‹ Études historiques sur le droit de JustinienChapitre 166 sur 242 · Suprà, p. 66 et suiv · texte numérisé non relu

Suprà, p. 66 et suiv

du grec, langue d'importation à Byzance, sans aucun doute, mais qui y avait fait de grands progrès entre Constantin et Théodose le Jeune. L'École syrienne, célèbre depuis deux siècles au moins, et l'École byzantine avaient dû entrer en rivalité avant même que Théodose II ne transformât en 425 l'Ecole de Droit de la capitale en École officielle. Les maîtres de la « très romaine cité de Beyrouth » se seraient privés délibérément d'un élément de succès auprès de leur clientèle, grecque en très grande majorité, s'ils n'avaient pas professé en grec. Le grec était, au reste, leur langue nationale comme celle de leurs élèves; tous les maîtres connus de Beyrouth, à partir du v' siècle, portent des noms grecs ^

On en arrive ainsi à se demander si le changement de langue, accompagné peut-être d'un changement dans la méthode pédagogique, ne serait pas le secret de l'avènement et du grand succès des « maîtres œcuméniques ».

V. — L'emploi de la langue grecque dans l'enseignement du droit à Beyrouth, vers les débuts du v" siècle, oflf're pour l'histoire du droit romain un intérêt considérable : cette langue grecque dut, selon nous, servir d'instrument d'expansion aux idées philosophiques de l'École néo- platonicienne ou d'Alexandrie; car c'est à Alexandrie, rappelons-le, que se préparaient les étudiants en droit de Beyrouth dont quelques-uns devaient devenir, à leur tour, les professeurs mêmes de la Faculté.

L'emploi de la langue grecque dut aussi favoriser la pénétration des pratiques juridiques grecques dans l'enseignement et préparer ainsi le syncrétisme gréco-romain que représente à un si haut degré l'œuvre législative de Justinien.

Page 1