‹ Études historiques sur le droit de Justinien (volume 2)Chapitre 119 sur 159 · Esmein, op. cit., p. 381-382 ^cf. infrà, p · texte numérisé non relu

Esmein, op. cit., p. 381-382 ^cf. infrà, p

4. Epit. Gai, 1, 6, 3; cf. M. Conrat (Cohn), Brevîarium alariciamon; Rom. Recht im frànkischen Reich, Leipzig, 1904, iQ-4°, p. 143-144.

5. Voy. à ce sujet F. Schupfer, L'antestatus délia Epitome di Gaio e Z'Orator délie Carte langobarde (Riv. ital. di science giuridichc, t. XLVII, 1910, p. 303-314).

La physionomie si curieuse de la mancipation visigothique constitue un enseignement des plus instructifs à la fois sur la persistance de l'institution dans le droit des personnes et sur la façon dont le droit de la basse époque romaine avait su accommoder ses solennités antiques. 11 est probable que l'émancipation de l'Orient, dont Justinien se contente de rappeler par allusion le formalisme vieillot, devait ressembler fortement à celle-là. jNous nous contenterons de noter le parallélisme intéressant qu'offre, en matière de droit des personnes, la survivance de l'institution dans les parties opposées de l'ancien Empire romain, et de renvoyer aux développements donnés précédemment sur sa raison d'être'.

Il est temps de quitter les provinces et d'arriver enfin à l'Italie.

I m. — Persistance de la mancipation en Italie.

L'histoire de la mancipation en Italie présente une antithèse complète avec son état exceptionnel dans les provinces d'Occident ou d'Orient. L'Italie a toujours été le domaine réservé de la mancipation, puisqu'elle est la patrie d'origine des res mancipi et que la mancipation est essentiellement un acte quiritaire.^yO/-?or«, on conçoit donc que la mancipation, qui y avait encore à la fin du m' siècle une vitalité vigoureuse, ait misa y vieillir et à y déchoir un temps plus long que dans les provinces. Quoi que pense la doctrine à peu près unanime, elle n'est pas morte avant Justinien et elle ne devait mourir que longtemps après la réception de

1. Hitzig (p. 197-198) signale par erreur l'emploi de la mancipation en matière d'adoption dans G"V. (= Epit. Gai) 1, 6, 3. Nulle part, il n'est question de l'adoption dans le Bréviaire d'Alaric (cf. l'ouvrage de Conrat cité précédemment) en dehors de ïlntcrpretatio sur G. Th. 5, 1, de leg. hered., 2. La forme de l'adoption est une gestis antc curiam affiliatio (Sur cette forme et les formules franques qui s'y réfèrent, cf. P. Violiet, Hist. du droit civil franc. ,3' édit., Paris, 1905, p. 528).

l'œuvre byzantine en Italie; elle n'a pas été tuée par des dispositions législatives spéciales, les constitutions de 31 & et 394', qui n'auraient en tout cas atteint que son application en matière de donation; elle a résisté à l'introduction de la compilation de .lustinien en Italie, comme le démontrent des documents positifs. La vérité est qu'elle est morte de consomption avec le droit romain lui-même, seulement après le ix'^ siècle, à l'âge de transition entre l'Antiquité qui est finie et le Moyen Age qui est commencé. Elle a été, en somme, parmi les institutions romaines, l'une des plus résistantes, malgré la longue durée d'une existence inaugurée dans les temps antérieurs à la fondation de Rome.

Pourtant, si la mancipation existe encore au temps oii Justinien faisait rédiger sa codification, il n'est pas niable qu'elle est à ce moment au bout de sa carrière; sa persistance aux V* et Yi* siècles s'accompagne de la décrépitude inhérente à l'extrême vieillesse. La question est de savoir quelle était à cette époque l'importance précise de son rôle. Etait-il encore assez grand en pratique pour que Justinien eût dû s'en préoccuper d'une façon explicite, s'il avait réellement travaillé à la fois pour l'Orient et pour l'Italie? C'est ce que nous allons rechercher en retraçant brièvement d'après les sources directes la dernière étape de son histoire négligée par les traités de droit romain.

I. — En mettant de côté les recueils de Justinien, — puisque c'est leur autorité qui est en cause, — les sources qui nous renseigneront proviennent uniquement de documents d'archives relatant des ventes et des donations. Les plus nombreux et les plus importants sont les Papyrus de Ravenne connus depuis longtemps ■. La publication faite en 1909 de quelques chartes lombardes des archives

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