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que les armes, et combien que les maisons offeosées de tels malheurs. Ceux qui ont le plus dinterest sont les derniers avertis , le contraire est ici observé; car Charles-Chabot , père de Guy , est le premier auquel on fit le conte , parce qu'on ne regardoit qu'arriver aux fins de quelques périls et ravissement d'honneur , et ce fut pour raison de tels propos que Charles-Chabot, ne montrant a son fils au retour
de l'accort et un cœur accouslumé de père;
mais lui faisant connoître qu'il avoit quelque desplaisir en son cœur , après plusieurs requestes de son fils , lui demanda s'il s'estoit jacté , comme l'on disoit , de sa belle-mère ; ce qui toucha si vivement le cœur de son fils , que la tristesse et le desplaisir ayant rompu son discours , il respondit , qu'aux dépends de sa vie , ou de celle de La Chataigneraye , il monstreroit son innocence , disant qu'il l'assuroit tant de sa justification , bien que Dieu estoit son témoing et son juge , qu'il feroit sentir à La Chataigncraye le mérite de son imposture : et soudain partit son dict père pour aller en cour , avecque protestation de ne retourner qu'il n'eust poursuivi cette affaire à chef, et qu'il ne fust justifié de cette calomnie ; et de fait , à la première occasion, publiquement qu'il se seroit vanté avoir couché avecque sa belle-mère , estoit méchant , malhonneste et avoit menti. Parlant d'ailleurs , si devant quelles paroles s'adressoient à La Chataigneraye , lequel, averti du desmenti, et voyant l'occasion honneste pour combattre le jeune Jarnac , sieur de Montlieu , sur lequel il s'assuroit estre victorieux , se confiant en sa dextérité et son expérience aux armes , jà deslibéroit de triompher. Il poursuit l'octroi du combat à toute outrance , et se pourvoit par-devant le Roy François , sur la fin de son règne , comme pareillement le jeune Jarnac :
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et la chose mise en délibération auprès du Conseil , bien que plusieurs apportassent diverses opinions , celle du Roy de défendre le combat par plusieurs belles et grandes raisons, qu'il a requis de convenant sur cette proposition , qu'un Prince ne doit permettre chose de l'issue de laquelle on ne peut espérer bien , comme un tel combat. Tellement que durant le vivant du Roy, ce diçt différend fut sursis; mais sousdain qu'il fust décédé, au mesme an 1547, et que le Roy Henry, second du nom, son fils, eust succédé à la couronne de France , La Chataigneraye et Jarnac , retournant sur les premières brisées, pour parvenir au combat , La Chataigneraye escrit un cartel au Roy , dont le contenu, avec la suscription, en suit.
Au Roy , mon souverain seigneur.
a Sire, ayant entendu que Guichot a esté dernier à com- » pagnie , où il a dict que quiconque auroit dict qu'il s'es- » toit vanté d'avoir couché avecque sa belle-mère estoit mé- » chant et malheureux; sur quoy , Sire, avecque votre bon » vouloir et plaisir , je responds qu'il a méchamment menti » et mentira toutes fois et quantes il dira que j'ai dict ladicte » chose , comme soit véritable , mais dicte ; car il m'a dict » plusieurs fois et s'est vanté d'avoir couché avecque sa belle » mère. »
Signe FRANÇOIS Y1V0NE.
Duquel cartel le bruit commençant à courir , et La Chataigneraye se voyant blasmé de toucher l'honneur des dames, et mesme d'une qu'on honoroit , primoit par ses vertus entre celles qui n'estoient de petite recommandation, il escrit au Roy un austre cartel , pour sa justification.
« Sire, au différend qui est entre Guichot-Chabo t et moi . » jusqu'à présent j'ai seulement regardé à la conservation » de mon honneur , sans toucher à l'honneur des dames ; » desquelles j'aimerois plutost estre défenseur qu'accusateur, » mesme celle dont est question en mon différend ; mais » voyant que, pour ma justification, il est bien requis que » je dis , que ledict Chabot a fait de sa belle-mère sa vou- » lonté, sans regarder à l'honneur de son père et de son » devoir , et qu'il a dict avoir couché avecque elle ; et pour » ce, je vous supplie très-humblement de me donner champ » à toute outrance, dedans lequel j'entends prover par armes » audict Guichot ce que j'ai dict ; et aussy qu'il vous » plaise me permettre que je lui puisse envoyer celles du » combat , avecque le contenu de la présente , que je lui veux » tenir sur ce que dessus , afin que, par nos mains, puisqu'il » ne se peut prover austrement , soit vérifié toute l'offense » qu'il a faite à Dieu, à son père et à justice. »
Signé FRANÇOIS VIVONE.
Sur l'envoi desquels cartels , le seigneur de Jarnac estant instruit en cour qu'il eust donné le premier le démenti , pourquoi La Chataigneraye le poursuivoit comme demandant et assaillant, qu'il a de mesme , et le jeune Jarnac défendant et soustenant : Jarnac escrit ce cartel au Roy, avecque celte suscription :
Au Roy , mon seigneur.
« Sire, avecque vostre bon plaisir est que je dis que François n de Vivone a menti de l'imputation qu'il m'a donnée , de la- » quelle je vous parleroi à compagnie et austrc , qu'il a menti
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» de la seconde imputation qu'il m'a faite du premier escrit » qu'il vous a présenté , et davantage qu'il a méchamment et » malheureusement mérité de la tierce ordre et infâme impuni tation qu'il m'a faite par le second escrit qu'il vous a pré- » sente. Et pour ce , Sire , je vous supplie qu'il vous plaise » lui octroyer le camp à toute outrance à quant et quant. » Ayant vous premièrement déclaré de laquelle des trois im- » putations ledict Yivone est tenu de me prendre, s'il est quitte » de la première imputation par la seconde , et de la seconde » quitte par la tierce. »
Signé GUY-CHABOT.
Outre ledict cartel, Guy-Chabot envoya cette lettre à monsieur l'évesque de Béziers , qu'estoit près de la personne du Roy et de ses favorits :
« Monsieur , la signature de cette lettre vous fera croire et
» dire en assurance , partout où vous vous trouverez , que
a touchant les différends entre La Chataigneraye et moi , s'il
» plaist au Roy nous donner lieu en un coin de son royaume,
» pour vider nos différends par armes, je les porteroi si braves,
» et moi encore plus , que montreroi dedans le lendemain au
» combat la bonne nourriture que j'ai eue du feu Roy , et
» que je tiens du Roy mon seigneur, et que La Chataigneraye
» n'a la bouche si forte que je ne l'arreste dans lien de fer. »
Le cartel signifié, et la lettre escrite lui ayant esté montrée, il envoya incontinent au Roy cet austre cartel :
« Sire , il vous a plu, par ci-devant, entendre les différends » entre Guy-Chabot et moi, sur lequel j'ai reçu celui signé de » son nom , par où il offre d'entrer demain dans le camp , » et porter des armes si braves et lui encore plus, qu'on con-