‹ Études historiques sur le droit de JustinienChapitre 100 sur 242 · Laborde, op. cit., p · texte numérisé non relu

Laborde, op. cit., p

représenteraient deux ou trois générations*. Faire tenir ces deux ou trois générations dans le court laps de temps qui s'écoule entre 474 et 500, dans un espace de vingt-six années au maximum, — car rien n'indique que l'École avait cessé juste avant la promulgation de la constitution de l'an 500, — oblige à supposer nécessairement que chacun d'eux a enseigné bien peu de temps et certainement moins que la durée normale de la carrière d'un professeur. Cela est, à pnori, contraire à la vraisemblance.

Si, d'autre part, comme il est plus probable, c'était seulement deux ou trois professeurs qui enseignaient ensemble ^ les sept noms connus se répartiraient sur une période encore plus longue et la concentration entre 474 et 500 serait, à fortiori, inadmissible.

L'on arrive au même résultat d'invraisemblance par un autre raisonnement. Les juristes du vi'^ siècle montrent que la plupart de ces maîtres ont commenté les constitutions impériales, en particulier celles du Code Théodosien. Faut-il croire que les jurisconsultes de Beyrouth auraient attendu l'avènement d'Anastase ou, au plus tôt, l'avènement de Zenon, pour se livrer à l'étude du Code promulgué par Théodose et Valentinien en 438? Et si l'on objecte que d^autres jurisconsultes avaient déjà commenté le Code Théodosien avant les « maîtres universels » dans la période de 438 à 474, comment expliquer qu'aucun témoignage ne soit parvenu de leur activité? Pourquoi cette lacune de trente-six ans dans nos sources et précisément dans la période la plus proche de la promulgation du Code Théodosien, alors que l'expérience prouve que les Codes nouveaux font l'objet de commentaires, surtout aussitôt après leur publication?

1. Je dis deux ou trois générations, parce qu'il serait extraordinaire qu'ils se divisent juste en deux groupes ayant enseigné chacun un temps égal.

2. Voy. la discussion sur le nombre des maîtres, Infrà, Sect. IV.

m. — En vérité, si les auteurs avaient prêté plus dattention à la question de chronologie, ils auraient pu depuis longtemps fixer, rien qu'à l'aide des textes juridiques courants, non seulement avec une quasi-certitude le terminus ad quem, mais aussi par hypothèse un terminus a quo remontant bien plus haut dans le passé. Voici comment.

Justinien, dans la Const. Tanta-àiltô/.vj, § 9 (16 décembre 533), la troisième préface du Digeste, cite le nom d'Anatole, collaborateur de son Digeste et proclame qu'Anatole, le représentant de la troisième génération de jurisconsultes de Beyrouth, est le digne héritier du talent de son père Leontius et de son grand-père Eudoxius. Leontius et Eudoxius sont précisément deux des membres de l'École des -f,ç i'y.au[;.£voç l:oi(jY.akzi. La parenté qui les unit permet déjà de retrouver d'une façon sûre deux des générations de professeurs dont nous signalions un peu plus haut l'existence vraisemblable. La génération de Leontius occuperait un laps de temps de vingt ans avant 500, car, depuis longtemps, il était possible de trouver dans les sources la preuve que la carrière de Leontius avait été interrompue'; elle aurait rempli les années 480 à 500 au plus tard. Son père Eudoxius appartenant à la génération précédente et de trente ans plus vieille, — c'est la durée toujours admise d'une génération humaine, — la génération d'Eudoxius aurait rempli les années 450 à 480 au plus tard.

xMais la même Préface du Digeste apprend encore que Patricius était antérieur à Eudoxius ; il aurait donc débuté, par exemple, vingt ou trente ans plus tôt que 450, soit vers 420 ou 430. Et enfin, puisque le fondateur de l'École n'est pas lui, mais Cyrille, on le verra, Cyrille aurait débuté dix ou vingt ans encore avant Patricius, soit au plus tôt vers 400-410 et au plus tard vers 420. Ces calculs.

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