‹ Études historiques sur le droit de JustinienChapitre 99 sur 242 · Scol. BaXsWou, II · texte numérisé non relu

Scol. BaXsWou, II

9. Les références se trouvent plus loin, à propos de chacun des maîtres {§ II).

lion que témoignent à leurs prédécesseurs des hommes qui se sentent inférieurs à eux. D'autres marquent simplement qu'un long- intervalle de temps séparait les juristes du vi* siècle de leurs anciens.

Il est un de ces titres qui est moins banal et qui, seul, est vraiment significatif par sa précision : c'est le titre de z'. Tïjç cîy.ou[j,£Vï;; oicia/.aAot. Cette formule, où le mot yïjç est sous-entendu comme toujours dans l'expression r; o'.y.c'j[x£VY] « la terre habitée, l'univers », aura besoin d'être élucidée par une étude un peu détaillée, et l'on verra si l'on doit donner à -%ç o\v.o\i\i.t)r\c, ce sens large ou un sens plus réduit.

Provisoirement la traduction française proposée sera l'École des « Maîtres œcuméniques » ou l'Ecole des « Docteurs universels )\ expressions bien préférables à celle de <( l'École des Maîtres autodidactes » créée par Mortreuil '. C'est ce titre qui, par sa particularité même, mérite de donner son vrai nom au groupe des professeurs en exercice à la belle époque de l'histoire de l'École de Beyrouth.

II. — « Nous n'avons, dit P. Krueger, que deux points de repère pour déterminer l'époque où ils ont vécu ; on sait qu'ils sont antérieurs à une constitution d'Anastase de l'année 500, et qu'Eudoxe était le grand-père d'Anatole, l'un des commissaires chargés par Justinien de la confection du Digeste » -.

Les auteurs assignent, en etfet, unanimement pour date à l'éclosion de l'école nouvelle la fin du v'^ siècle. Ils se fondent sur le renseignement fourni par Thalélée*que les -f,q otxoj;;ivr,; oioijy.aXa ignoraient « naturellement » (sîxÔTwç) la constitution d'Anastase de l'an 500 qui reconnaissait la validité des transactions faites sur la servilis vel

1. L. Laborde, Les Écoles de Droit dans VEmpire d'Orient, thèse de doctorat de Bordeaux, 1912, p. 48.

■t. Krueger, p. 361 (tr. franc., p. 426-427). 3. Thaï, [ad Cod. lust. 2, 4, lOj in Scol. ©coSoipou, I, 698.

adscripticia condicin\ Toutefois, une partie de la doctrine, suivant l'opinion de Mortreuil, tire de Tignorance de cette loi la conséquence que l'organisation de l'école nouvelle aurait précédé de quelques années seulement Favènement d'Anastase à l'Empire (491). Une autre partie se borne à la proclamer antérieure à 500. M. Laborde, le dernier auteur qui ait reparlé de la question, déclare à bon droit que tout ce que l'on peut déduire du passage, c'est que l'école était antérieure à la constitution d'Anastase, c'est-à-dire à l'année 500, sans que rien permette d'affirmer qu'elle ait été antérieure à l'avènement d'Anastase, c'est-à-dire à l'année 491. C'est là, en effet, la seule indication qu'on puisse légitimement tirer de la scolie. Pourtant le même auteur écrit en dernière analyse : « 11 est donc démontré que l'école des z^q cîy.o'J!X£vr;ç ci3a(j/,aAc;t fonctionna avant 500; elle parait donc avoir été fondée par Anastase ou par son prédécesseur Zenon » ^ Quel argument autorise cette allusion à Zenon, on l'ignore.

L'opinion qui, sans autre base que le texte de Thalélée, place l'ère de ces maîtres éminents à la fin du v" siècle, sous Zenon (474-491) ou au début du règne d'Anastase (entre 491 et 500), pèche manifestement par insuffisance. Un raisonnement très simple suffit à la renverser.

Nous avons compté plus haut sept professeurs faisant partie du groupe; encore ce nombre est-il probablement inférieur à la réalité, puisqu'il est déterminé uniquement d'après des sources très incomplètes, surtout d'après les Scolies des Basiliques et que ces scolies sont de simples extraits fragmentaires des ouvrages juridiques du vr siècle. Même s'il était exact que l'Ecole de Beyrouth possédait, avant Justinien déjà, quatre professeurs de droit enseignant ensemble, les sept professeurs connus

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