Dans Peters, op. cit., p
4. Suprà, p. 237, 238-239. — Sur les recueils de constitutions récentes (Léon) et les scolies dont elles ont fait l'objet, voy. notre Caractère oriental {EL hist., t. I), p. 149, n. 2.
pouvait deviner qu'il s'agit là des commentaires contenus dans les sex iibri, base de l'enseignement. D'après certains auteurs \ Sévère aurait dressé une véritable chrestomathie des textes classiques : le terme cirjYr^s'.; (= (( narratio ») signifiant « traité » ou « chrestomathie » ; 3° enfin, les notes qu'il consigne dans des cahiers, à tilre de « remèdes de l'oubii et du souvenir », nous paraissent se référer aux notes sommaires qu'il avait prises dans les cours, peut-être en tachygraphie ^.
YI. — Les Scolies du Sinai ont l'avantage de présenter la méthode pédagogique en action ; mais elles sont trop courtes pour permettre de reconstituer cette méthode même dans son intégralité.
Ce sont des sources plus récentes, les commentaires grecs du vi** siècle sur le Digeste et le Gode de Justinien, morcelés dans les Scolies des Basiliques, qu'il faut consulter, si l'on veut mieux connaître les procédés de l'enseignement. Sans doute, toutes ces scolies n'appartiennent pas à des professeurs de Beyrouth : parmi leurs auteurs, deux seulement ont, d'une façon certaine, enseigné à Beyrouth, Dorothée et Anatole. Mais les fragments conservés de leurs travaux présentent des caractères identiques à ceux des travaux des autres Byzantins, Thalélée, Stéphane, Théodore, L'Anonyme (ou Enantiophane) dont les deux premiers ont pu, d'ailleurs, exercer leurs fonctions à Beyrouth aussi bien qu'à Constantinople.
D'autre part, quel qu'ait été le lieu de leur activité, tous ont certainement ou probablement employé, dans leurs propres ouvrages, les œuvres des Beyrouthins illustres du
1. Mitteis, dans Z. S. S., t. XXXIV, 1913, p. 411, appuyé par Pringsheim, Beryt u. Bologna, loc. cit., p. 280-281.
2. Notre interprétation se fonde sur la traduction grecque de M. Schwartz (yippLay.a AtISt;; xai jj.v7J[i.7);) qui donne au passage syriaque un sens plus clair que la traduction hésitante de M. Kugener,
V* siècle, les œuvres des « maîtres œcuméniques » '. Pour ces raisons, il paraît donc légitime d'utiliser au même titre les Scolies des Basiliques, de quelqu'auteur qu'elles proviennent".
Ces textes complètent les données directes des Scolies du Sinai en présentant la méthode pédagogique sous un autre aspect, sous l'aspect scolastique, très familier aux Grecs. Ils dénomment les opérations mêmes de l'enseignement, dont certaines, d'ailleurs, se trouvaient déjà aux Scolies du Sinai, avec ou sans leur nom. Ils omettent pourtant l'opération la plus commune, l'exégèse.
Voici, en un tableau schématique ^ l'ensemble des opérations, dont tous les termes se trouvent dans Aristote qui les a définis :
A. — Les sources commentées contiennent souvent des textes en opposition :
a) Les contradictions de textes (èvavTiÔTYjç, èvavTicçavÉç) soulèvent :
b) des doutes (àzopîa = « obiectio » « dubitatio », è7ca-èpY)atç = « dubitatio ») qui donnent lieu à des questions (î^rjTvjatç, èponYjffiç)
c) ou bien elles déterminent des équivoques (à[jL(pi6o)aa),
d) = « ambiguitas », qui engendrent les controverses ;
e) on y met fin par des solutions (Xûciç = « solutio », oiTzo'koyioc).