‹ Études historiques sur le droit de JustinienChapitre 175 sur 242 · Kuebler, loc. cit., col · texte numérisé non relu

Kuebler, loc. cit., col

2. En ce sens, Du Gange, Thésaurus graecae linguae, v" HpoXjTai [auquel mot renvoie l'article Aûtt];], éd. Didot, t. VI, col. 1771, dont l'argumentation mérite d'être reproduite :

« [IlfoÀjTr,;, 6]. Ilf oX'jta-., Prolytae s. Prolutae, h. e. Lytarum antecessores, Lytis in juris prudentia provectiores. In juris enim studio qui quartum jam annum ei operam dédissent, tantosque in eo progressus fecissent, ut de eo respondere prope possent, et quaestiones solvere, X'JTat noniinabantur, h. e. Solutores : at qui quintum, -poXJta;, quo ut uno anno, ita etiam peritia in legum aenigmatis et nodis juris solvendis anteirent toj; ÀjTa;, quasi Praesolutores diceres. Errant enim qui Solutos hic intelligunt et quos vulgus Licentiatos appeUat, missione jam a praeceptoribus accepta : nam eo signiflcatu dicendum foret Xjtol et 7:pdÀ-jtot. Istos solutores, prudentum responsis, et quaestionibus operam navantes, Juvenalis hoc versu prope expressisse videtur : Qui juris nodos iegumque aenigmata solvat. Turn. Advers. 8, 19. Leguntur porro vocabula ista in prooemio Pandectarum, etc.. »: — P. Krueger, p. 398, n. 34 (trad. franc., p. 472, n. 3), se refuse à prendre A'j-cr,; au sens passif, mais ne se prononce pas positivement.

lihri^\ ensuite elle s'y réfère en appelant certains d'entre eux volumina-; mais les deux termes libri et volumina sont chez elle synonymes. En groupant les indications de la Const. Omnem, § j , en les complétant, et en rapprochant le schéma obtenu avec les programmes des quatre années d'études, nous dresserons le tableau suivant ' :

Années d'études.

Les SeX LlBRl ou VOLDMINA. 1

Ire ANNÉE ) lus

{Dupondir) 1

LIBER

1) Institutiones Gai. ^

2) Lihri singulares quattuor = • liv. 1-7 (11), 17-25, 34-39, des

Libri ad Sabinum d'UIpien.

LIBER

' Prima pars legum = liv. 1-14 des Libri ad Edictum d'UIpien.

2« et 3« ANNÉES./ ^'

LIBER

. Pars de iudiciis = liv. 15-25

des mêmes Libri.

• Pars de rébus = liv. 26-32 des

1 {Edictales)

LIBER

mêmes Libri.

3" ANNÉE j 5"'

(Papinianistae) v

LIBER

. 1 Responsa Papiniani = 8 livres ^ sur 19.

4e ANNÉE 6»'

(Aûxai) '

LIBER

l Responsa Pauli = en tout 23 ■ j livres.

Certains auteurs * classent les sex libri autrement : 1° Gains; 2° les quatre libri singulares; 3° la prima pars legum; A" la 2°- pars [de iudiciis) ; 5" la «?" pars {de rébus) ;

1. G. Omnem. § 1 : ... nihil aliud nisi sex tantummodo libres a voce

magistra studiosi accipiebant ; in his autem sex libris

2. G. Omnem, § 1 : ... tam ex illa parte legum, quaede iudiciis nuncupatur (... quasi cetero toto volumine inutili constituto)...; ex utroque volumine, id est... de rébus vel de iudiciis...; secundum vicissitudinem utriusque voluminis.

3. Ce tableau est conforme à celui de Huschke (Praef. ad Gaium, lurisprud. anteiustin., I^, p. 129, n. 2); cf. Kuebler, loc. cit., col. 402. Pour les quatre premiers libri, nous insérons les titres des ouvrages classiques tels que nous les avons identifiés plus haut.

4. P. Krueger, p. 395 (trad. franc., p. 468), suivi par Laborde, op. cit.., p. 63, n. 1 ; de même, Krueger, dans Z. S. S., t. XXII, p. 47 (cf. Kuebler, loc. cit., col. 402).

