‹ Études iconographiques et archéologiques sur le moyen ageChapitre 16 sur 27 · UNE BASILIQUE ARIENNE · texte numérisé non relu

UNE BASILIQUE ARIENNE

loriés et représentant chacun une figure isolée, voilà tout ce qui nous reste d'une œuvre si intéressante, spécimen rarissime, avec les scènes de la vie du Christ, à Saint-Apollinaire Nuovo, de Ravenne, et les Apôtres du Baptistère de la même ville, de Fart arien au ve et au vi^ siècle. Ces figures sont celles du Christ et des douze apôtres. En tète de la série, on lit une note que je crois nécessaire de transcrire ici :

« In aede S. Agathae ad Suburra in abside istius ecclesiae sunt Christus et xii apostoli, sex a dextris et 6 a sinistris ; quod opus fieri fecit Flavius Ricimerus... quae pictura in mosaico antiquior multo est ut existimo, ipso S. Gregorio. P. P. Paulus 4 Pont. max. non levibus rationibus permotus, solebat dicere picturas has esse veras Apostolorum effigies, id quod certe comprobant sanctorum Apostolorum Pétri et Pauli ; quae omnino sunt similes iis quae pro certis et indubitatis in Vaticana basilica asservantur. Opus vermiculatum seu mosaicum vulgo dictum in aede S. Agathae in Suburra, quod nuper cecidit et

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picturis suppletum est anno D. MDI CV* ».

Voici les sujets dans Tordre dans lequel sont reliés les dessins qui les reproduisent :

S. Iacobvs Alfhei. Imberbe, cheveux coupés parallèlement à la ligne des sourcils. Son costume, ainsi que celui de tous les autres apôtres, se compose d^une tunique bleuâtre (stolae cœrulei coloris): Ciampini*, que traversent dans le sens de la longueur deux raies (pallia), d'un bleu plus foncé, puis d'un manteau nuancé de brun, orné de ces lettres énigmatiques qui ont fait le désespoir de tant d'archéologues (ici ce sont généralement des L), enfin de sandales. Sa gauche est cachée sous son manteau, sa droite étendue sans affectation, comme s'il s'entretenait avec son voisin. Pas plus que ses compagnons, il n'a de nimbe.

S. Simon Zelotes. Tient le volume des

* Martinelli a connu et reproduit dans sa Diaconia 5. Agatha in Suburra, le passage relatif à Paul IV (p. s8).

- Veiera Monimenta, t. Ie«", p. 272.

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deux mains, Tune nue, l'autre, la gauche, voilée; barbe châtain.

S. Iacobvs. Barbe et cheveux châtains.

La gauche est engagée dans les plis de la draperie, la droite levée.

S. IvDASiACOBi. Tandis que les apôtres précédents sont tournés vers la droite, celui-ci est tourné vers la gauche. Il se livre à une discussion animée avec saint Jacques. Son attitude est d'un dessin excellent.

S. Philippvs. Cheveux bruns, barbe assez longue, de même couleur. On aperçoit un soupçon de tonsure.

S. Pavlvs. Tient de la gauche le volume ; il lève la droite vers le Christ comme pour l'interroger. Barbe brune, très longue, cheveux également bruns.

Salvs totivs generis hvmani. Le Christ, assis sur le globe azuré ; sur sa gauche repose le livre ouvert qu'il montre aux fidèles, de la droite légèrement levée, la paume en dehors, il semble commenter le texte sacré; son geste est empreint de douceur et de persua-

sîon. Tunique bleue avec un large c< clavus » jaune, manteau violacé, longs cheveux bruns, bouclés, barbe soyeuse, partagée en deux; nimbe jaune, sandales.

S. Petrvs. Il s'avance vers le Christ d'un pas précipité, portant sur son manteau la clef, insigne de son pouvoir. C'est une figure large et robuste, à la barbe et aux cheveux blancs crépus * .

S. Andréas. Vu de face, tout ébouriffé; un certain air de brusquerie, barbe coupée assez court ; tient le volumen appuyé sur sa gauche voilée.

* Induit en erreur par la gravure de Campini^ Tabbé Martiny a crut que le prince des apôtres était coiffé d'une tiare {Dictionnaire desAntiquitès chrétiennes, p. 425); il n'en est rien. La même observation peut s'appliquer aux prétendues tiares des apôtres du baptistère des orthodoxes de Ravenne ; elles ne sont en réalité

ue des pans des rideaux suspendus derrière leurs têtes.

À encore une gravure de Ciampini a fait faire 6iusse route non seulement au savant que nous avons nommé tout à l'heure {Dictionnaire, p. 45), mais encore à de Ciiast, Ravenna, p. $, Schenaase, Gescbicbte der hildcndsn Kûnste, l'e édit. , t. III, p. 181, Unger (Encyclopédie de Gruber et Ersch ; vol. 84, p. 391, i^e col.), ainsi qu'à Canina, Ricercbe sulV arcbitettura piii propriadei tempi cristiani\ Rome, 1846, pi. CIV.

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