‹ Études iconographiques et archéologiques sur le moyen ageChapitre 19 sur 27 · DANS L ART DU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

DANS L ART DU MOYEN AGE

ANS son Histoire poétique de Charlemagne, M. Gaston Paris a montré comment est née et comment s'est développée la légende du grand empereur franc. La prenant à son origine, il en a suivi les transformations de pays en pays, de siècle en siècle. Plusieurs centaines d'années durant, jusqu'en pleine Renaissance, et d'un bout à l'autre de l'Europe, depuis la Scandinavie jusqu'à l'Espagne, on voit l'imagination des romanciers et des poètes s'exercer sur ce nom qui n'avait guère besoin de leur secours pour

jG ÉTUDES ICONOGRAPHIQUES

passer à la postérité. Charlemagne devient le point de départ d'un vaste cycle épique, dont la vogue n'a peut-être été égalée que par celle du cycle troyen pendant l'antiquité classique.

Une étude parallèle sur la légende de Charlemagne dans le domaine de l'art offrirait, ce semble, un réel intérêt, bien qu''ici les artistes se soient généralement bornés à interpréter les idées de leurs confrères, les littérateurs, et que les monuments figurés soient, sauf de rares exceptions, postérieurs aux textes. Ce serait un travail analogue à celui qu'ont entrepris M. Renan dans son ouvrage, depuis longtemps classique, sur Averroès et Vaverroîsme, M. Julien Durand dans sa savante et ingénieuse dissertation sur la légende d'Alexandre, publiée dans les Annales archéologiques. On verrait ainsi combien sont multiples et profondes les racines que le Charlemagne de la légende a jetées jusque dans les régions où le souvenir de ses exploits semblait n'avoir jamais pénétré. Si, de bonne heure, le portrait historique du

premier empereur d'Occident est intervenu comme élément iconographique important dans les sculptures du portail des églises, dans les tapisseries ou les verrières de la nef, dans les fresques ou les mosaïques de l'abside, combien les représentations fantastiques n'ont-elles pas tardé à devenir plus attachantes et plus populaires !

L'étude de ces monuments n'a pas été tentée jusqu'ici. Les Pères Cahier et Martin, MM. Guénebault, de Guilhermy, Hennin, Vétault, bref tous les érudits qui se sont occupés de l'iconographie du Charlemagne de l'histoire ont passé sous silence, ou peu s'en faut, l'iconographie du Charlemagne légendaire et de son entourage. La statue de Roland, à Vérone, et les vitraux de Chartres sont à peu prés les seuls monuments dont ils aient invoqué le témoignage.

Loin de moi la prétention de dresser le catalogue de toutes ces représentations. Il me suffira de réunir ici quelques matériaux qui pourront servir de base à un travail plus étendu.

78 ÉTUDES ICONOGRAPHIQ.UES

Longtemps, sans doute, avant que la légende de Charlemagne reçût une forme poétique, le souvenir de ses exploits engendra toutes sortes de revendications plus ou moins intéressées, de superstitions plus ou moins bizarres. Le premier travail de « cristallisation » eut pour point de départ, si je ne me trompe, le désir de placer sous les auspices du fondateur de la monarchie d'Occident le plus grand nombre possible de fondations religieuses, militaires et civiles, la construction d'une ville , d'une citadelle , d'une église, l'octroi de franchises municipales, les privilèges accordés à une abba^^e * .

Le nombre de ces croyances naïves ou de ces pieuses supercheries est légion. Conten-

* Voy. entre autres sur les légendes d'un caractère topographique le Bulletin monumental^ t. XIV, p. 385, 447, 448, 453, 460, 46r ; t. XYIII, p. $68; t. XIX, p. 9, 263 ; t. XX, p. 251.

tons-nous de quelques traits caractéristiques. Dans la cathédrale de Nevers, un chapiteau de la grande nef montre, nous apprend M. Crosnier, « un sanglier avec un enfant nimbé ; auprès un prince, armé d'un glaive cherche à blesser l'animal. Un des vitraux de Saint-Saulge, dans le diocèse de Nevers, reproduit le même sujet. La légende de saint Jérôme, évêque de Nevers, contient l'explication de cette scène, en nous exposant l'hisn toire de la fondation de cette cathédrale.

