‹ Études historiques sur le droit de JustinienChapitre 77 sur 242 · Suprà, p · texte numérisé non relu

Suprà, p

SECTION III

I. — La Vie de Sévère par Zacharie le Scholastique prouve que les étudiants en droit de Beyrouth portaient deux des sobriquets ou surnoms [cognomina) dont la Const. Omnem a révélé les formes ' : Dupondii^ en première année (Const. Omnem, § 2), Edictales (rjoixTaXiot) en deuxième année {Const. Omnem^ § 3). Il y a toute raison de croire qu'ils portaient également les sobriquets de Papinianistae en troisième année (Const. Omnem, § 4), de Aiiiai ou Lytae en quatrième année (Const. Omnem, § 5), de Prolytae en cinquième année (Const. Omnem, § 5), quoiqu'aucun texte n'en révèle l'usage à Beyrouth.

II. — Les étudiants en droit de Beyrouth formaient déjà, comme les étudiants de l'ancien régime ou comme ceux d'aujourd'hui, des associations. L'existence d'un groupement corporatif scolaire a été récemment mise en lumière par M. Tamassia^, qui découvre une véritable organisation de la vie des étudiants dans le qualificatif de socii (saint Augustin parlait de la societas studionim) que .lustinien (Const. Omnem, % 9)applique aux étudiants de première année, aux Dîipondii, contre lesquels il prohibe les

1. Sur ces sobriquets et pour les références, voy. Infrà, Ghap. V.

'i. Nino Tamassia, Una glossa stoHca alla costituzione « Omnem rei p. », dans les comptes rendus de la R. Accademia nazionale dei Lincei, vol. XXXI, p. 19-24 (18 février 1922).

liidi OU brimades *. Pour l'auteur italien, les « deux as » qui ont communiqué leur nom au sobriquet de ces mêmeë étudiants, Dupondii, auraient été la cotisation d'entrée dans l'association, qu'on impose aux nouveaux venus ; mais à ce sujet, il y a des réserves à faire, car le sobriquet peut s'expliquer indépendamment de tout versement d'une cotisation^. M. Tamassia paraît, au contraire, avoir pleinement raison quand il suggère que la fête donnée à l'occasion du passage des étudiants en troisième année sous le vocable de Papinianistae aurait été célébrée par l'association. Enfin il pense que le refus collectif de payer le salaire aux maîtres, signalé par saint Augustin, ou l'abandon collectif d'un maître pour un autre sont deux faits qui iS;uppo,sept un lien corporatif entre les conspirateurs. Peut- ,étre en retrouverait-on la trace dans l'allusion que fait Jusftinien aux hidi et alia crimina dirigés même contre les .professeurs (m ipsos professores) .

. L'idée de M. Tamassia reçoit naturellement son a(3pliication à l'École de Beyrouth, puisque la Const. Omnem .qu'elle éclaire visait expressément aussi bien l'Ecole de Syrie que celles des capitales. Mais son idée trouve aussi une confirmation particulière à l'École de Beyrouth dans un passage de la Vie de Sévère par Zacharie le Scholastique dont l'intérêt lui a échappé.

Bacontant alors la lutte que les étudiants en droit les plus pieux menaient contre leurs camarades païens adonnés k la magie, Zacharie cite parmi les plus compromis un certain Leontius « à cette époque '^xx-^ic-poq » ^ Le mot qui rend le latin magister est tout aussi vague que son prototype : M. Nau le traduit par « préfet », sanfe s'expliquer sur le sens qu'il attache à ce terme brillant. Il nous semble qiie jjtâYKTTpcç est le titre officiel du chef des socii, Leonti-us est le « Président de l'Association des Étudiants ».

Page 1