PRÉFACE LXVII
tants de 25. Nous ne citerons encore que deux
* propositions — ajoutées à la thèse, suivant l’usage académique, mais qui n’ont pas été reproduites dans ce volume — établissant clairement les principes exégétiques qui ont dirigé l’auteur dans ses travaux. , Le sens littéral d’un texte traité d’après la méthode grammaticale et historique est le seul vrai sens, Celui qu'a entendu l’auteur et qu'il a voulu qu’on comprit.“ — ,Les mots d’un texte n'ont jamais un double sens; mais un mot peut contenir une idée susceptible d'applications variées: typique, prophétique, allégorique, etc. L'interprétation cesse alors d’être exclusivement exégétique et prend un caractère théologique qui ouvre un champ illimité à la spéculation.“ Nous en aurions donc fini avec cette interprétation allégorique, remontant à Philon, et héritée du moyen âge, grâce à laquelle le subjectivisme le plus effréné, tout en se proclamant soumis à l'autorité biblique, trouve moyen de mettre sur le compte de l’Écriture les produits les plus indigestes de la fantaisie individuelle.
La place nous manque pour indiquer le contenu de la conférence sur la Poésie des Hébreux. Nous y renvoyons ceux qui auraient besoin de se convaincre que Le Savoureux ne fut pas seulement un érudit, un exégète consciencieux,
LXVIIL PRÉFACE
un philologue exercé, un savant en ”s, mais aussi un homme sentant et goûtant les grands clans de la poésie hébraïque. ;
Tel fut le développement, l’œuvre d'Eugène Le Savoureux, d’un ,enfant du Réveil‘, comme . il aimait à le rappeler. On voit combien il diffère des hommes qui de nos jours se présenteraiïent volontiers comme les uniques héritiers du mouvement religieux datant du premier quart du siècle. Ils ne manqueraient pas de le désavouer, oubliant que l’on ne succède qu’à condition de n'être pas pareil. Mais ce n’est que plus tard, si l’on s’occupe encore de nous, que pourra être tranchée cette question d’héritiers légitimes ou illégitimes. Le parfum de décadence, de moisi qui s’exhale de tout le bruit de vie, auquel nous assistons depuis quelques années, ne saurait laisser, dans l'esprit d'aucune personne intelligente, la moindre incertitude sur l'issue. Ce qui caractérise le mieux peut-être Le Savoureux, c’est sa préoccupation constante de ,donner la coupe au peuple“ et d’abaisser la barrière entre l’École et l'Église. Au fait y at-il à l'heure actuelle un devoir plus pressant pour quiconque aspire à être un Vrai Nathanael, un israélite, dans le cœur duquel il n'y à point de fraude? Aussi ne pouvons-nous