Saint Jérôme avait une dévotion particulière aux saints martyrs d'Yonne ; il avait déjà fait construire une chapelle en leur honneur.

L'ancienne cathédrale, qui était sous le vocable de saint Gervais et de saint Protais, tombait sans doute en ruines quand notre saint entreprit d'en construire une autre qu'il désirait dédier à saint Cyr et à sainte Julitte, sa mère. Tandis qu'il méditait ce projet, il fut obligé de se rendre à Paris à une assemblée d'évêques réunis à la demande de Charlemagne. Après l'assemblée, l'empereur fit part aux évèques d'un songe qu'il avait eu la

80 ÉTUDES ICO\OGRAPHIQ.UES

nuit précédente : il se trouvait à la chasse, quand tout à coup, au moment où il était seul au milieu d'une forêt, il aperçut un sanglier furieux qui allait se jeter sur lui. A la vue de ce pressant danger, la première pensée du prince fut de se mettre à genoux et d'implorer le secours du ciel ; en même temps il vit auprès de lui un enfant nu qui lui promit de le délivrer, s'il voulait lui donner un voile pour le couvrir. L'empereur ne balança pas à se rendre à sa demande, et aussitôt l'enfant enfourcha le sanglier et, le tenant par les défenses, il le conduisit à Charlemagne qui le perça de son épée, et le tua. Chacun des évêques faisait ses réflexions sur le songe effrayant du prince, lorsque saint Jérôme, croyant la circonstance favorable à ses pieux desseins, se chargea d'en donner l'explication. Il exposa donc à Charlemagne qu'en son église cathédrale il y avait une chapelle dédiée au nom de saint Cyr, martyr ; que l'enfant qui lui avait apparu était ledit saint Cyr, et que le voile qu'il lui demandait était la réparation et l'amplifica-

LA LÉGENDE DE CHARLEMAGNE 8l

tion de ladite chapelle, et la restitution du bien et patrimoine de ladite église. Charlemagne se rendit aux désirs du saint évêque ; il fit restituer les biens dont Téglise de Nevers avait été dépouillée et donna à saint Jérôme les moyens de construire sa nouvelle cathédrale. — Il est facile maintenant d'expliquer et le vitrail de Saint-Saulge, et le chapiteau dont nous avons parlé, et le sceau du chapitre. Les fleurs de lis qu'il porte en chef rappellent en même temps la munificence de Çharlemagne et les circonstances dans lesquelles il l'exerça * . »

Dans le département de la Marne, le seul monument vraiment antérieur au x« siècle, dit M. Ed. de Barthélémy, est un retranchement en terre, situé dans la forêt d'Haulzy, presque sur la limite des Ardennes et de la Marne ; c'est un carré inégal de quatre-vingtdix à cent mètres de face, arrondi à un de ses angles ; un chemin monte de la vallée de l'Aisne qu'il domine, et après un détour

* Bulletin monumental, t. XIV, p. 284-286 (art. de M. Crosnier).

aboutit à l'entrée défendue par un double ouvragé ; les remparts sont encore aujourd'hui à dix mètres d'élévation, et les fossés sont très bien conservés. Cette fortification, selon la tradition vulgaire, est une ancienne station romaine ; dans le pays, on l'appelle le château de Charlemagne; mais il est beaucoup plus vraisemblable de croire qu'elle a été construite par les comtes de Dormois pour se défendre contre les incursions des seigneurs voisins * .