6° les Besponsa de Papinien. Ils laissent de côté les Besponsa de Paul, parce que cet ouvrag-e était examiné par les étudiants personnellement et non pas à l'École.

Quel que soit le classement adopté, les libri se divisaient usuellement en TupaTTci^sva ^^SXta, ceux qui servent dans les cours, et è^Tpaspciva [3i6A(a, ceux qui sont lus par les élèves chez eux'.

Nous préférons le classement ci-dessus pour la raison de texte que voici. La Gonst. Omnem, § 1, établit que :

Et antea quidem, quemadmodum et vestra scit prudentia, ex tanta legum multitudine, quae in librorum quidem duo milia, versuum autem tricies centena extendebatur, nihil aliud nisi sex tantunimodo libros a voce magistra studiosi accipiebant...

Elle oppose donc à la multitude des lois anciennes, à leurs deux mille livres et à leurs trois millions de lignes, les sex libri seulement utilisés — et encore en partie seulement — dans les Ecoles jusqu'à 534. Et, plus loin, elle dénombre, à la fin du § 1, les lignes que connaissaient les étudiants, soixante mille à peine :

quis ea quae recitabant enumerare malet, computatione habita inveniet ex tam immensa legum multitudine vix versuum sexaginta milia eos suae notionis perlegere —

Ces soixante mille lignes, logiquement, doivent former le total des sex libri, comme les trois millions de lignes formaient les deux mille livres anciens. Or, dans les soixante mille lignes ou dans les sex libri doivent être comprises les Besponsa de Paul, puisque le calcul des lignes étudiées ne vient qu'après l'indication des Pauliana

1. Heimbach, Proleg., Bas., t. VI, p. 2-3, 52; Pringsheim, Beryt u. Boîogna, loc. cit., p. 210, etc.

Responsa parmi les matières de l'enseig-nement. Si l'on accepte notre interprétation, l'application du sixième des sex libri doit être faite aux Responsa de Paul, et, en conséquence, les Institutes de Gains et les libri singulares quattuor doivent être groupés en un libtr unique, le premier livre, comme constituant ensemble le programme de première année '.

Lès sex libri ou volumina, bases des études dans les quatre années, représentaient donc six volumes de textes. Les œuvres des jurisconsultes s'y trouvaient reproduites in extenso -, et non par fragments, comme elles le seront dans le Digeste. Le fragment de Berlin de iudiciis le prouve par sa souscription même DE IUDICIIS LIB. IF.

Toutefois, les œuvres des sex libri n^étaient pas commentées par les professeurs ou examinées par les étudiants personnellement, dans leur intégralité. On a rappelé déjà que Justinien (Const. Omnem, § 1) déclarait « quelques titres » exceptés du commentaire sur la /** pars. En outre, l'Empereur (dans le même § 1), se plaît à dire et à répéter avec une insistance voulue, à propos des sex libri en général ou à propos de chacun des éléments des sex libri., que l'enseignement d'avant lui n'en utilisait que des morceaux, et des morceaux peu nombreux, et des morceaux qui n'étaient pas toujours choisis parmi les plus utiles, ni ordonnés suivant le plan de l'Édit*.

1. p. Krueger, p. 397, n. 25 (trad. franc., p. 470, n. 1), compte aussi les Responsa Pauli dans le total des soixante mille lignes.

2. Il n'y a, à ce propos, de difficultés qu'au sujet des Institutes de Gains ; une interprétation des mots « sex libri » de la Const. Omnem, § 1, a fait croire autrefois que les Institutes de Gaius auraient été étudiées dans un résumé en deux livres, analogue à ÏEpitome Gai, et que les quatre autres Ubri, faisant six avec les deux de Gaius, auraient été les libri singulares quattuor. Cette opinion est aujourd'hui abandonnée à la suite de l'interprétation différente (acceptée Suprà] des mots « sex libri » : cf. Krueger, op. cit., p. 395, n. 21 (trad. franc.., p. 468, n. 2); Laborde, op. cit.. p. 62-63; Kuebler, loc. cit., col. 402.

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