‹ Etudes historiques sur l'aliénation mentale dans l'AntiquitéChapitre 38 sur 57 · PARTIE LÉGISLATIVE · texte numérisé non relu

PARTIE LÉGISLATIVE

saire, néanmoins, qu’on attende cinq ans avant de prendre ce parti extrême. Mais si, après cet intervalle de cinq années, le furieux ne recouvre pas le calme et la raison, le mariage sera invalidé, que cela soit ou ne soit pas avantageux à l’un des époux. Et nous ne statuons pas cela pour blâmer les anciens législateurs, mais pour faire ce que nous devons pour le bien {■de nos sujets. Si la folie sê manifeste le jour du mariage, rien jne s’oppose à ce qu’il soit aussitôt dissous, quand même il aurait déjà été confirmé par la cérémonie religieuse ; de même que si elle eût éclaté avant le mariage, elle eût été un empêchement à sa célébration. Quelques personnes trouveront peutêtre contraire à la raison que le mariage puisse être rompu après la consécration, parce que, la cérémonie religieuse unissant les deux époux en un seul corps, il n’est plus possible de les séparer; d’ailleurs,le mari est la tête, le membre principal de ce nouveau corps, et, quand les membres principaux sont affectés de quelque mal, il n’est pas d’usage de les couper. Mais celui qui tire cètte objection de l’union étroite des époux et qui ^ prétend la soutenir me paraît ignorer quel est l’objet de la i bénédiction nuptiale; c’est dans l’idée que le mariage sera une source de biens qu’elle unit les époux d’un nœud en quelque sorte indissoluble, et qu’elle sanctionne les plaisirs du mariage et la propagation du genre humain. Mais, je le demande, comment l’état de fureur peut-il s’accorder avec ces vues, comment conserver la pudeur, quand on ne jouit pas de la raison et qu’elle est étouffée sous le poids d’une misérable ignorance? Comment espérer qu’il naîtra des enfants d’une union ou une femme malheureuse ne voit dans l’état de son mari, plus malheureux encore, qu’un spectacle horrible et ne peut avoir aucun rapport particuüer avec lui ? Enfin, comment dire que les époux sont unis par l’amour, quand le mari est égaré par

la folie, et ne conserve pas même la figure d’un homme? Certes, s’il naissait des enfants d’une semblable union, comme la nature assimile toujours les fruits à ce qui les produit, ce serait un véritable malheur pour l’espèce humaine. D’après toutes ces considérations, il me paraît juste et conforme à la raison, d’établir que la folie sera une cause de dissolution du mariage, sans que cette décision puisse paraître contraire à l’effet de la bénédiction nuptiale, ni avoir aucune apparence de crime. Cependant, si quelqu’un la trouvait répréhensible, qu’il fasse Texpérience des douceurs d’un semblable mariage, et il reconnaîtra combien son opinion est fondée. »

Testaments et codicilles. La question des testaments est encore aujourd’hui, avec celle de la responsabilité, l’une des plus ardentes préoccupations des médecins spéciaux et des jurisconsultes, en ce qui concerne los insensés. Pour les uns, ces sortes d’actes, en tant qu’émanés de pers^onnes réputées folles au moment de leur réalisation, devraient toujours être annulés. D’autres admettent des cas exceptionnels où, malgré l’irrégularité mentale, il n’est pas impossible qu’ils soient dictés par une volonté consciente, et partant susceptible d’être respectée. Sans s’autoriser de la jurisprudence, qui consacre souvent les dispositions testamentaires des fous, mais qui, obéissant en cela à une intuition née de la physionomie des causes plus qu’à une conviction scientifique mûrement établie, erre nécessairement quelquefois, le Journal de médecine mentale, favorable à la distinction (t. VI et VII), s’est doublement efforcé, en la justifiant, de préciser les variétés psychiques dans lesquelles la confirmation pouvait avoir lieu et les circonstances topiques qui étaient de nature à la légitimer.

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