D'après une légende fort accréditée dans les environs de Saintes, l'armée de Charlemagne s'étant un jour arrêtée à Saint-Porchaire, le pieux monarque adressa au ciel de ferventes prières pour obtenir de l'eau destinée à ses troupes : aussitôt une fontaine jaillit sous le fer de son cheval. Les habitants de Saint-Porchaire continuent à tenir cette fontaine en singulière estime ^.

* Bulletin monumental, t. XIX, p. 263.

« Bulletin monumental, t. XIX^ p. 9. Cf. VHistoire poétique de Charlemagne, p. 434.

A Carcassonne, on montre, de nos jours encore, la ce tour penchée de Charlemagne * » .

A Embrun, la cathédrale a jusqu'à ces derniers temps passé pour l'ouvrage de Charlemagne. Il en est de même de la cathédrale, aujourd'hui détruite, de Gap *. A Avignon, une inscription placée sur une des portes de la ville, rappelait le souvenir de « Carolus Magnus, fondator ecclesiae Avinionensis ' ».

Dans les Vosges, la tradition attribue à Charlemagne la construction de l'église de Champ-le-Duc (première moitié ou milieu du xi« siècle). (Il est certain que Charlemagne passa par ce village.) Un des chapiteaux est orné d'un bas-relief représentant, d'après la tradition, l'entrevue de Charlemagne et de son fils Charles, au moment où ce dernier, de retour de son expédition contre

• G. Paris, Histoire poétique de Charlemagne, p. 254-

• Article de M. Roman, dans les Mémoires de la Société nationale des Antiquaires de France, 1883, p. 85, 88.

• Valladier, Labyrinthe royal... Avignon, 1600.

les Slaves de Bohême, vint rejoindre son père dans la villa de Champ. Parmi les autres bas-reliefs, citons un cavalier coiffé d'une toque et sonnant de l'olifant. On croit que c'est Charlemagne partant pour la chasse * .

On n'en finirait pas si l'on voulait énumérer toutes les localités ou tous les monuments de notre pays dont la tradition attribue la fondation à Charlemagne ou auxquels elle rattache son souvenir : Villiers-Charlemagne, dans le département de Maine-et- Loire, — Dieppe, — le Pas-de-Roland et 'la Brèche -de -Roland, dans les Pyrénées, etc., etc., ou bien encore le tombeau d'Otgerius et de Benedictus, guerriers et moines, dans la basilique de Saint-Faron, à la Fèreen-Tardenois * , et celui de Roland dans l'église Saint-Romain, prés de Blaye, dans la Gironde, église détruite en 1652 ^.

* Bulletin monumental, t. XIV, p. 447, 453, 461.

• Montfaucon, les Monuments de la Monarchie française,

' Cf. Génin, Introductiony p. xxn-xxiv.

Pour caractériser ces fables ou ces revendications, il nous suffira de rappeler que, de l'avis d'un de nos archéologues les plus autorisés, M. Alfred Ramé, il ne reste aujourd'hui en France qu'un seul édifice pouvant être attribué authentiquement à l'époque carlovingienne, l'église de Germigny (Loiret). Six autres sont sans date aucune, quatre de date encore indéterminée. Quant à tout le reste, ce sont ou des constructions plus anciennes ou des constructions plus récentes* . On voit dés lors quel rôle la fantaisie joue dans l'attribution à Charlemagne de peut-être cent cinquante ou deux cents monuments de toute sorte.

L'ignorance de la foule n'est pas seule en cause ici, je le répète : plus d'un archéologue a contribué, pour sa part virile, à étendre et à développer ce vaste tissu de légendes et de superstitions. C'est ainsi qu'il est bien établi, aujourd'hui, que les nom-

* De Vètat de nos connaissances sur V architecture carlovingienne, Paris, 1882.

