Paul Allard, Julien l'Apostat, t. III, p
5. Cod. lust., 2, 57, 1 : Impp. Constantius et Constans Marcellino praesidi Phoenice. luris formulae aucupatione .sj'Uabarum insidiantes cunctorum actibus radicitus amputentur.
actes juridiques en g-énéral autant qu'aux formules de procédure, en dépit de la rubrique du Code de Justinien, sous laquelle la constitution est placée : De formulis et impetratione aclionum sublatis\
D'ordinaire on ne se demande pas s'il est possible d'expliquer que cette constitution ait été adressée à Marcellin, président de la province de Phénicie. Comment se fait-il que les Empereurs aient eu à répondre par resçrit à une consultation du président d'une si petite province et située en Orient? Pourquoi la question des formules a-t-elle préoccupé spécialement, en 342, le président de Phénicie? Ces questions peuvent recevoir peutêtre une explication du fait que la Phénicie, dont le gouverneur résidait à Tyr, comprenait dans son ressort la ville de Beyrouth. Nous nous imaginerions volontiers que le rescrit est dirigé contre l'influence de l'École de Droit de cette ville. Beyrouth était un centre très romanisé (T(i),aai,y.a)T£pa, constatait un siècle plus tôt saint Grégoire le Thaumaturge) où les professeurs de l'École de Droit, par leur enseignement, maintenaient en l'honneur le droit romain des classiques dans les œuvres desquels abondaient les formules d'actes, d'actions, ou d'autres voies de droit, de même qu'au milieu du iv" siècle, ils enseignaient certainement encore en latin -. De l'enseignement les formules se répandaient dans la pratique, encore en 342. Le gouverneur Marcellin venait sans doute de Rome, tout pénétré du mouvement de réaction contre les formules qui se faisait alors sentir dans la capitale. On peut supposer qu'il aura voulu mettre fin dans sa province à des pratiques attardées, en agissant sur les professeurs et en essayant de réformer la méthode denseignement
1. Telle est, du moins, l'opinion du dernier auteur qui s'en soit occupé. A.-J. Boyé, La Denuntiatio introductive d'instance sous le Principal, thèse de Bordeaux, 1922, p. 308.