PREFACE. IX
ses détracteurs. Je ne discuterai pas ces accusations, mais ce que j'avouerai, c'est que celte bourgeoisie, telle qu'elle est, concentrant l'activité intellectuelle et matérielle du pays, fait l'opinion publique; ce que j'accorderai, c'est que, troublée encore du cauchemar du socialisme, elle a pris momentanément la liberté en défiance. Mais gardez-vous de confondre avec le tempérament éternel de la bourgeoisie, une impression accidentelle, la panique ou le dépit d'un instant. Etudiez, analysez, disséquez la bourgeoisie de tous les temps et de tous les pays; le génie de la bourgeoisie a toujours été la liberté; au fond du bourgeois, vous ne trouverez jamais qu'un libéral. Souvenez-vous que le bourgeois auquel vous avez affaire, est le Français impressionnable, le Français que Ton n'arrête pas plus dans l'élan que dans la déroute, le Français chez lequel le lendemain ressemble si peu à la veille. Enfin, nous tous, bourgeois de la France actuelle, nous avons vécu sous un règne de la liberté qui a duré trentecinq ans. Il y a une patrie morale, une patrie des idées marquée parle temps où Ton a commencé à vivre, comme il y a la patrie de Fespace fixée par le le lieu de la naissance. Nous qui sommes nés dans la France élargie et anoblie par la liberté, la liberté est notre patrie. Comment voulez-vous que nous n'ayons