86 ÉTUDES ICONOGRAPHIQ.UES

breuses statues équestres placées, dans TAngoumois, à Châteauneuf, à Aubeterre, dans le Poitou, en Normandie, soit au fronton, soit sur les côtés des églises, ou bien les basreliefs analogues sculptés, comme à Feuillade, sur les chapiteaux de la nef, représentent, non pas Charlemagne, mais, selon toute probabilité, l'Eglise militante et triomphante*.

En Alsace, plusieurs monuments conservent le souvenir de Charlemagne.

A Strasbourg, il fit bâtir, nous affirment de graves historiens, le chœur en pierre de la cathédrale. « On prétend que celui qu'on voit aujourd'hui est encore en partie l'ouvrage de ce grand monarque. — Charlemagne fit aussi de magnifiques présents à la

* Biais, Des statues équestres sculptées aux façades des fglises romanes, Angouléme, 1880. — Il est même * arrivé à certains archéologues de se faire les complices ou les fauteurs des superstitions populaires. Il y a vingt ans, l'un d'eux a fabriqué de toutes pièces une inscription indiquant soi-disant le lieu de sépulture de Charlemagne à Aix-la-Chapelle^ inscription qui a fort embarrassé les savants de la localité. Voy. Der angehlicbe Grabstein Caris des Grossen, par Kaentzeler et Quast, dans le Jabrbucb de la Société des Antiquaires rhénans, fasc. XLII.

cathédrale, parmi lesquels on compte un riche reliquaire renfermant un grand nombre de reliques qu'il avait reçues à Rome du pape Adrien; une croix toute d'or pesant deux cent quatre-vingts livres, et un psautier en langue théostique, sur lequel son nom était écrit de sa propre main* . » Malgré la persistance de la tradition, Charlemagne ne figure point parmi les souverains représentés à cheval sur la façade de la cathédrale (Clovis, Dagobert et Rodolphe de Habsbourg). On ne trouve son efiigie qu'à l'intérieur, dans la verrière, où il a pour compagnons Pépin, Louis le Débonnaire, Charles le Chauve, Lothaire et ses fils.

A Schlestadt, où Charlemagne fit un long séjour prolongé, on a cru reconnaître sa résidence dans une maison de la rue du Sapin, rue qui prit, sous le premier Empire, le nom de rue de l'Empereur. Mais cette maison semble dater en réalité du temps de l'Empe-

> Grandidier, Essais historiques et topographiques sur V église cathédrale de Strasbourg, Strasbourg, 1782, p. 10, 15.

reur Charles IV, qui visita la ville vers la fin du XIV* siècle*.

En Suisse, l'église abbatiale de Saint-Jean- Baptiste, à Munster, est ornée d'une statue polychrome que M. Rahn, juge très compétent, attribue au xii« siècle". Cette statue représente, d'après la tradition, Charlemagne, fondateur, d'après la même tradition, de l'abbaye de Munster. L'empereur — barbu — est représenté en pied ; il tient le sceptre et le globe. Une couronne en forme de cercle ceint sa tête. Son costume se compose d'une tunique courte, descendant jusqu'aux genoux, d'une longue toge ornée de perles et enfin de bottes fort hautes.

A Zurich, on a longtemps attribué à Charlemagne : i^la fondation même de la ville; 2° la construction de la cathédrale; y celle d'une maison située sur la place de la cathé-

' Dorlan, Notices historiques sur V Alsace et principalement sur la ville de Scblestadt. Colmar, 1843, ^* ^t P* 3^* Voy. en outre Fritsch, VEglise de Saint-Georges à Scblestadt. Mulhouse, 1856, p. 28.

* Gescbicbte der bildenden Kûnste in der Schweitx^, p. 270.

drale et appelée la maison « zum Loch » .

C'est à Zurich, on le sait, que l'empereur rendait une égale justice aux grands et aux petits, et même aux animaux. Un serpent, pour le récompenser d'un arrêt prononcé en sa faveur, lui fit don d'une pierre précieuse, douée de vertus magiques.

