Ibid., p
tions des frag-ments des traités classiques qui ont pris place au Dig^este. Mais, à leur sujet, la solution offre beaucoup plus de difficultés et demeurera souvent impossible. Les altérations des fragments réunis du Digeste peuvent, à notre avis, se ranger en trois couches successives suivant l'ordre chronologique : altérations postclassiques(iv'' siècle), interpolations préjustiniennes ou d'origine préjustinienne (v" siècle), Tribonianisraes (vi'^ siècle) \ S'il est relativement facile de distinguer les Tribonianismes des autres retouches, il est extrêmement délicat de séparer les plus anciennes corruptions des interpolations préjustiniennes. On n'y arrive que rarement, lorsqu'on peut s'appuyer sur des preuves extérieures, qui rendent le même service que la Collatin et les Fragmenta Vaticana. Par exemple, l'interpolation d'Ulpien, libro XXXVI ad Sabinum, Dig. 25, 1, 3, 1, remonte certainement au iv" siècle, et est certainement une altération postclassique, puisque le passage se trouvait dans l'exemplaire d'Ulpien commenté au y^ siècle par Sabinus et l'Anonyme, auteurs des Scholia sinaitica (cf. fr. 8, § 18 : « Nos generaliter »).
Quelle que soit l'œuvre où elles se rencontrent, ces altérations présentent, en grand nombre, le caractère didactique ou scolaire. Il est donc très tentant d'en attribuer la paternité aux maîtres de l'Ecole de Droit la plus florissante de l'Orient au iv' siècle, l'École de Beyrouth, où, rappelons le, l'enseignement se donnait encore, à cette époque, en latin *.
Pourtant, en ce qui touche à la critique des sources, la tâche la plus difficile n'est pas de discerner le pur et l'impur, c'est de déterminer pourquoi l'impur s'est mêlé au pur, et comment, et à quelle date et en quel lieu. Au-
1. Quelques indications relatives au classement des altérations ont été données dans nos leçons d'Oxford : The gênerai Problems raised by thc Codification of Justinian, dans Tîjdschrift voor Bechtsgeschiedenis, t. IV, 1922, p. 19, 21.