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LES LOCAUX DE l'ÉCOLE. 73
nous surprendre, car il en existe des exemples en dehors de Beyrouth ^
Une raison déterminante nous porte au surplus à reconnaître dans les ruines de la rue des Martyrs la Cathédrale et à situer auprès d'elles l'Ecole de Droit : c'est la découverte qui fut faite à cet endroit de l'inscription déjà sig-nalée. Cette inscription grecque chrétienne incomplète et que nous examinerons plus loin^, contient un fragment de l'épitaphe d'un personnage nommé IIATPIKIO^S dont Ja carrière avait été consacrée à l'étude des « lois
romaines » (Osaixwv Aùaovtwv). Ce personnage, selon
nous, s'identifierait avec Patricius,, le célèbre professeur de l'Ecole de Droit au v* siècle. Son monument funéraire aurait été érigé dans l'église dont les restes ont été mis au jour ou dans les environs. Cette église byzantine serait donc bien la Cathédrale d'Eustathe que nous savons par ailleurs avoir été toute voisine de l'Ecole de Droit, de cette Ecole où s'illustra Patricius.
L'Ecole de Droit étant alors une dépendance locale de l'Flvêché et étant établie dans l'enclos épiscopal, sa place serait ainsi déterminée avec une approximation suffisante.
V. — L'annexion d'une Ecole de Droit à une église chrétienne nous est, pour la première fois dans l'histoire, croyons-nous, révélée par les textes qui parlent de Beyrouth. La même situation, qui se retrouvera au Moyen Age en Occident et qui dure encore chez les Musulmans,
1. Voici, pour notre pays, le témoignage de M. Adrien Blanchet, Les Enceintes romaines de la Gaule, Paris, 1907, p. 277-278 : « Dans plusieurs villes, la cathédrale actuelle (ou une église très ancienne) est bâtie sur l'enceinte antique et une partie du monument se trouve en dehors du tracé.... Dans d'autres cas, l'église est seulement très rapprochée de la muraille antique... Ces remarques conduisent à poser en principe que les temples antiques, remplacés par des basiliques chrétiennes et par des cathédrales, avaient servi de point d'appui à la muraille... ».