UE LA BAZOCKE. II'J
maître d'apprentissage (1). Ainsi , un an-èl du Parknient d'Aix, du 31 novembre lG4i, condamne un père de famille à remetlre son fils chez un procureur, ou, faute de ce, â lui payer des dommages -intérêts pour l'avoir quitté avant le temps convenu. Un autre arrêt, du 28 mars 1607, condamne un apprenti clerc de procureur à payer à son patron une somme de cent livres qu'il lui devait pour aliments.
Une déclaration, du 10 juillet 1085, enregistrée au Parlement le 26 du même mois, fait défense à tous juges , avocats , notaires , procureurs et sergents , de se servir de clercs faisant profession de la religion prétendue réformée.
Le clerc de procureur ne recevait aucun salaire. La délibération de la communauté des avocats et procureurs du Parlement de Paris, du 30 avril 1G89, confirmée par arrêt du S8 juillet suivant , contient sur ce sujet des détails précis. Par cette délibération , les avocats et les procureurs s'engageaient & ne recevoir dans leurs études aucun clerc salarié, et à renvoyer immédiatement ceux qui recevaient un traitement au moment ofi elle fut prise.
Tous ceux qui se Irouveronl , i l'»vciiir , avoir pris ga^es ou appointements , ne seront point réputés pour clercs , non
Elle porte ce Ulrr: La MiUri dri Clerade ProoirtBn.S*i\ buochbni, lt« tient de pn^mn n'éuirnl p» Ir^t-hcDm
phis que ceux qui porteront ^pÉe en faisuil I* foiictiaD des
clercs , el De pouiroot être admis pour exercer l« charge de
procureur.
Les procureurs qui contreviendront et se trouveront convaincus ■voir donne des gages et appointements i aucuns clercs ou autres travaillant pour leurs études demeureront suspendus de leurs fonctions pour six mois et mulctez de cent livres aux pauvres de la eooununauté , et , en cas de récidive , privés i toujours de leurs charges.
Seront Doinmés tous les ans quatre procureurs pour prendre le nom des clercs actuellement demeurant chez les procureurs et s'informer de l'emploi qu'ils font en leurs études et de leurs mœurs (1),
En 1091 , le Parlement prononça un an-èt en forme de règlcmenl , relatif au délai dans lequel les clercs devaient se faire pourvoir aux offices de procureurs lorsqu'ils les avaient acquis. Eriiin , des arrêts du 33 octobre 1635, 6 février 1698 et3 août 1718, font défense aux clercs de procureurs du Parlement, à ceux du Châtelot et autres juridictions, et aux clercs d'huissiers, de porter, dans le Palais, des épées ou des cannes et bâtons, et, partout ailleurs, des épées, aux peines, savoir ; de cent livres d'amende , pour la première fois , et d'être privés de l'entrée du Palais pendant six mois, et, en cas de récidive , de deux cents livres d'amende , et d'être déclarés incapables d'être procureurs, etc.
Les poètes et tes écrivains de l'époque s'accordenl à représenter le clerc de la Basoche comme le tj'pc de l'écolier fréquentant l'Université, Brave, entrepre-
DE LA D.tZOCHË. 1^1
nant et hardi , beau parieur , il avait l'esprit caustique et l'air narquois; prompt à la râpartic, il ne l'était pas moins & mettre l'ôpée à la main dans l'occasion ; instruit, il était assidu au Palais et laborieux dans l'étude, mais, & ses moments de liberté , il se dédommageait de la contrainte que sa condition lui imposait, il devenait l'âme des révoltes des universitaires ; excessivement chatouilleux sur le point d'honneur , il était jaloux par vanité dans ses amours; frondeur dans ses épigrammes et dans ses chansons, il narguait le prévôt et ses sergents ; enfin, critique audacieux, satirique mordant , comédien moraliste , quoiqu'il ne prêchât pas d'exemple , il attaquait avec une sorte de fureur les vices de son époque et de ceux qui l'entouraient, et poussait même la satire Jusqu'à la hauteur d'une injure ou d'un affront publics.
Clément Marot a fait son portrait en traçant celui des Enfants sans soucy dans la ballade que ce poète composa en 1513 :
Qui sont ceux-l& , qui ont si grand' envie Dedan» leur cueur et triste marisson (t] , Dont ce pendant que nous sommes en vîr De mustrc Ennuy n'escoutons Ir leçon?
Ils ont gruid tort, yen qu'en tunne façon Nous consommons nostrc florissant aage , Sauter, danser, chanter i l'arantege.
Faux envieux, est-ce cliose qui blesse?
Nenny pnur vray, mais toute gentillesse, Et gay voultoir > qui nous tient en ses lai|!< -
„CoiV
Np blasnwi point doncquc» noilre jcunessr , Car noble cueur ne cherche que soûlas.
Nous sommes druz , chagrin ne nous suit myc : De froid soucy ne sentons le frisson ; Nais de quoy sert une teste endormie?
Autant qu'un bœuf donnant près d'un buisson.
Languards piquants (1) plus Torts que hérisson , Ou plus reclus qu'un vieil corbeau en cage.
Jamais d'autruy ne tiennent bon langage i Tousjours s'en vont songeant quelque Gnessc ; Hais entre nous nous vivons sans tristesse , Sans mal penser, plus aises que Prélats, Sans dire mal : c'est doncques grand' simplesse , Car noble cueur ne cherche que soûlas.
Bon cueur , bon corps , bonne phiiionomie , Boire matin, fuir noise cl tanson (3); Dessus le soir, pour l'amour de sa mie.
Devant son huis la petite chanson; Trancher du brave et du mauvais garfon ; Aller de nuici, sans faire aucun outrage , Se retii'cr , voilà le tripotage :
Le lendemain recoromencer la presse.
Conclusion, nous demandons liesse; De la tenir jamais ne fiismes las.
Et maintenons que cela est noblesse , Car noble cueur ne cherche que soûlas.