LVIII PRÉFACE
cette interprétation. Nous relèverons seulement | ici le commentaire que donne l’auteur (p. 299) du texte de l’Exode où il est dit: tantôt que nPharaon endurcit son cœur“, tantôt que ,Jéhovah endurcit le cœur de Pharaon“. Tout en écartant les procédés cabalistiques de l’exégèse d’un Kurtz ou d'un Hengstenberg, Le Savoureux ne laisse pas que de reconnaître que le langage de l'écrivain de l’Exode manque de précision. Le problème, resté insoluble pour nous, de la prescience divine et de la liberté humaine s'est-il présenté à son esprit? Ou bien, ce qui est plus vraisemblable, plus conforme à l’ancien monothéisme sémitique, a-t-il pensé que lorsque Pharaon endurcissait son cœur, il cédait à une nécessité fatale? Cette dernière interprétation exclut, il est vrai, tout libre arbitre ; mais à quel Hébreu pouvait-il venir l’idée de faire dépendre la réalisation du plan de Dieu de la volonté de l’homme ? Bien des siècles plus tard, ajoute notre auteur, un prophète donnait à ce passage de l’Exode son véritable commentaire, lorsqu'il s’écriait: ,Pourquoi, Éternel, nous fais-tu errer loin de tes voies, et endurcis-tu notre cœur, afin qu'il cesse de te craindre?“ (Ésaïe LXIII, 17).
Cette interprétation est sans doute historique-