NATURE DE L INFLUENCE ORIENTALE DANS L'ŒUVRE LÉGISLATIVE DE JUSTINIEN
Les diverses manifestations du l}\/antinisiiu' moiitieiil qu'il a pour trait essentiel de ne pas offrir, comme la ci\i
lisatioii romaine de rOccident, un caractère relativement simple. Le hyzantinisme est, par nature, essentiellement complexe. Il se présente comme le mélange de plusieurs cultures, la culture romaine, la culture hellénique et la culture orientale, toutes les trois s'imprégnant de plus en plus d(î christianisme'. Plus exactement même, le hyzantinisme représente la réaction des éléments de l'Orient, et particulièrement de l'élément grec, sur l'élément romain prépondérant, politiquement parlant, lors de la fondation de (iOnstantinople; ou mieux encore, il représente la transformation des éléments orientaux, qui jusque-là n'étaient que provinciaux, en éléments impériaux, entre Constantin qui est un Empereur romain régnant dans une ville romaine et Justinien qui est un Empereur oriental régnant sur un Empire d'Orient. Car, lorsque le hyzantinisme remplaçant définitivement le monde gréco-latin atteint son apogée sous le règne de Justinien, les éléments orientaux sont devenus à leur tour prépondérants dans les principales manifestations de la vie publique et privée, la politique, la langue, l'enseignement, la littérature, Ihistoire, l'art". Le « romanisme » n'est plus que l'enveloppe, la surface apparente du hyzantinisme.
.Mais il ne suffit pas de rappeler ces idées connues. Pour en préparer l'application au droit, il importe au plus haut point de saisir la nature et l'origine des éléments orientaux qui entrent dans le hyzantinisme.
D'une façon générale, c'est l'élément hellénique qui domine en toute matière. Quoique le rôle de l'Hellade ait considérahlement diminué au Bas-Empire, quoique
1. Bien que ces idées générales soient très connues, il n'est pas inutile de renvoyer aux pages synthétiques de l'Introduction de Knimbacher, spécialement, p. 7 et 24. — Hosseling, op. cit., p. 101, écrit très justement : « La fusion de la pensée romaine avecla pensée grecque et chrétienne trahit l'apparition d'un peuple nouveau».