U BAZOCHE AU HOT FRANÇOIS I
Pour implorer votre digne puissance , Devers vous , Syre , en toute olléissancc , Baioehiens à ce coup sont venuz Vous supplier d'ouïr par le menuz Les poincts et traits de noslre coracdie ; Et s'il y a rien <pii pjque ou mosdic .
A voire gii- l'aigreur «douciroiis ; Mais ù (|ue1 juge esi-ee que nous irons .
Si n'est ù vous . qui de loulc scioner Aïei cerUiiic et vrajc expéneiice.
Et qui tout seul d'authoHIé pouvez Nous dire : Enfans, je veux que vous joiie^, O Syre, donc , pUisc «ous nous iMrmellre Sur te Ihë&lre, à ce coup ey, nous mellri' .
En eonsen-anl nos libcrlci et droits , Comme jadis flreni les auli'e« Roys.
Si vous tiendra pour Père la Baiochc , Qui ose bien vous dire sans reproehe Que de tant plus son rcgnc fleurira, Vosire Paris tjnt plus resplendira.
Culte éplliï- ayant produit le rf'sultal qu'ils ou all«n- (laient, les clercs s'adressèrent de nouveau au Parlcmeni, et demandèrent une gratification pour le^ aider à supporter (es (rais qu'il leur avait convenus faire pour les pri'piiralions par eux faites pour jouer et danser la reilU des Rois derniers, qu'il ne leiir avait été permis faire par la Cour, au moyen du décès du feu ISoi. La Cour leur accorda plus qu'ils ne sollicitaient : elle leur fit remettre soixante liwcs parisis, mais à condition qu'ils danseraient et joueraient. Cet arrêt est du jeudi 1" février 1515. Du Doulay, dans son Histoire de l'Université, mentionne que semblables défenses avaient 6té faites aux régents et principaux des collèges de Paris. Cette remarque est précieuse en ce qu'elle indique que les collégiens jouaient aussi des comédies ou farces comme les clercs de la Ba-
/glllc.
Dt: LA DAZIICIIE. II).')
.... Die 6 jauu. 1315, ù curiù Parias, cvacali suiil primarii l'altcgiarum , iisquc intenliclum ne iudos, [acclissve coiilro hoiiarpin Rcgîs , Principum , ProcEnim , ludant sut ludi patiantur.
CependaTil il est bon d'observei- que le motif de la prohibition n'était pas la mort de ,Louis XII , arrivée le ("janvier 1515, mais qu'il s'agissait seulement de protéger l'honneur du roi , des princes et des grands dignitaires de la couronne.
Par un autre arrêt, du 14 mai 15^, la Cour ordonna au receveur des exploits et amendes de délivrer aux trésoriers de la Bazoche soixante livres parisis pour les montres et jeux à faire en ce mois de mai.
Enfm, le 16 juin 1536, soixante livres parisis furent de nouveau allouées par le Parlement pour couvrir les jeux et sottises représentés par les bazochiens à l'époque du retour de François 1". Ces citations pourraient être multipliées.
Nous venons de voir que les collégiens , comme les clercs de la Bazoche, jouaient des comédies Ces représentations au seizième siècle étaient devenues d'un usage fréquent et général. Les associations laïques de la province suivaient l'exemple des bazochiens de Paris. Fondées, pour la plupart, au quatorzième siècle, et même antérieurement, elles devini'ent des troupes dramatiques. La troupe des Conarts , de Rouen , de l'AblMS de Maugouvert, à Poitiers, de l'-Vbbé de Liesse, A Amis, étaient des associations qui jouaient la comédie , et qui se composaient en majeure partie de clercs de la Razoche,
Roger de Collcrye (1), que nons avons déjà cité, itous fournit un document précieux sur cette matière. Ce poète , qui était associé à toutes les bandes joyeuses de Paris et de la province , pour lesquelles il composait sans aucun doute, nous a laissé un cry pour FAbbi de CÉglise iTAusserre et ses suppostz. Il fut proclamé dans la ville d'Auxerre la veiUe d'une représentation , et rappelle beaucoup le cry du Prince des Sotz , qui annonça la sottie que Gringore fit jouer en 1511. Ces cryz étaient, en quelque sorte, une annonce du spectacle. Ils sont aujourd'hui remplacés par les aiSches. Les cris des mystères se faisaient quelquefois à cheval , aux flambeaux, avec une nombreuse suite de comédiens en costume , au son du tambour et des trompettes , avec l'autorisation des prévôt et échcvins.
en PMH L'Allt K L'ËBLKE D'AUUERHE ET lES SUPPUITl.
