliait à une foi positive; où il invectivait sans pitié les paresseux ou les peureux qui faisaient des études de théologie comme on suit un catéchisme de persévérance, pour ramener aussitôt par Son sérieux ceux qui entraînés par sa verve étaient tentés de confondre la licence d’esprit avec l’indépendance de pensée. À quelques-uns, dans lintimité, il ouvrait, comme le bon père de famille, le trésor de son expérience intime; leur montrant à séparer au crible de la conscience le bon grain de la paille vide; reparcourant avec eux la longue évolution de ses croyances dogmatiques pour leur prouver qu'il y a des pertes qui sont des gains, et que la vérité, celle pour laquelle il faut se dévouer, n’est pas dans tel article d’une confession de foi plus ou moins écourtée, mais dans le cœur de celui qui la cherche sans hypocrisie.
C’est d’après les mêmes principes, au dire des mieux informés, qu'il avait élevé ses enfants. Il considérait leur éducation comme une partie essentielle de son ministère, et la négligence ou la faiblesse, dont font preuve à l’égard de leurs enfants tant de parents d’ailleurs très pieux, lui causaient une véritable irritation. Il tenait de sa mère, qui avait élevé six garçons, jusqu'à»