CHAPITRE Vil
Lvs Mystères au point de vue rellgirux. — Leurs l'csultnU.
— Ce qu'ils étaienl à h fin du qualoniènir siècle, — Extrait du Mystère de In Passion. — De In procuralion dii Diable. — Le style de Jehan d'Abundance. — Examen dr rordonnancc de 1102. — Son esprit. — Bul de Charles V(.
— Les Moralilès sont »nléricures i 1398. — Analyse de i|uelquGS-unes de ces pièces. — Précautions des bazochiens,
— Prologues. — Monlitc de Bien-Advise el de Mal-Advisc.
— Le Diable à ijualre. ^— Traits de Mo.'ui's. — Intermèdes.
— Sentence de i« Condarapnalion du Ranquel.
Sur la fin du quatorzième siècle, les mystères s'échappent des mains du clergé pour se vulgariser , se populariser avec des interprètes bourgeois réunis en confréries (•t en communautés, et pour devenir, enfin, l'objet de spéculations particulières. Le drame hiératique avait d'abord été une série de scènes mimiques, de tableaux vivants , qui se renouvelaient dans les églises à des époques fixes: h lu Noél, c'était la crèche; A l'Epiphanie, l'adoration lies mages; A Pâques, e'élait le Salnl-Sèpulcre ; il l'Ascon-
'^H> LES CLEUCS
sion , celait un pi'ëti'e qui , sur le jubtl' d'uno lUiliédi-dk-. figurait aux yeux des fidèles l'ascension du Sauveur. Puis , au onzième siècle , commencèrent les légendes et les gestes des saints , reprùsenlès dans les couvents, chantes dans les cairefours et arrangÈs en forme de pièces avec penioimagcs et scènes. Enfin , au douzième siècle , les mystères se déroulent dans les cathédrales les jours de grande fête. Ce ne sont plus des scènes muettes, mais bien des reprt'îsentalions dialoguèes , empruntant aux ^■difices du culte la splendeur de leur architecture , le myslèrieus de leurs vitraux coloriés, la magnificence des costumes sacerdotaux et l'harmonie de la musique ; puis, les nefs immenses ne suffisant plus pour contenir les nombreux spectateurs, la scène se Iransporlc dans le parvis et sur les places publiques ; alors le drame se fait peuple. il abandonne la langue latine pour l'idiome vulgaire et compris de tous(i).
C'est fi partir de la On du quatorzième siècle que les mystères forment le répertoire dramatique des Confrères de la Passion. Ils étaient arrivés à un degré complet do IMJrfection , perfection relative si on les compare aux drames modernes, mais absolue, si le lecteur veut bien apprécier cette spécialité dramatique et se reporter aux scènes muettes, aux spectacles mimiques des dixième et onzième siècles. Ils entrent, au quinzième siècle, dans leur période de décadence ; ils deviennent un objet de spt'culalion pour les Confreres de la Passion ; l'élément
DE LA BAZOCIIE. 'i'il
profane s'y iuiroduit ; ils perdent leur caractèi* exclusivement religieux ; leur arrèl de mort est signé avec l'ordonnance de 1403,
Quelques écrivains ont trouvé dans les mystères plusieurs des qualités du drame de nos jours : action , invention , style , forme, couleur. Ces beautés , pour la plupurt , échappent ù l'analyse du lecteur prévenu ; il n'y trouve que des rudiments informes de l'art théâtral : peu d'invention, peu de dignité , rarement de la pudeur ; Cl, quant au mérite Ulléraire, il faut convenir qu'il n'est pas de nature à le ramener h des sentiments plus favorables. La littérature d'alors n'est intéressante à explorer qu'au point de vue ëtymologiiiue, comme un des éléments générateurs de la langue du dix-septième siècle. Les impressions sont peu favorables aux mystères, parce qu'ils paraissent être en opposition directe avec le but auquel ils semblaient vouloir atteindre : c'est qu'en effet on voit le sujet le )ilus noble , le plus touchant, le plus digne de respect et d'adoration , abaissé au niveau de rinteiligence rustique et grossière d'un auteur au langage cynique. La majesté de la religion catholique y est irainée dans kl fange des rues boueuses de Paris. Dieu , la Vierge et les Saints dépouillent leurs robes d'or et d'azur, endossent des haillons ou se couvrent d'oripeaux pailletés de cuivre. Le créateur du monde est fait homme, mais homme ridicule, grotesque et laid; le langage de rrs acteurs divins est commun, souvent obscène.
