M.M. Longo et Brugi
surtout à partir du moment où les catégories ont reçu les commentaires développés de rElîaywyô î'-? '^î y.axYjycpia^. Syrien lui-même, Porphyre, l'élève et le biographe de Plotin, a été, par l'intermédiaire de son disciple Jamblique (de Chalcis en Coelésyrie) et des élèves de ce dernier, le fondateur indirect de l'école syrienne de philosophie. L'Isagôgé avait encore aux v*-vi'' siècles un grand succès, puisqu'elle faisait l'objet d'un commentaire à la fois en Italie parBoèce et en Orient par Elias. Il n'y a donc aucune invraisemblance à penser que les jurisconsultes de Beyrouth se sont instruits aux doctrines de Porphyre si vivaces de leur temps, et que c'est sous leur influence qu'ils ont appliqué aux actions la principale catégorie d'Aristote, le yévc;; auquel s'oppose l'closr'. Ils ont été d'autant plus portés à le faire que l'extension de la théorie logique d'Aristote les menait à un résultat concordant avec la métaphysique de Plotin. Par Porphyre et l'école syrienne de philosophie, l'influence du plotinisme a dû être très forte sur les professeurs du v" siècle. Or, si l'on peut conjecturer sans trop de hardiesse qu'ils ont emprunté au plotinisme le ius naturale qui est à la base des vindicationes utiles- et le concept de la natura [actiotiis, contractus, etc.)^ il y a encore plus de raisons de croire qu'ils lui ont pris la notion des actions générales, attendu que cette notion cadre parfaitement avec les « idées générales » de Plotin, dont l'importance s'est augmentée considérablement chez ses disciples. Nous nous bornons à signaler ces rapports entre le plotinisme et le byzantinisme juridique, sans y insister plus que précédemment \
1. Comme on peut s'en assurer en dépouillant Aristote, Plotin, Porphyre, Boèce et Elias, ces philosophes ne parlaient pas des actions (les philosophes se ferment volontairement le domaine juridique qui touche par tant de points au leur). Ce sont donc bien les professeurs grecs qui sont les édificateurs de ces constructions nouvelles.