Suprà, p
longtemps que c'est la loi que tu t'imposes [c'est-à-dire de demander seulement des honoraires modérés] en faveur même des lois » '.
La traduction de la seconde lettre de Libanius ^ (été 365), qui concerne Peregrinus ^ et qui est adressée à Hierius, le père du futur étudiant, mérite d'être donnée en entier :
« A Hierius. — Peregrinus s'attache à l'étude des lois pour acquérir une arme de plus. D'où il peut espérer richesse, magistratures et tous les autres avantages. C'est un maître excellent que celui qui lui explique les lois, mais, à cause de la pauvreté qui l'accable, il demanderait volontiers de l'argent. Le salaire pourrait te paraître grand. 11 est pourtant trop petit si tu tiens compte du nombre des livres et de toutes les autres choses qu'il procure. Par crainte du salaire, ne compromets pas ton gain, mais par considération pour ton profit, donne le salaire et fais ce que tu fais aux champs ; car tu donnes la semence aux champs et tu ne reproches pas à la terre de la recevoir » *.
Cette lettre montre Libanius dans un nouveau rôle et témoigne de la souplesse dialectique que lui assure son métier de rhéteur. Tout à l'heure, il plaidait pour l'élève; maintenant, il plaide pour le maître dont nous ignorons le nom, et qui n'est pas Domninus, car Domninus, on vient de le voir, n'est pas avide d'argent. Et il ne se contredit pas, car, dans les deux cas, il prend fait et cause pour le plus pauvre. Hierius, le père de Peregrinus, est, sans doute, un propriétaire terrien : il est riche ; tout au moins il est dans l'aisance. Libanius met en garde ce paysan avare contre l'impression désagréable que va lui causer l'annonce de la somme à verser. En psychologue