La représentation des mystères conservait dans la nef des cathédrales une dignité qu'elle perdait sur la place publique. La majesté du lieu effaçait ou atténuait , en
VVÏ LES CLERCS
grande partie, l'impression pénible que produit une simple lecture. Qui sait si la puissance sacerdotale cul beaucoup à gagner à celle personnification des dogmes religieux? Il est des choses tellement respectables, qu'il y a un péril extrÈme à les malérialiser par la forme. Et cela peut être dit du drame sacerdotal, encore qu'une bulle d'Innocent IIl eu ait reconnu l'orthodoxie.
Sans doute cet abaissement des sujets et des caractères n'était pas un calcul de l'auteur : chez lui il n'y avait pas parti pris de rapetisser à sa taille la majesté infinie de son poème ; il ne se doutait pas que son œuvre pouvait être mauvaise en elle-même et forcément condamnée k la trivialité. Il faut une certaine connaissance des secrets de l'art pour comprendre l'impossibilité insurmontable qu'il y a'à faire descendre une majesté comme celle de Dieu sur des tréteaux de foire. L'abaissement est inévitable. Le génie de Shakespeare ou de Calderon auniit-il pu en triompher? A cette époque d'ignorance et de barbarie, auteurs ni spectateurs ne se doutaient pas de cette profanation ni des dangers qu'elle recelait. Si le Parlement ouvrît les yeux, c'est que l'immoralité se traduisait paides exhibitions théâtrales si dépravées et si choquantes . qu'il était impossible de ne pas voir où elles conduiraient. En veut-on un exemple? Voici le langage que l'aaleur du mystère do la Conception fait tenir à saint Joseph :
KUe rsl rncciiitc , i>t d'oi'i ïiciidmil Lr fmil ? 11 fiiiit dire pur drnil yu'ii y Dit vicp d'aduUcro, l'iiisi[ii(> ji> ii'pn -iuis pas le pAiT.
IIE LA BAZOCHK. -J-i-i
Le cieui' s*; souR'VO de dégoût à la lecture de ces passages, qui ne sonl pas les plus indécenls de la pièce.
Le i-ésultat forcé de ces représentations devait eire le mépris du culte. La religion catholique , en se laissant ainsi bafouer, se livrait elle-même aux agressions de Luther et de Calvin. Rien n'était plus favorable à la propagation de leurs idées que ces orgies de langage, que ces représentations sacrilèges , ofi se trouvaient d'avance flétris et souillés tous les dogmes qu'ils allaient attaquer.
Au point de vue religieux , la représentation des mystères devant la populace ignorante et dépravée du moyen ilgc fut une chose fatale, déplorable, dont on ne tarda pas à ressentir les pernicieux effets. L'ordonnance rendue par Charles VI en faveur des Confrères de la Passion produisit un résultat tout contraire à celui que ce monarque s'était proposé. La honte de l'église, le mépris de la morale, la profanation des plus saints mystères de la religion ne paraissent pas , ne s'étalent pas impunément chez un peuple catholique, chaque jour et en plein soleil, sans qu'il n'en résulte de graves bouleversements.
Cependant , un grand nombre d'entre ces mystères n'aRichaient pas une pareille immoralité. Ces pièces , qui fatiguèrent bientôt le spectateur comme trop graves , n'ont guère plus d'intérêt pour le lecteur d'aujourd'hui. On les lit par curiosité, mais leur insupportable monotonie lasse bien vile.
