Le teste des Fragments du Vatican est le plus complet
2.11 n'y a pas à rechercher ici les raisons de l'innovation de Constantin. On constatera simplement que c'est peut-être cette réforme qui a entraîné à la longue la désuétude de la loi Cincia.
à titre gratuit; le domaine, des aliénations à titre onéreux, plus important et plus pratique, eût échappé à l'effet de ces dispositions. Mais est-il môme certain que émancipation en matière de donation ait réellement péri après 394 et avant Justinien? Nous possédons une preuve décisive que la mancipation a survécu aux constitutions du iv" siècle dans la décision de Justinien [C, 8, 53 (54), de donat., 37] dont il a été parlé plus haut * et qui montre encore en vigueur des fragments du formulaire de la mancipation translative au titre de donation.
De plus, M. Naber, qui ne tient compte ni de la constitution de 316, ni de celle de Justinien, ne fait pas non plus état de la constitution d'Arcadius et Honorius (395) (C. Théod. 15, 14, de infirm. his quae sub tyr. aut harb. gesta sunt, 9) qui contient la dernière mention législative connue de la fiducie, laquelle est, comme on lésait, en connexion étroite avec la mancipation. Ce texte va directement à l'encontre de sa thèse puisque, même si l'auteur hollandais prétendait alléguer qu'en 395 la constitution de 394 n'avait pas encore eu le temps de passer dans la pratique, on lui répondrait que la constitution de 316 (dont celle de 394 n'est qu'une copie) aurait pu, elle, produire ses conséquences abrogatoires avant 395, c'est-à-dire en 80 ans ^ Enfin ii'est-il pas un peu hasardé aussi d'admettre qu'au Bas- Empire, où les réformes sont faites d'ordinaire en des phrases si prolixes, la destruction de la mancipation ait pu résulter de l'emploi de la voie indirecte, d'une simple allusion qu'indiquerait la phrase aliter — discedere?
L'erreur du savant hollandais — qu'on nous permette de le faire remarquer — provient d'un défaut de méthode qu'on peut trouver chez les meilleurs auteurs et qui consiste à prendre un texte isolé et à en tirer argument, sans rat-