ITALIEN VALAQUE RHÉTIEN ESPAN OL PORTUGAIS FRANCAIS
sono sum sunt s0y son suis
sei es eis eres es es
é é ei es hè est siamo suntema essen somos somos sommes siete sunteti esses sois sois êtes sono sunt ean son 820 . sont
« Ilest évident que toutes ces formes sont des variétés d’un même type, et qu’il est impossible de prendre aucun de ces six paradigmes pour le modèle sur lequel les autres ont été construits. Nous pouvons ajouter que dans aucune des langues auxquelles ces formes verbales appartiennent, nous ne trouvons les éléments qui auraient pu les composer.
« Quand nous rencontrons des formes comme j'at aimé, nous pouvons les expliquer par les radicaux que le français possède actuellement et ilen est de même des temps composés, comme j'aimerai, c’est
à-dire je aimer-ai. Mais le changement de je suis em tu es est inexplicable par la grammaire française seule. De telles formes n’auraient pas pu naître sur le sol français, elles ont dû se transmettre comme les restes d’une époque précédente; élles ont dû exister dans quelque langue antérieure aux dialectes romans. Ici nous ne sommes point obligé de nous en tenir à une simple supposition, car nous possédons le verbe latin, et nous pouvons montrer comment, par suite de la corruption phonétique et en vertu d’analogies erronées, chacun des six paradigmes n’est qu'une métamorphose nationale du modèle latin. | |
« Voici maintenant une autre série de paradigmes : |
Sans- Lithua- Zend. Dorien. Vieux Latin. Gothi- Armé-
crit, nien. slave, que. nien.
Je suis....... asmi esmi ahmi éuui yesme sum in ena Tu es........ a’si essi ahi égoi yesi es is es N'est........, asti csti asti éort yest» est ist Nous (deux) ,
sommes...,. SVA'S OBVA ses une. YESVA ooores SÂU seossse Vous (deux) : :
étes...,...,. Stha’s esta stho £orcv yesta ...... sijuts ....... Ils (deux sont) stas esti sto Éa72v yesta ...... ss core
Nous sommes. smas esni hmahi oué; yÿesmo sumus sijum emq Vous êtes... stha este sta égTé yests estis sijuth eq Ilssont....... sauti esti henti 697 somté suit sind en
« Nous devons tirer les mémes conclusions de:
ces formes grammaticales, examinées avec soin, que des précédentes. Elles ne sont également que les variétés d'un même type; il est impossible de considérer l’une d'elles comme ayant servi d’original aux autres; enfin aucune des langues dans lesquelles se présentent ces formes verbales ne possède les éléments dont elles sont composées. Le sanscrit ne peut être considéré comme l'original d’où est dérivé tout le reste, ainsi que le prétendent plusieurs savants; car nous voyons que le grec a dans plusieurs cas gardé une forme plus primitive et comme on dit plus organique que le sanscrit.éouès ne peut être dérivé du mot sanscrit smas, parce que smas a perdu la radicale a que le grec a conservée, la racine étant as être, et la terminaison smas nous, etc...
« Le grec ne peut être pris davantage pour le langage d’où sont dérivés les autres dialectes ; car le latin lui-même n’en est pas dérivé, et a conservé quelques formes plus primitives. par exemple sunt au lieu de évri ou évoi, ou eust. Ici le grec a complétement perdu le radical as, évrt étant mis à la place de écevri, tandis que le latin a du moins comme le sanscrit gardé le radical s dans sunt, sanscrit santi.
« Tous ces dialectes nous conduisent donc à une langue plus ancienne dont ils sont dérivés comme les dialectes romans le sont du latin. A l'époque reculée où nous font remonter ces inductions, il n’y
avait pas encore de littérature pour nous conserver quelques traces de cette langue mère qui mourut en formant les dialectes aryens modernes, tels que le sanscrit, le zend, le grec, le latin, le gothique, le windique et le celtique. Cependant tout nous porte à croire que cette langue a été autrefois une langue vivante, parlée en Asie par une petite tribu, et à l’origine par une petite famille, vivant sous un seul toit, de même que la langue de Camoëns, de Cervantès, de Voltaire et de Dante fut autrefois parlée par quelques paysans qui avaient bâti leurs cabanes sur les-sept collines près du Tibre. Si nous comparons les deux conjugaisons que nous venons de présenter, nous verrons que les coïincidences entre le langage des Védas et le dialecte parlé aujourd'hui par les Lithuantens sont beaucoup plus grandes qu'entre le français et l'italien ; et il suffit de lire la grammaire comparée de Bopp pour voir clairement que les formes essentielles de la grammaire ont été complétement établies avant que les membres divers de la famille aryenne se soient séparés. »
Voilà à l’aide de quels arguments M. Max Muller suppose, suivant sa propre expression, qu’il a existé une langue antérieure au sanscrit, d’où seraient sorties toutes les langues indo-européennes.
Notre réponse sera facile, car jamais la linguis-
tique réduite à ses seules forces, c'est-à-dire évoluant en dehors de la tradition de l'histoire et de l’ethnographie en dehors même de ses propres règles, comme nous allons le démontrer, n'a présenté sur une question d'aussi faibles arguments Nous pouvons même dire que ces arguments, portent encore leur réfutation.