Sortez, saillez , venez de toutes pars.
Sottes et sotz , plus promps ijue lyepars .
Et eseoutez nostre cry magnifique ; Lesscz ehastcaux, murailles et rempars , Et ïOz jardins , et voz cioz , et voz parcs , Gros usuriers, qui avez l'or qui eliquc (3); Ftticles fermer, marchans , vostrc boutique ;
Itlt ai à tnicrr», où II puu li plni gnnilB pirtle de M lie noUce de M, Charleed'BirJcanlt, éiUtlon de JuMt. I lie, Unie. Op appelilt cllqueltei In wniletlei que lei K
Crans et petit, dejtoupei vos oraillcs, Ctr, pnr l'Abbc , sans quelconque IrafGque,
Et SCS suppDStz arrci demiin merveilles.
N'y fullei pas , Messieurs de !■ justirp , Et vous tussi , gouverneurs de police, Admeiwt-y vos femmes sadÎDeltes.
En vos maiioiu lussei-y l* Dourrice , Qui MU enfants petits leur est propice Pour les nourrir de ses deui mamelellcs.
JeuDes tendrons , gaillardes godinettes , Vous y viendrez sans flacons et bouteilles , Car, par l'Abbé, sans porter des lunettes, Et ses BUpposti orrez demain merveilles.
Harcbaus, bourgeoys, vous, gens de tous mesliri Bouchers, barbiers, cordannjers, savetiers, Trompeurs , Buteurs , joueux de ehalumaux , Trouvel-vous-y aussi , menestriers , Hapelopins , maequereaux , couratiers , Et ^portez de voz bons vins nouvesulx ; Badins, touyns (1), aussi mondains que veaulx. Vous , vignerons , laissez vignes et treilles , Car, par l'Abbé , sans troubler vos cerveaux , Et ses supposti orrez demain merveilles.
Faict et donné en un beau jardinet, Tout au plus près d'un joly cabinet, Où bons buveurs ont planté maint rosier.
Scellé en queue et signe du signet , Comme il iq>pert, de De^bridegoiirr.
Ifid LES CLEKO
Le Paricmeiil avait élé obligé , dans plusieurs circunslances , d'interposer son autorité pour faire rcspecicr la morale , outrageusement attaquée dans les farces et sotties. Les mesures qu'il prenait indisposaient souvent les clercs de la Bazoche. Ils cherchaient par tous les moyens possibles à éluder les difficultés sans braver ostensiblement les dâfenses qui leur étaient faites. Ils avaient imaginé de prendre des masques représentant les traits de la persoimc qu'ils voulaient mettre en scène, et ils ajoutaient des écriteaux qui donnaient le véritable sens aux phrases équivoques glissées dans leurs pièces Ces écriteaux avaient pour objet principal l'explication de certaines silua^otis qu'ils n'osaient pas cependaut exposer aux yeux des spectateurs. Cette tentative fut réprimée par un arrêt du Parlement , du 20 mai i â3G , qui punissait les contrevenants du bannissement et de la prison. En 1538, la Cour, touchée de l'obéissance des bazochiens , leur permit de jouer à la manière accoutumée, avec la condition, toutefois, qu'ils remettraient au Parlement leurs manuscrits quinze jours avant la représentalion. Cet arrêt est du 23 janvier 1538 ; il accorde aux bazochiens la permission de faire jouer leurs pièces à la Table de marbre, ainsi qu'il est accoutumé, en observant d'en retrancher les choses rayt'es(l).
