Rotondi, p
pellent de très près celles déjà acquises sur l;i natura actionis. Le concept de la natura cmitractiis, est un indice caractéristique de révolution profonde que la théorie des contrats a subie dans le passage du milieu classique au milieu byzantin'. Le déplacement de point de \ue a fait regarder les actions non par leurs formes, mais par leur contenu substantiel; c'est la volonté des parties qui donne à r « action », concept générique, la nature spécifique d'une action déterminée en conformité avec l'acte juridique quelles ont voulu. De même, dans la théorie des contrats byzantins comparés aux contrats romains, on constate un triple déplacement de conception, le passage « du formel au substantiel, du spécifique au générique, de l'objectif au subjectif »^ En termes moins abstraits, si les Byzantins ne sont pas arrivés à la notion de la force obligatoire de la volonté pure, — car ils maintiennent le point de vue romain que chaque contrat a sa figure propre et autonome — , ils reconnaissent que la volonté des contractants peut se mouvoir librement, en plus ou en moins des règles normales du contrat, dans les limites assignées par la loi au contrat, c'est-à-dire secuiidiim natura?n coiitractus; et même ils déclarent que la volonté peut changer la natura contractits en s'exprimant dans les pactes, dontle but normal est précisément celui-là. C'est en ce sens, et sous les réserves faites, qu'il faut entendre l'adage du scoliaste, « la volonté est vraiment la mère des contrats » [[}:^^~r^^ -^'iz ia-iv twv
11. — Cependant, M. Rotondi, pas plus que M. Longo, n'a dépassé la construction dogmatique des écoles d'Orient. S'il en a montré excellemment toute la portée et s'il en a fait ressortir l'influence sur la formation du droit de
1. M. Rotondi, p. 113-114, dit même que celle natura est plus caractéristique encore que la natura actionis pour marquer révolution du droit romain. Nous reviendrons sur cette idée au tome II.