‹ Études historiques sur le droit de JustinienChapitre 85 sur 242 · Kugener, p · texte numérisé non relu

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.3. Sur l'organisation des brimades par les étudiants groupés en corps, on a vu plus haut, p. 100, les idées de M. Tamassia.

Les ludi ou brimarles furent formellement interdits par laConst. Omnem, § 9 *. Justinien y qualifie ces pratiques de «jeux indignes et atroces, bien plus, serviles et produisant pour résultat l'injure ».

Il défend aux étudiants de la capitale comme de la splendide cité de Beyrouth d'exercer ces jeux et de perpétrer tous autres actes criminels, soit contre les professeurs mêmes, soit contre leurs condisciples et surtout contre ceux qui commencent leurs études de droit (les anciens Dupondii, devenus les lustiniani novi) . Il les prohibe, car, dit-il, le terme « jeu » est trop faible pour qualifier de pareils forfaits ; il faut que les étudiants en droit se fassent tout d'abord des esprits sérieux avant que de se faire des langues érudites. Dans le § 10 ^ Justinien accorde le droit de surveillance et le pouvoir de répression à Beyrouth, tant au clarissime gouverneur de la Phénicie maritime (siégeant à Tyr) qu'au béatissime évêque de la cité et aux professeurs de droit. L'Empereur recommande d'ailleurs de mesurer les châtiments (qui ne sont pas spécifiés) à la qualité des jeunes délinquants et à la nature de leurs écrits.

V. — Au demeurant, les ludi (brimades), dont Justinien fait des crimes, étaient, en somme, au dire de Za-

l..'G. Omnem, § 9 : lUud vero satis necessarium constitutum cum summa interminatione edicimus, ut nemo audeat neque in hac splendidissima civitate neque in Berj'tiensium pulcherrimo oppido ex his, qui légitima peragunt studia, indignos et pessimos, immo magis serviles et quorum effectus iniuria est, ludos exercere et alla crimina vel in ipsos professores vel in socios .suos et maxime in eos, qui rudes ad recitationem legum perveniunt, perpetrare. quis enim ludos appellet eos, ex quibus crimina oriuntur? hoc etenim fieri nuUo patimur modo, sed optimo ordini in nostris temporibus et hanc partem tradimus et toto postero transmittimus saeculo, cum oportet prius animas [animos : Mommsen] et postea linguas fieri eruditos. '

2. Ibid., § 10 : Et haec omnia in hac quidem florentissima civitate vir excelsus praefectus huius almae urbis tam observare quam vindicare, prout delicti tam iuvenum quam scriptorum qualitas exeger^it, curae habebit ; in Berytiensium autein civitate tani vir çlarissimus praeses Poenicae maritimae quam beatissimus eiusdem civitatis epibcopus ;et legum professores.

charie, des jeux assez anodins. Les mauvaises mœurs chez certains étudiants atteignaient à un autre degré de perversité où ils se laissaient entraîner par les tentations même que leur offrait Beyrouth. Libanius craignait déjà que Théodote, son élève en éloquence, lout jeune, par conséquent, qui s'est réfugié à Beyrouth auprès de son frère par peur de la colère paternelle, ne cède aux attraits de la ville'. Sévère dit à ce propos (ainsi qu'en témoigne Zacharie) : «... je vois souvent des jeunes gens captivés par les femmes publiques, et j'habite dans une ville qui est une source de plaisirs )>^. Jean, supérieur du monastère de Beith-Aphtonia, s'inspire de l'apostrophe de Sévère quand il écrit à son sujet : « Chose étonnante, de l'antre de la débauche il avait fait une école de philosophie I ... Aucune des voluptés, aucun des plaisirs de cette ville, ne purent, en effet, modifier son caractère ferme, ni lui ravir sa chasteté »*, Procope de Gaza conseille à Orion d'avoir une bonne conduite et de se garder des voluptés*.

Zacharie mettait auparavant en opposition le projet qu'il avait formé avec Sévère d'accomplir les devoirs du soir dans les Eglises et l'emploi que les autres (ou que d'autres) faisaient de leurs heures de liberté : jouer aux dés [-/Mzi] (Kugener) ou donner beaucoup de temps aux courses (Nau), se vautrer dans l'ivresse, boire avec des prostituées et même s'avilir complètement''. Il cite aussi le cas d'un étudiant, Chrysaorius, l'un de celix adonnés à la magie, qui vivait avec une concubine dont il avait des enfants *.

Ces actes sont surpassés encore par les pratiques

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