DE H lUZUCilE. Hill
La censure se continua par la suite , et te Parlement maintint sa prohibition à l'ôgard des bazochicns par mi Drrët du 7 mai 1540. « Toutefois, y est-il dit, n'entend « leur défendre qu'ils se réjouissent honnestement et H sans scandale, u
11 serait injuste, cependant, de mettre sur le compte de la bcence et de l'immoralité toutes les mesures sévères du Parlement, et il faut aussi admettre que , quand il menaçait de la hart ces jeunes étourdis, c'était quelquefois pour les rendre plus circonspects à l'égard des hauts personnages de l'État et de la magistrature.
La noble Cour n'aimait ni la comédie ni les comédiens ; elle avait , sur le chapitre de la satire , l'épiderme d'une grande sensibilité , et les clercs de la Bazoche la chatouillaient trop vivement. Sans respect pour leurs seigneuries , ils les chansonnaient et les traduisaient sur la scène d'une façon si peu équivoque et sous des dehors si transparents, qu'ils étaient immédiatement reconnus.
Le 15 octobre de la même année 1540, les défenses se renouvelèrent, et il fut signifié au Roi des bazochicns de soumettre d'avance à la Cour le jeii de leurs sotties ;
Et quant à In farce et sermon , attendu la grande diffleull^ par eux ■lléguée, de les monslrer à It ililc Cour, aysnl égard à leurs remoDtrauces pour celte fois, et sans tirer ï conséquence, la dite
Cour leur a permis etpennet de jouer la dite farce et lermoii(l), sans tes monitrer à la dite Cour ; cependanl avec défeDsc de taxer ou scandaliser particutièreineDt aucune personne , soit par noms ou surnoms, ou cîrconstuice d'aloc (2) , ou lieu particulier de denuHirance et autres notables circonstances par lesquelles on peut designer ou connaitrc les personnes.
Duluc rapporte un arrêt du 14 mai 1550, qui contient plusieurs disposiUons intéressantes.
Il ordonne, en premier lieu , la restitution d'un manteau pris a un clerc qui refusait de s'inscrire pour faire la montre, et défend aux officiers de la Bazoche d'user, à cet égard , de contrainte envers les clercs. Il défend , en outre , de désigner les personnes dans les comédies , soit par leur nom , soit par des emblèmes , et interdit aux clercs de faire battre le tambour pour se réunir avant le 9 mai et l'heure de six après midi.
Ad XIIIl, Cal. Haii. MDL. De Suochiorum rébus sununam in coDlroTersiam sdductis , placuit penulam pignori abreptam , quod tsienuensis quia esset, BaiochiaiUË milïtin nameD dare nolulsset , esse restituendam . Dare nomen cogendum ncmincm. Probibitum ne quem suis jocis, Domine notisvc prod^rcnt -, quod si secùs faccrent, scireat pcrnas eorpore se dstunis, Vetitum cliun ne quis ante IX cal. Haias sununum , et seilam pomeridianam, tyrapane javenes ei^re auderet.
En 1545, une maladie épidémique qui s'élait répandue dans Paris obligea le Parlement de refuser d'une
DE LA DAZOCBE. 171
iiianièi'C absolue aux bazochiens la permission de représenter leurs jeux{l).
Cette interdiction nous rapproche de l'époque ob les Confrères de la Passion achetèrent, le 30 aoAt I5tô, de Jean Rouvet, une partie de l'hâtel de Boui^ogne, dans laquelle ils firent construire une salle de spectacle , d'un commun accord avec la société des Enfants Sans Souci.
L'apparition sur la scène des pièces de Jodelle , vers 1553 , donna un autre cours à la littérature dramatique. Cet écrivain fécond, nourri de la lecture des anciens, substitua aux forces grossières la comédie et la tragédie dans Iq goût des Grecs et des Romains. Le théâtre de l'hôtel de Bourgogne commença à tomber en discrédit , les acteurs , y compris les Entants Sans Souci , n'étaient plus qu'un ramassis de libertins, de gens mal famés; leurs pièces n'attiraient plus la foule.
