‹ Études historiques sur le droit de Justinien (volume 2)Chapitre 139 sur 159 · Sur ce caractère, voy. p · texte numérisé non relu

Sur ce caractère, voy. p

LE « RECEPTUM ARGENTARII ». 287

avec spojideo. >îe sont-ils pas tentes de le regarder comme un mot de même nature que le spondeo de la stipulation, un terme réservé aux seuls citoyens et partant quiritaire? Et l'impression d'archaïsme se trouve encore fortifiée dans leur esprit par ceci : qu'ils ne rencontrent pas dans leur langue un terme dérivé directement du terme recipere, pas plus qu'il n'en existe pour traduire exactement ^pondère, à la différence, par exemple, du terme technique àvTisfovrjtjiç calqué sur la responsio du constitut'. En somme, la solennité derrtc//o;rc(p/?/?c?adoit s'interprétercommclecaractère purement romain qu'elle revêtait auxyeux descommissaires. Nous pensons aussi i^ue la solennité a pu dériver également à leurs yeux d'un autre caractère, signe manifeste d'archaïsme qui se rapproche du premier, de son caractère d'action abstraite. Dans le receptum, le banquier « devait payer, même quand il s'était engagé par erreur, un peu comme celui qui a accepté une lettre de change »-; plus pratiquement, il devait payer, même si à l'échéance il « n'avait pas effectivement les mains garnies », lorsque, par exemple, il avait consenti à son client une ouverture de crédit ^ .Justinien ne manque pas de noter incidemment cette particularité au § 1 de sa constitution :

cum secundum antiquam recepticiam actionem exigebatur et si quid non fuerat debilum.

Or, le caractère abstrait n'appartient en droit qu'à des formules solennelles et — les commissaires le savent bien — spécialement aux paroles solennelles de la stipulation. Sur ce point encore, le rapprochement entre le contrat de sponsio, où le débiteur était primitivement obligé sans

1. Il y a bien, nous l'avons vu, des mots grecs qui rendent l'idée de l'engagement du banquier comme d'autres qui expriment la promesse par stipulation ; mais ils ne peuvent pas passer pour des termes techniques au sens du terme grec qui correspond au constitut, puisqu'ils se réfèrent à des actes grecs, l'ÈYyjT;, rôu.oÀOY;'a.

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