Avant son règne, après la prise de Jérusalem
Comment de ces témoignages peu nombreux pourtant en comparaison de tous ceux qui sont perdus, mais qu'il était bon de rappeler, quoiqu'ils fussent très connus, comment ne pas tirer la conclusion que Beyrouth a été, de par la volonté consciente des Empereurs, une ville privilégiée entre les villes de l'Orient? Et comment s'étonner alors qu'elle ait pu être le lieu préféré pour le dépôt des lois de l'Orient : ce n'était là qu'une marque nouvelle de la bienveillance impériale à son égard. Bienveillance d'ailleurs, non de sentiment, mais d'intérêt. Les Empereurs favorisent Beyrouth parce que cette ville représente, pour eux, la « porte de l'Orient », du moins de ( l'Orient sémitique » (en dehors de l'Egypte, unité politique à part).
Cette situation avantageuse, Beyrouth la doit à son port, merveilleusement abrité, où les prédécesseurs des Romains, PbénicienSj Juifs et Grecs, doués d'un génie commercial supérieur, ont su faire converger les routes qui débouchent des plus riches provinces de TAsie.
Les Empereurs ont su reconnaître, très vite, l'importance géographique de la ville : dans l'ordre politique comme dans l'ordre économique, elle leur servira utilement de base d'opérations pour leurs desseins d'emprise sur ces provinces.
Faut-il conclure de là que ce fut un Empereur qui fonda l'Ecole de Droit, comme l'ont cru quelques anciens ; nullement, au Haut-Empire il n'y a pas encore d'Écoles officielles. JMais la fondation de l'Ecole de Droit a très probablement été provoquée par les mêmes considérations politiques et économiques qui avaient attiré sur Beyrouth l'attention impériale.
A quelque époque qu'elle ait été créée, sous l'influence ou non de l'institution dans la ville d'un dépôt des lois, l'importance politique de Beyrouth, « clef de l'Orient », comme l'importance économique de son port nous semblent des motifs propres à justifier l'érection d'une