‹ Études historiques sur le droit de JustinienChapitre 163 sur 242 · Suprà, p · texte numérisé non relu

Suprà, p

3. Hase, p. 64-65, pense que la langue de l'enseignement était le latin. 11 s'appuie sur le texte de Grégoire le Thaumaturge, Orat. panegyr. in Orig. qui est, en effet, décisif pour le m" siècle; mais il invoque aussi le § 7 de la Const. Omnem (Haec autem tria volumina tradi eis tam in regiis urbibus quam in Berytiensium pulcherrima civitate... volumus) qui n'est rien moins que probant, puisque nous savons que les sources latines de Justinien étaient commentées en grec dans les Écoles d'Orient. Le P. Lammens, p. 12, affirme à son tour que l'enseignement à Beyrouth était « exclusivemeat latin », que « le latin demeure en usage » à Beyrouth, qu'au va' siècle seulement le grec triomphe, parce que « depuis un demi-siècle l'Université de Béryte a cessé d'exister ». Cet auteur, comme Hase, est, selon nous, trop absolu.

-'i. l.ammens, p. 12.

LES LAISGUES DE l'eNSEIGNEMEM. 213

En second lieu, la mission de Renan en Phénicie a permis au célèbre orientaliste de constater qu'il « y eut vers ce temps [le v^ siècle, comprenons la fin du v® siècle, ou le vi^ siècle, date présumée de l'inscription latine métrique du port de SaïdaJ une certaine recrudescence latine dans les inscriptions de Syrie »', Avant cette inscription de Saïda, la dernière inscription latine était de 34 i; c'est la dédicace par Yordo Berytiorum d'une statue à FI. Domitius Leontius, préfet d'Orient en 338 et consul ordinaire en 344 ^ Renan laisse donc entendre qu'entre le milieu du IV* siècle et l'époque de la recrudescence latine (fin du v" ou vi^ siècle), le grec était devenu la langue courante de l'épigraphie.

Enfin, Sievers ^ est arrivé aux mêmes conclusions. A propos des plaintes que formule Libanius sur les progrès du latin et l'étouifement du grec, Sievers rappelle que, dès 439, la xXovelle 16 de ïhéodose se référait à la permission concédée antérieurement (à une date inconnue) de tester en grec : « quoniam Graece iam testari concessum est. » * Sievers note également que la contre-offensive qui amena de nouveau le grec à supplanter le latin en Orient est constatée par Jean Lydus^ Cet auteur^ accuse Cyrus l'Égyptien, préfet de la ville et préfet du prétoire à la fois, homme « dont on admire encore les poésies, ...(mais) ne sachant rien que la poésie », d'avoir osé transgresser la vieille coutume et d'avoir émis des édits en grec, faisant perdre ainsi à la magistralure son prestige avec la langue

1. Renan, Mission de Phénicie, texte, p. 363, n. 2 (renvois à la p. 37 et au C. I. L., t. III, n- 124 et 188).

2. Cf. Renan, op. cit., p. 342-352; l'inscription est reproduite au C. I. L., t. III, n» 167. .

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