‹ Études historiques et littérairesChapitre 20 sur 42 · FÉVRIER · texte numérisé non relu

FÉVRIER

M. Mérimée est allé chercher, sur la fin du xvie siècle, en pleine Barbarie, dans les steppes de l'Ukraine, auxbords du Dnieper et du Volga, une de ces histoires qu'il raconte si bien (1). Faisons comme lui, livrons-nous sans résister à l'intérêt et à l'entraînement de son récit; suivons-le pied à pied : il est un bon guide. Il ne s'amuse pas aux divagations, celui-là; il n'abuse pas de la philosophie dans l'histoire, pas plus qu'il n'exagère la sentimentalité dans le roman. Quand on croit qu'il imagine, il raconte ce qu'il a observé; quand on croit qu'il écrit l'histoire, il met simplement dans un certain ordre des matériaux excellents, qu'il a bien choisis. Il juge peu, il ne disserte pas du tout, il se passionne encore moins. Il est, dans l'histoire, le rapporteur un peu froid de la certitude, comme il est, dans le roman, le peintre un peu rude de la vérité. Je me souviens du tempo où, simple conteur, M. Mérimée nous donnait le Vase étrus-

(1) Les Faux Démélrius, par M. P. Mérimée, membre de l'Académie Française (Paris, 1853).

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