Il n'entre pas dans le cadre de ce travail de donner l'analyse complète d'un mystère ; nous nous bonierons :"i dire (|u'ils se ressemblent presque tous. C'est l'Histoii'e- Sainte mise on vers et traduite par une foule de persou-
Vi4 LEï CLF.HLS
imgos, quelquefois cinq un six cents, uti l'on 1*61100111»; Dii'u ol les Sainls, les Anges, les Apùtres , des Jnifs, des Phiirisicns , des docleurs de la toi , des scribes , de.s marchands, des ouvriers de tous étals, des domestiques, des rois , des. princes , Lucifer et des diables. Ces productions contenaienl jusqu'à soixante ou quatre-vingtmille vers ; elles se divisaient , par conséquent, en plusieurs journées.
Il ne faut pas chercher dans les mystères le mèrilc lill6raire : il n'y est pas ; de la morale ou des enseignements utiles , lion plus ; on ne les trouve que dans les nioralitÊs ; do la satire ou de la critique , pas davantage ; il faut recourir, pour cela , aux farces et aux sotlies. Ils offrent seulement quelques Iraîts de mœurs , mais bien rares , bien isolés ; encore manquent - ils de noblesse et sont-ils empreints de cetlc trivialité que nous avons déjà signalée.
Il est un mérite trÈs-sérieux , pourtant, qu'on ne peut reftiser aux Confrti'es de la Passion : c'est celui d'avoir [lopularisé le. drame. Parmi les pi-omicrs comédiens et acteurs véritablement publics et reconnus tels par les ordonnances, et faisant du théâtre une spéculation, il faut compter les membres de cette confi-érie. C'est la seule ix;connaissance k laquelle ils aient droit.
Les Confrères de la Passion mettaient plusieurs jours , souvent trois ou quatre, fl jouer un mystère. Mais eo chiffre atteignit bicntùt des proportions exlraordinaircs. 1j?s représentations durèrent presque des mois entiers, et fort souvent quinze, vingl et vingt-cinq jours. En 15^7. les bourgeois de la ville de Valeiiriennes jouéreut
un mystère de la Passion en vingl-cinq journées. Cesl un peu long, il faut en convenir. Voici ce que rapporte de cette représentation Outreman , historien el prévôt de la ville de Valenciennes :
On y 6t ptroilrc des choses ctruiges et plein ici Jésus-Chrisl se rendait invisible, ailleurs il se Iransfiguroit sur la iDootagne deThabor... L'éclipsé, la terre tremble, le brisement des pierres et les autre» nurarles advenus à la mort de Notre Seigneur y furent représeiilca avec de nouveaui miracles. La foule fut si grande pour l'abord des ctrailgei'S, que la recette monta jusqu'à la somme de quatre mille six cent quatre-vingts livres, bien que les spectateurs ne payassent que deux liards ou six deniers.
Au nombre des plus anciens mystères figurent :
La Résurrection de Lazare , Susâtalio Lazari;
Saint Nicolas el les voleurs , Ludus super iamia sancH Nicolai (1);
L'Histoire de Daniel , Historia de Daniel representenda.
Ces trois mystères furent composés par Hilaire, poète du douzième siècle, disciple d'Abellard. Ils présentent cette particularité remarquable : qu'ils sont écrits , h la fois , en latin el en idiome vulgaire (2) ;
Le mystère ù'Adam, du douzième siècle, que M. Luzarche, bibliothécaire de Tours, vient de publier, et qu'il attribue a Wace. Ce mystère est ècril tout entier en idiome vulgaire, avec des notes latines pour la mise en scène el la manière de le jouer ;
(<) Ce tBjttirtût Salmt iVlsotal n'a rifn de «imBlBB avec »lDl de Badel,
"J'JC LES CLERCS
Lijusde sainct Nicholax, que Jean BodiaiB, ou Bodel, d'Arras, écrivit vers 1260. Ce mystère menait en scène des particularités de la Croisade de saint Louis;
Le Miracle de Théophile, attribue à Rulebœuf, el qui aurait Été écrit au commencement du quatorzième siècle, sous Philippe-le-Bel, etc.
