PRÉFACE LIX
ment exacte, mais on aperçoit une lacune dans la culture philosophique de Le Savoureux, lorsqu il avance incidemment que ,la révélation pas plus que la raison naturelle ne saurait nous rendre intelligible le problème de la prescience de Dieu et la liberté de l’homme.“ S'il à pu refaire sa théologie etson exégèse, il était trop tard pour acquérir une culture philosophique que, de son temps, on était fort loin de donner à la Faculté de l’Oratoire. Il paraît en être resté à l’ancienne notion de Dieu qui confond le Jéhovah anthropomorphe des Juifs avec le principe un, la substance absolue des philosophes grecs. Dès que l’on part de l’idée d’un Dieu personnel, sachant tout dès le commencement et arrêtant le plan de l’univers indépendamment de tout concours humain, il n’y a plus de place pour la liberté ; nous sommes en plein déterminisme. Au fond c’est bien là le point de vue de toute l’ancienne dogmatique, qui est implicitement panthéiste. Pour en finir avec le déterminisme, il faut prendre la question non plus par en haut, par Dieu, mais par en bas, par l’homme, On rompt alors avec l’idée païenne de Dieu pour s'en faire une conception morale, franchement anthropomorphe. Quant au plan du monde, si plan il y a, il doit y en avoir au moins deux, suivant les déterminations que pren-