Les clercs de la Bazoche, comme acteurs et comédiens, n'avaient plus que quelques années à vivre. Nous voyons encore qu'en 1553 ils s'étaient mis en grands frais pour une pièce qui devait être jouée le premier jeudi après la ftte des Rois. Le procureur général du Parlement s'opposa à la représentation ; la Bazoche résista ; l'affaire fut plaidéc; la Cour défendit, mais accorda quatre-vingts livres pour dédommager les clercs de leurs frais préparatoires.
nUmuàccii mcnniu, ladite CoarlcDi adétendu et InUMpKKMfrl Vnéntion d'Iuly), aUfndv l'IullfjHHMIan du ttmfi «l p^rll ta maladJ» ar>nt
\7'2 I.Ls CLEHO
-V partir de ce moment les difficultés semblent s'acrroitcc autour du théâtre des bazochicns. La censure ne suffisait plus : après les relranchemenls , il fallait enroiT une autorisation du Parlement pour jouer. C'est ce que la Cour décida le 8 janvier 15G1,
Enfin, le l2 juin 158?, le Parlement consentit à laisser jouer une tragédie approuvée par les censeurs , fi la condition que les acteurs respecteraient la n>ligion , Télat , et n& scandaliseraient personne.
Depuis cette époque on ne trouve plus aucune trace des représentations scéniques des clercs de la Basoche. Elles avaient duré plus de deux siÈclcs, \crs 1580, date de la réformation des statuts de la société, on les trouve en possession d'une loge au théâtre de Bourgogne. S'ils eussent continué leurs représentations , l'historien anonyme n'iHlt pas oublié de le rappeler.
Dans les attributions et charges des trésoriers entrait l't'iitrctien de la loge destinée aux dignitaires de ta société. Les Confrères de la Passion, après avoir cédé aux Enfants Sans Souci le droit de jouer des pièces sur leurs théâtres , avaient accordé au Prince des Sols une loge particulière dans ta salle où ils donnaient leurs représentations. Est-ce la même loge dont il est ici question? et le Royaume de la Basoche avait-il le droit de se servir de celle loge connnc appartenant fi un de ses suppôts? Il est à croire qnec'élait une loge spéciale, car il est dit, dans les statuts conser\'és par l'historien anonyme , que cette loge avait été aeroi-dêe A la prière du Prince des Sols. Chaque antirc . ver> le cni')'>me. les iriWriers de la société se ri'ii'hiieiil fi l'InMol de lî.mriî'i^rie poiir y preii-
iJi: LA [tAZOci[E. 17:i
tiiv une L'oUalion et fournir les tapisseries et armoiries nC'cessaires k romcmcnt de la loge. Ils invitaient les administrateurs de l'hûtel à se rendre au palais de justice pour assister à la plaidoirie de la cause solennelle, et h donner à la Bazoche la représentation ii laquelle ils étaient obligés Cl).
Cette obligation , comment avait-elle été imposée aux administrateurs de l'hûtel de Bourgogne? Ce fut, sans doute , un accord entre eux et les bazochiens, accord en vertu duquel ceux - ci renoncèrent complètement & jouer la comédie.
\'oici, au surplus, en quels termes s'explique l'auteur anonyme, qui invoque un arrél du Parlement, du IC. septembre 1639:
J'obmettsjs k parlai' d'un aulrr privilège, qui ■ encore C9tc roiiecdé h li Bazoche d'arolr une loge en l'hoslcl de Bour^opie . à Itqufllc les arnica J'icelle Bazoche seroient peintes, cela leur :i psiê concède et confirmé de temps en temps; mais aujonrd'huy tpie la eomcdir ni en grande recommandalion en France , et
Il An drolli qn'll mil «ir l'hAi 1 tl prcnrar ntt 1r> cootrèrn
«oyuit le grand support au ils soDt, et qu'ils sont entretenus pai' Si Ihjcsié , ils ont f*it leur possible pour tascber à s'eien^iler de bailler la comédie le jour decaresme prenant a li Bazoche ; mais, ayant veu qu'en vertu des arrcsls de la Bazoclie le revenu de l'hostcl de Bourgogne estoil saisi , ils s'adressèrent au prcvost de Paris, qui vouloil prendre connaissance de ce différend. Mais, comme la Buochi ne reconDoist autres juges que la Cour, le difrérend vint jusqu'au Parlement , qui déclara le prevosl de Paris incompcUnt, et condamna les administrateurs dudit hitcl de bailler leellc comédie i la Baioche, tous les ans, le jour de caresmc prenant, ii peine de l'amende, et, pourcel elTet, de venir taire la semonce (1) ï l'audience de la Buoche , et les dits ofBciers de la Baiochc maintenus, gardet et conservei en leurs privilèges et juridiction ordinaire , lant eiville que erimïnelle, par arresl solennel du 1 septembre 1639.
