‹ Études historiquesChapitre 6 sur 22 · DU ROI DE NAVARRE · texte numérisé non relu

DU ROI DE NAVARRE

Le troisième fléau de sa patrie , Cbarles-le-Mauvais, monte sur la scène après Robert d'Artois, déjà disparu, et Geofroy dUarcourt, qui va disparoître. II étoit, comme on Fa déjà dit, fils de Jeanne,

fille de Loui8-lc-Hutin y reine de Navarre, et de Philippe, comte d'Évreux, prince du 8ang : par rhéritagc maternel , il possédoit un état important vers les Pyrénées; par l'héritage paternel, des terres, des villes, des châteaux en Normandie. Sa puissance s'accrut encore : il devint gendre du roi, qui lui donna pour accordée, en attendant mariage, sa fille Jeanne, âgée de huit ans. Plus Charles s'approchoit du trône, plus il sembloit Tenvier et le haïr. Si la loi salique avoit été rejetée , le roi de Navarre eût eu à ce trône des prétentions mieux fondées que celles d'Edouard, puisqu*il étoit fils d'une fille de Louis - le - Hutin , et qu'Edouard ne descendoit que d'une fille de Philippe-le-Bel. C'est ce qui fit qu'Edouard ne secourut Charles qu'autant qu'il le fallut pour désoler la France, pas assez pour le faire triompher,

Charles-le-Mauvais mérita son nom : esprit inquiet, âme noire, impuissant dans les forfiaits comme dans les débauches , ses qualités étoient avortées comme ses vices. L'histoire parle de sa beauté, de sa libéralité , de son éloquence, de sa bravoure, et cela ne le conduisit à rien : les monstres adorés au bord du Nil portoicnt aussi une parure.

Son caractère est tout à part au milieu des caractères de son siècle : Charles étoit moins un chevalier qu'un de ce» petits tyrans alors oppresseurs des républiques d'Italie. Il naquit, comme Marcel, pour ces troubles civils qui alloient annoncer l'apparition de la nation dans ses propres affaires , et une révolution dans les mœurs.

La charge de connétable de France avoit été donnée, après l'exécution du comte d'Eu, à Charles d'Espagne, frère de Louis d'Espagne. Ce jeune étranger, connu sous le nom de La Cerda, est le premier de cette race de favoris qui s'attacha aux Valois, comme une branche b&tarde de leur faniille. On accusa La Cerda d'avoir poussé Jean à un acte de rigueur , afin de s'emparer des dépouilles de la victime. Que cette accusation fût fondée ou non, Charles d'Espagne devint odieux aussitôt qu*il eut pris l'épée de connétable. On pardonne quelquefois à celui qui verse le sang, jamais à celui qui en reçoit le prix.

SOMMAIRE

Charlct-le-Mauvait , jaloux de La Cerda , le fait assassiner. — Il passe de rassassinat à la trahison , se lie arec TAngleterre « et entraîne dans ses projets le comte d*Harcourt et Louis son frère. —Traité honteux pour le roi Jean, conclu à Mantes, et pardon aolauiel accordé au roi de Navarre. — Celui-ci se brouille de nonreaii. — Autre traité conclu à Valoçnes presque aussi honteux que celui de Blantes. — La trêve avec l'Angleterre expire. — Edouard aborde à Calais , et entre pour la première fois en France par la porte dont il tenoit les clefs. — 11 retourne en Ani^terre, rappelé par une invasion des Ëcossois. — Charlesle-MaaTais séduit Charles-le-Dauphin , âgé de dix-sept ans , et qui devient Charles-le-Sage. — 11 l'engage à fuir de la cour sous prétexte que le roi Jean lui préferoit ses autres fils. — Le dauphin, saisi de remords, révèle le secret à son père. — Jean , bien qu'il eût accordé de nouvelles lettres de grâce au i*oi de Navarre, se détermine à se venger de lui. — Convocation des éutSb

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FRAGMENTS

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