LX PRÉFACE
dront les hommes. Ou mieux encore, il n’est pas possible de se placer ainsi au point de vue de Dieu, voyant tout dès le commencement et réglant toutes choses indépendamment du concours effectif de ses collaborateurs, les hommes. Le seul moyen de disculper Dieu de toute connivence avec le mal, c’est de reconnaître franchement dans l’histoire le produit de deux facteurs réels, le créateur et la créature. Dieu a sans doute un but en créant, but qu’il ne peut manquer d'atteindre, mais rien n’est décidé à l'avance sur Le choix des moyens, des instruments; il change de plan suivant les circonstances. Au lieu de prêter à Dieu un absolutisme substantiel, qui le dominerait luimême, il faut lui reconnaître la liberté d’un être personnel, moral, sachant arriver à ses fins, en dépit de ses collaborateurs rebelles et tout en respectant leur indépendance.
Quoi qu’il en soit de cette question de philosophie, l'étude exégétique de Le Savoureux met, hors de toute conteste que cette conception de Dieu comme auteur du mal, qui révolte aujourd’hui notre conscience chrétienne, était familière à l’hébraïsme primitif. En dépit de toutes les subtilités des théologiens orthodoxes le verbe south qui, dans 1 Rois XXI, 25, signifie inciter, séduire, ne change pas de sens, 2 Samuel XXIV,
PRÉFACE VÉREX!