A la cathédrale, une statue représentant l'empereur assis, son épée posée sur ses genoux, rappelle des souvenirs qui n'ont pas cessé de se montrer vivaces, car, dans ces dernières années encore, les propriétaires des maisons situées prés de ce sanctuaire ont fait peindre ou sculpter sur leurs façades l'aventure de Charlemagne et du serpent.

Cette statue, exécutée en 1490, occupe la place d'une statue plus ancienne.

A Zurich également, le prévôt Henry Manesz (12 59-1 271) fit graver sur son sceau avec l'épigraphe KAROLVS, la figure de Charlemagne assis, Tépée posée sur ses genoux, les cheveux et la barbe flottants, la tête ceinte d'une triple couronne. Les successeurs de Manesz conservèrent plusieurs

90 ÉTUDES ICONOGRAPHIQ.UES

siècles durant cet emblème sur leurs sceaux* .

Un vitrail, daté de 1543, nous montre Charlemagne tenant, de concert avec un Major domus, dont le sceptre se termine par une fleur de lis (Pépin le Bref?), le modèle de la cathédrale zurichoise. L'empereur y est représenté sous une élégante arcade de la Renaissance, dans le costume traditionnel.

Ce petit tableau, sur verre m'a été signalé par M. Le D"^ Vogelin ; il a pour pendant un vitrail publié par MM.Lévy et Capronnier (collection de M. Hagemans, à Liège; date 1584; planche XXIX). Un troisième vitrail analogue, avec la date de 1578, se trouve au musée de Cluny. Charlemagne, représenté seul cette fois, y est caractérisé par un nimbe.

Pour l'Allemagne, je me bornerai à citer l'île de Rolandswerth et le château de Rolandseck dans les environs de Bonn.

En Hollande, à Nimègue, on lisait, il y a

* J*cmpruntc ces détails au Neujabrsbîatt berausgegehen von der Stadthibliotbek in Zurich auf das Jabr i86r : Kaiser Karls' des Gros^en Bild am Munster in Zurich,

peu d'années encore, sur une des portes d'enceinte, l'inscription « hic pes imperii », accompagnée de deux têtes en profil, Charlemagne et son épouse, à en croire la légende. Vérification faite, ces sculptures sont du xv* ou xvie siècle, et représentent probablement l'empereur Maximilien et Marie de Bourgogne. M. Hermann^ à qui nous empruntons ce renseignement, attribue avec plus de vraisemblance à l'époque carlovingienne la chapelle octogonale, existant aujourd'hui encore à Nimégue.

Les souvenirs de ce genre sont particulièrement nombreux en Italie.

A Florence, dans l'église des Saints Apôtres, une inscription gravée sur une lame de plomb, une autre gravée sur une plaque de marbre incrustée dans la façade, font honneur à Charlemagne de l'érection du monument, et à l'archevêque Turpin de sa consécration. Elles invoquent à l'appui le

* Jabr bûcher des Vereins von Aîterthumsfreunden im Rbeinlande, t. LXXVII (1884), p. 88-122.

92 ÉTUDES ICONOGRAPHIQjDES

témoignage de Roland et d'Olivier ! En plein xvi« siècle, on fit peindre sur la façade de cette église les lys de Florence et placer sur la porte un buste en marbre de Charlemagne, dû au ciseau de Giovanni Caccini. Voici l'inscription, dont Fauteur semble avoir été beaucoup plus familiarisé avec le pseudo- Turpin qu'avec Eginhard :

Ville. V. DIE VI. APRILIS.

IN RESVRRECTIONE DOMINI. KAROLVS

FRANCORVM REX A ROMA REVERTENS

INGRESSVS FLORENTIAM CVM MAGNO

GAVDIO ET TRIPVDIO SVSCEPTVS CI-

VIVM COPIAM TORQyUIS AVREIS DECO-

RAVIT ET IN PENTECOSTEM FVNDAVIT '

Page 1