C'est au P. Motiterde encore qu'en revient l'honneur
72 CHAPITRE DKUXIÈME.
laquelle nous donnerons la préférence, touchant l'emplacement probable de la Cathédrale d'Eustathe.
Au Nord do la voie antique (rue des Martyrs), des fouilles pratiquées sur l'emplacement de l'ancienne Eglise Saint-Georges des Grecs orthodoxes et des Maronites, dans le voisinage de la Cathédrale actuelle Saint- Georges (des Maronites), ont révélé l'existence à cet endroit d'une église byzantine : « Nous avons visité les tranchées, vraie mine de pierre de taille. On y distinguait encore des assises byzantines et, plus bas, dans la fouille, des couches de tessons romains », écrit le P. Jalabert daas l'article ' où ii publie deux inscriptions découvertes au cours des travaux, et dont l'une retiendra notre attention.
Cette église byzantine pourrait être la Cathédrale d'Eustathe qui, ainsi, aurait été construite, non pas au Sud, mais au Nord de la voie antique, non pas en dehors de la ville, mais sur le côté Sud de l'enceinte urbaine, la ville s'élevant entre la voie antique (au Sud) et la mer (au Nord),
L'hypothèse d'après laquelle l'édifice épiscopal devait attenir aux murailles Sud de la ville ne nous parait aucunement infirmée par le passage cité de la Vie de Sévère^. Dans cette hypothèse, la Cathédrale se trouvant à la périphérie de la ville aurait été construite assez loin du centre pour que Zacharie pût dire qu'en sortant de l'Anastasie, lui et ses amis se rendaient à l'Église de la Mère de Dieu « dans l'intérieur de la ville ». Remarquons d'ailleurs qu'il ne dit pas « dans la ville », comme il l'eût dit sans doute si l'Anastasie avait été érigée dans les faubourgs. L'érection d'une église à la périphérie de la ville antique, sur les terrains vagues bordant les murailles, ne saurait d'ailleurs
1. P. L. Jalabert, Inscriptions grecques et latines de Syrie, dans Mélanges de la Faculté orientale (de rUniversité Saint-Joseph, Beyrouth), t. I, 1906, II. 170-171, n" 36.