‹ Études historiques sur le droit de JustinienChapitre 130 sur 242 · P. Batiffol, op. cit., p · texte numérisé non relu

P. Batiffol, op. cit., p

5. Saint Grégoire de Nazianze, orat. XLIII, c. 31 (Migne, P. G., t. XXXVI, col. 538) : o\ -v/.c.o\ "-.pioyjx: Tf,? 0-" aûtov oixouas'vr,; (orbi illius, qui ipsius imperio et ditioni subiectus erat, tetrarcbae).

Ce titre flatteur demeure cependant, il faut en convenir, assez obscur encore. Je crois que l'on peut en dissiper l'obscurité. L'idée exacte que représente cette dénomination me paraît être l'idée que ces maîtres l'avaient reçue parce qu'ils avaient des attaches officielles et étroites avec le pouvoir central de Gonstantinople. Du sens de « Docteurs de l'Orient » nous passerions ainsi au sens de « Docteurs impériaux », de « Docteurs de l'État » ou « du Gouvernement ».

Au reste, si l'équivalence paraissait forcée, un argument de texte contribuerait peut-être à la soutenir.

Au § 7 de sa Const. Omnem (533), la seconde préface du Digeste ', Justinien ordonne que ses trois œuvres législatives, le Code, le Digeste et les Institutes, seront transmises aux étudiants [eis = discipuli du § 6) de trois villes seulement : les deux capitales (Rome et Gonstantinople) et Beyrouth, à l'exclusion de toutes autres où l'on enseigne le droit. Et la raison sur laquelle se fonde l'Empereur est exprimée en ces termes :

quod iam a rétro principihus constitutum est, et non in aliis locis quae a maioribus taie non meruerint privilegium.

Justinien constate donc que Beyrouth se trouvait déjà avant lui, dans le passé, et de par la volonté formelle [constitutum est) de certains de ses prédécesseurs [a rétro principidus, a maioribus) occuper une place privilégiée [privilegium) parmi les Ecoles de Droit de l'Empire. La faveur spéciale reconnue à Beyrouth par les Empereurs d'autrefois ressort du contexte même, du rapprochement avec Rome et Gonstantinople. Elle consistait en ce que l'École de Phénicie était, à côté de celles des deux capitales, la seule de province revêtue du caractère « officiel », caractère qui apparaît nettement dans le privilegium studn accordé aux deux premières par Théodose II et Valen-

Page 1