Une vieille chronique rapporte que, sous le règne de ce prince, il y eut des représentations de myslÈres joués, mais non parlés (1), sortes de scènes mimées ou de tableaux vivants, oii paraissait en personne Notre-Seigneur , qui mangeait des pommes avec sa mère et disait des pale- ■ nùlres :
Lu vit-on Dieu et ses apàln-s Qui disoifnl leurs patinoires , Et la les innocents occire , El saint Jean mcllrc en marlyi« .
El (l'autre pai't Adam et Eve , El Pilatc qui ses mains lève.
Le mystère de la Passion se i-eprèsenlait , pour ainsi dire, dans toutes les villes ; mais il était facile d'y faiœ des additions ou des coupures , selon le nombre des acteurs dont l'entrepreneur du spectacle pouvait disposer. M. Onésiine Leroy pense qu'il a trouvé une partie du texte original du mystère de la Passion, tel que les Confi-ères l'avaient représenté dans la salle de la Trinité. Celte découverte aurait été faite dans un manuscrit de la bibliothèque de Valenciennes. Il y est divisé en vingt journées.
Jean Michel, médecin h Angers, s'empara d'une partie de ce mjslère pour l'amplifier et l'arranger à sa guise , en y mêlant d'une étrange façon le profene au sacré.
Pour en avoir une idée il faut lire le dialogue entre Magdeleine et sa servante; on croirait assister à la conversation d'une coquette de nos jours avec sa camërisle :
Que l'on fisse chère joyeuK A chacun qnï cébds viendra.
On fera la chère >
Selon ce qu'on entretiendra.
Je veuil estre à tout préparée, Omcc , diaprée et fardée , Pour me faire bien regarder.
Dame A nulle autre comparée , Dr beauté tant estel parce, Qu'il n'est besoin de vous farder.
Bien, Madame.
L'csponge et ce qu'il faut avoir, .Hes linrs liqueurs et mon basme.
Je cray qu'au monde n'y > famé Qu'ait plus d'unignonemenU. . .
Voici vos riches onguemenU Pour tenir le cuir bel et frais , Vns bonnes senteurs et pigments, Qui Deurcnt comme beaux cyprès , Et n'ont pas été prias cy-pré; Le tout vient du pays d'Egypte.
Dressez ces tapis et carrciux , Répandei lost ces Gncs eaux , Les bonnes odeurs par la place , Jetez tout , vuydez les vaisseaux , Je veuii qu'on me suive à la trace.
Les mystères contenaient rarement des choses aussi curieuses et des détails aussi intimes. Quand les auteurs pénétraient dans la vie privée, ce n'était que pour nous en donner les détails les plus grossiers, et, quelquefois, les plus abjects. Il semble que J. Michel ail voulu sortir ici de cette banalité domestique en donnant à son récit une tournure plus noble et moins populaire , si l'on peut s'exprimer ainsi.
Les mystères ne contenaient ordinairement aucune allusion mordante ou satirique ; cependant ou trouve dans celui de CAssomption un passage curieux à divers titres :
L'ange Gabriel a annoncé à la Vierge Marie qu'elle mettrait au jour un fils qui sérail le Rédempteur du monde. Dieu avait ordonné aux anges de transporter les ap&trcs chez sainte Anne , mère de Marie. Sainte Anne les avait engagés à se mettre en prîôre , & réciter le psautier et & allumer un ciei^e. Lucifer, instruit de ce qui se passait, et furieux de voir à quel degré de gloire et de puissance la Vierge allait être élevée , envoya Satan, avec une procuration écrite parTithiiiilus, notaire infernal, pour se rendre sur la terre et défendre les intérêts de l'enfer. Voici cette procuration , qui rentre dans le genre des pièces dont il a été parlé au chapitre précédent :
A Unis ceux et t«ales celle»
Où se tant choses non pareilles En forteresses , chasteaux , donjons , Riches palais , chasteaux , maisons , Lucifer, prioce général De l'horrible gouffre inferDal , Pour salutation Douvclle , Halcdictiod éterDclle ; Sctvoir hisons qu'en nostre hostel Où il f a maint tonnnent cruel , En personne sont comparus Ung grand tas de dyables plus drus Que moucherons en l'air volant, Devant nous, en constituant Leur procureur irrérocable , Fonde en puissance de dyable, Sathan, nostre conseil féal , .
