Marini 73, 1. 14 (p. 108) (cf. Girard, p. 525, n
2. Cf. Marini 115 (an. 540) I, 1. 7 (p. 175) : offîduciatas, 121 (fin vi' siècle), 1. 22 (p. 186) : infiduciatas.
LA MANCIPATIO.\. 263
des Visigolhs'. Pour la seconde, aucune trace directe ne s'en découYre dans les documents, car ce sont tous des actes de transfert où Vaclio n'avait aucune raison d'être mentionnée; pourtant elle paraît avoir persisté en Italie comme sanction de l'éviction avant de prendre la forme nouvelle de la laudatio actoris, l'une des institutions originales de la Summa Perusina du vii^ siècle ^
Mais, en dépit de ce dernier intérêt spécial, la survivance de la mancipation après le iv" siècle doit être regardée surtout comme purement pratique et formelle; c'est l'opinion des érudits qui ne la croient pas morte à cette époque. Cette opinion gagnera à être appuyée sur le parallèle avec la tradition que nous allons reprendre.
Tout d'abord, il faut écarter la persévérance d'une distinction de fond entre les deux actes à laquelle pourrait faire songer la curieuse formule déjà citée d'un Papyrus de Ravenne : ergo quae tradenda erant tradidlmiis, quae mayicipanda erant mancipavimus \ A l'en croire, la tradition serait toujours réservée aux resnec mancipi, la mancipation aux res mancipi. Cependant ce n'est là qu'une clause de style empruntée à un formulaire ancien. Et en voici la preuve décisive qui va nous conduire à jeter un rapide coup d'oeil sur l'état juridique des fonds de terre en Italie, comme nous l'avons fait pour ceux de l'Orient.
Pour admettre que les deux actes sont toujours distincts en droit, il faudrait supposer que la mancipation a gardé au VI* siècle la supériorité qu'elle avait à l'époque classique sur la tradition ou, en d'autres termes, que leurs domaines respectifs d'application auraient continué à être séparés comme ils l'étaient alors. La tradition aurait continué à fonctionner normalement dans le cercle des res nec mancipi pour le transfert desquelles elle était