Brillon rapporte cet arrêt , qui est une éclatante con- .sëcration de la juridiction bazochiale au dix-septième siècle. Nous le mentionnons au même titre :
Le procureur général de la Baioehe , ayant fait assigner les administrateurs de l'hôtel de Bourgogne en ladite Baioche , pour se voir condamner a leur donner U comédie , et , pour cet effet , de leur préparer la loge occoutuméc; et lesdits administrateurs n'étant point comparus ; et, au lieu de cela, s'ëlant pourvus devant le lieutenant civil , les ofTicJers de U Buoche rendirent arrél, »ur la remontrance du procureur général , qui cassa et révoqua , comme attentat, toute la poursuite qui avait été faite au Cbâtelcl. avec défenses de faire aucunes poursuites ailleurs que pardevanl eux , à peine de tOO livres et de tous dépens , dommages et intérêts ; lequel an'^l ayant été signifié ausdils admininl râleurs , cl
(I) Iverlbseinral , Intilillnn.
DE LA BAZOCBE. 17")
Gux scUat poun'us «u CbilUlet, le lieulcnaol civil aurait rendu sa sentence le h mm , qui déclare nuls , (cmëraires et indiscrets lesdits uréls de la Baiochc , et fait défenses «ui ofEciers d'en phis faire de semblables, et à tous huissiers ou sergcns de faire à l'avenir aucune signification de leur arrêt, à peine de prison.
Sur quoi est intervenu arrêt , sur les conclusions de H. le procureur général, et sur productions respectives des parties, le 7 septembre 1639, par lequel la Cour dit qu'en tant que touche les appellations interjetées des sentences du prévât de Palis, qu'il a été mal, nullement, incompétamment jugé et ordonné. Fait inhibitions et défendes au dit prévôt de Paris , ou son lieutenant , de prendra aucune connaiMance de re qui concerne la jurisdiction de la Baioche , a maintenu et ganU, maintient et garde les dits chancelier et ofRciers de la Bazochc en la poutëiion et jouinante de fclir juilice et jurùdirf ion ordinaire , pour connoitrc , entre et COTltre les clercs du Palais , des différends qui seront mus pour causes, tant eivita que criminetlei: et, faisant droit sur la demande du procureur général de la Bazoche, afin d'évocation , etc.
L'intervention de la corporation des clercs dans le mouvement dramatique du moyen âge et de la renaissance parait avoir été toujours considérée par les sociétaires cus-mëmes comme un divertissement sans importance. Cela est tellement vrai , que l'auteur anonyme des statuts ne regarde pas comme digne d'attention la partie historique de la société qui touche aux spectacles ; il ne s'en occupe pas , et considère cette question comme bien au-dessous de l'importance de son sujet. Il cite avec complaisance les cérémonies de la plantation du mai et des montres générales de la corpora^on entière, mais pas un mot sur les pièces de théfltre. Il aurait pu rapporter un des nombreux arrêts du Parlement relatifs à celle
17(î LES CLERCS
partie intéressante de la société; mai:i il semble qu'il cherche à éviter lout ce qui a trait k cette question.
« J'omettais, dit-il, de parler d'un autre privilège, celui d'avoir une loge a l'hôlci de Bourgogne ; » mais îl^'cxpliquo pas comment ce privilège fut concédé. C'est qu'avant l'Èpoquc où il écrivait son essai , malheureusement trop incomplet, les comédiens étaient tombés dans un grand discrédit, a Maintenant, dit-il, que la comédie est en grande recommandation , que les acteurs sont entretenus par Sa Majesté, ils cherchent à s'exempter de nous donner la comédie le premier jour de carême. » C'est S peu prés tous les aveux que fait l'historien anonyme sur ce cité éminemment curieux de la société de ta Bazoche.