Loi donnant pouvoir général De procurer toutes matières .
LES CLEBCS Soyent ptrties ou ealières , Dont il nous peut sourdre profil.
Premiéremenl , pw cet ewripi.
De procurer pour gêna d'église .
En symonie et conroitise , Soyent évcsques ou prelati , Curez, prestrcs de tous estiti, Qui sont subjectz à oastre courl.
Et de procurer brïef et court Pour haultaina princes terriens .
Qui se gouvernent par moyens D'orgueil et de présomption .
Qui ne quièrent que uubition.
Pour vivre en plaisance mondaine .
Et n'ont jamais la bourse plaine Sans point avoir de suffisance , De procurer à toute instance Pour le Taict de tous fauli mBrchans Qui sont en terre, en mer, en champs.
Comme merciers et charletiers , Tavemiers , aussi pautouBiers.
Suit rènumëration de vingt-cinq ou trente métiers ou éuis.
Et tous autres caiisequemmrnt Qui se meslent de (aulcemcnt Communiquer leur marcbandi»e .
De procurer par sainte guise Pour tous desloyaux justiciers .
Praticiens et ofllcîers , Comme procureurs, nvocals,
DE LA UAZOCEIh, ï:ÎI
IJui luiil iouvdit mouvoir drsbili l'iÉf faulces causes maiiil^nir Doiil grands miiulx en pruvenl rcnii , Do [irocurer pour les spr((ciil>i.
La profruration désigne ici les niaris qui ti-ompeut leui-s IfRimes, les femmes qui trompent leurs maris. Elle sf lormine ainsi :
Uaiinei- à Saltisn le poioir Sans jamais contre aller vouloir.
Lequel lui donnons pliiuemenl , Sans fin irrévocablement.
Donné en l'hostrl dessus dii't Puant détestable mauldît.
En l'an de perdition D'humaine gcncralion.
Scellé de cent mille serpent .
De crapaulx cnlaehîci dedans Pendant i deux erigncs de diable . Signé de nosirc abominabU' Secrétaire Tithinilus.
On sent qu'un légiste a passé par là. L'auteur de <.<> mystère étant inconnu, il est fort probable qu'il est l'œuvre d'un clerc de la Bazoche. Le tour plaisant et la forme particulière de cette pièce pourraient le faii-e supposer. L'idi-e de faire donner une procuration à Satan par les puissances de l'enfer n'était pas nouvelle ; on la trouv^ dans un poëmc du quatorzii^mc siècle : VÂdvocacie Notrrllame , attribué à Jean-de-Justice , ihanoine , conseilli'i'
au Pariement de Paris. C'est ce poëiue qui a inspiré h Barthole son fameux traité dont nous avons parlé : Processus Salanœ amlrà Virginem , coram judice Jesu. Ce poème , qui contieni deux mille deux cent quarante-huit vers, n'est autre chose qu'un plaidoyer, devant Jésus- Christ comme juge , de la Vici^ el de Satan représentant l'enfer par procuration.
Parmi les productions de Jehan d'Abundance se trouve le mystère des Trois Roys ; il porte ce titre : Le joyeux Mystère des Trois Roys, à dix-sept persontm^es , composé, etc.... Cette qualification de joyeux mystère est assez rare ; elle s'explique par l'introduction d'un personnage facétieux. C'est, ici, un paysan qui s'adresse en mauvais patois languedocien aux serviteurs des trois rois, et donne lieu par son langage à de fades plaisanteries et à beaucoup d'équivoques.
On pourra se faire une idée du slyle du bazochien Jean d'Abundance par les extraits suivants :
Un ange ayant défendu aux Trois Rois de passer chez Hérode , leur indique un autre chemin r
Du hmlt Dieu , Roy tllitonant De PEvadis , suis messagier ; Et pour vous garder de danger, Hetaumez ptr lultrc chemin ; Car Hérode , féloD milin , Tiache de vous faire mourir.
Pour son ire non encourir Vous huit autre voye choisi)'.
S'il von» tenoit en son pouvoir.
Eté