‹ Études historiques et exégétiques sur l'Ancien TestamentChapitre 48 sur 75 · LVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

LVI PRÉFACE

dans les livres les plus anciens de la Bible; et cette conception, qui nous choque aujourd'hui, s'explique facilement dès qu'on la considère comme une conséquence naturelle, spontanée de la foi monothéiste, n'ayant encore passé par aucun travail de réflexion. D'ailleurs, les textes sont positifs et nous laissent voir très clairement que, dans la pensée des anciens Hébreux, non seulement Dieu prévoit le mal, non seulement il le laisse faire, mais.encore il le fait directement lui-même.

Rappelons-nous bien qu’en tout ceci il s’agit non de dogmatique, mais exclusivement d’'exégèse et de théologie biblique. On voit le gain immense que l’on fait en brisant sans retour le prisme de l'inspiration plénière qui fausse la vue des choses, au point de donner une caricature de l’histoire. Dès que l’on considère la Bible comme une révélation, comme adéquate à la révélation même, on rejette hardiment ces vues-là au nom de la piété, de la conscience chrétienne éclairée. Mais le malheur est que ces idées se trouvent dans la Bible. Les tours de force de l’exégèse la plus ingénieuse sont impuissants à les éliminer. Que faire alors? Pour demeurer vrai, il convient d'admettre l’idée d’une révélation progressive, On ne tient, dans ce cas, pour

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