Ainsi, tout d’abord, pour arriver à présenter son hypothèse sous un jour acceptable, M. Max Muller, réunissant le groupe des langues romanes issues du latin, cela est incontestable, suppose le latin disparu et dit: Comme aucun de ces dialectes n’a pu servir d'original aux autres, et qu'ils sont tous les variétés d’un même type, nous serions obligé de conclure à un type commun disparu, à quelque langue antérieure, quand bien même le latin ne serait pas là pour accuser sa maternité.
Et il conclut de là qu’il faut tenir le même raisonnement à l’égard des langues indo-européennes, et leur chercher un type commun antérieur au sanscrit.
L’argument à tous les poinis de vue manque de justesse. .
Au point de vue de la dialectique pure, de ce que le latin est le type commun des langues romanes, il ne s ensuit pas le moins du monde que le sanscrit ne soit pas le type commun des langues indo-européennes.
La disparition du latin pour les besoins du raisonnement, est un argument qui se retourne, contre la théorie de Max Muller, car on peut lui dire: le latin existe. Eh bien, comment se fait-il que cette langue qui n’a donné naissance qu’à cinq ou six dialectes, se soit conservée, alors que cet indo-européen commun, que vous supposez avoir existé, aurait disparu après avoir donné naissance à une quinzaine de groupes principaux, d'où sont sortis plus de deux cents dialectes. Dira-t-on que cette langue n'avait pas de littérature et que c’est pour cela qu’elle ne s’est pas conservée ? |
Nous répondrons avec Bopp et M. Max Muller lui-même, « que les formes de sa grammaire étaient complétement établies avant les émigrations qui l'ont transportée de l’Asie dans tout l'Occident, » et nous demanderons s’il est possible de concevoir qu’une langue aussi féconde, qu’une langue dont la nombreuse postérité est encore pleine de vie, ait pu si bien fixer toutes ses formes grammaticales qu’on les retrouve dans tous ses dérivés, et cela sans littérature, c'est-à-dire sans moyen de fixer ces formes.
Cela est complétement impossible, et ce fait ne soutient pas l'examen, en présence de l'histoire logique des évolutions du langage.
Est-ce que le grec, le latin, et, pour prendre un exemple plus près de nous, le français, auraient pu
fixer leurs formes grammaticales sans littérature ?.… Est-ce qu'en dehors de la littérature, qui crée, épure, conserve les formes du langage, il est même possible de comprendre l'existence d’une grammaire? | | Pas de littérature le type commun des langues indo-européennes !... Mais alors comment expliquer l’apport, sur le sol européen, non-seulement du lan- | gage mais encore de toutes les traditions religieuses et civiles, de toutesles traditions littéraires de l’Asie. Citez-moi donc, dans l’histoire du passé, une seule langue mère, qui ait non pas parcouru le chemin colossal de l’indo-européen commun, mais simplement donné naissance à une demi-douzaine de langues littéraires et perfectionnées, et qui se soit couché dans la poussière de l'oubli, sans laisser la moindre trace, la plus petite tradition. | Quoi... cent émigrations diverses ont couvert une partie de l'Asie et toute l'Europe, de peuples d’origine indo-asiatique, parlant tous des langues de même origine, et aucune de ces langues n’aurait conservé un hymne religieux, un chant de guerre, une légende qu’on puisse rattacher à la langue mère ?.… | Votre hypothèse du latin disparu est la plus éclatante condamnation de votre système.
Supposons, en effet, pour entrer complétement
dans nos théories, que le latin soit mort après avoir formé les six dialectes romans, que rien ne nous soit resté, ni une page de Virgile, ni une ode d’Horace, ni un discours de Cicéron qui nous missent à même de reconstituer cette langue, est-ce que nous en ignorerions pour cela l'existence; est-ce que l'italien et le français des premiers siècles, pour ne citer que ces deux langues, ne sont pas pleins de traditions de toute espèce empruntées à la langue mère? Nous pouvons supposer jusqu’à un certain point que le latin aurait pu disparaître comme langue, mais comme toute supposition doit être logique et d'accord avec l'expérience qui résulte des faits, il nous est impossible de supposer que les six langues romanes auraient pu se former sans conserver le souvenir de leur ancêtre, et de fait ces dialectes n’ont vécu à leur début que de la tradition latine, ne se sont formés que par la littérature latine. - Donc au lieu de conclure de l'hypothèse de Max Muller, qu’il faut supposer l'existence d’une langue indu-européenne disparue, comme on supposerait l'existence du latin s’il était disparu, nous dirons qu’il faut rechercher parmi toutes les langues indo-européennes, quelle est celle qui résume en elle toutes les traditions linguistiques, historiques et littéraires, . et la proclamer langue mère, type commun, de mème que l’on proclame le latin langue mère, type commun,
des langues romanes, parce qu’il résume en lui toutes les traditions, linguistiques, historiques et littéraires de ces langues.
Les langues qui parviennent à fixer complétement leurs formes, ne disparaissent point aussi facilement de la scène du monde, et c’est en cela que la supposition du professeur d'Oxford pèche contre la logique et l'expérience des faits.
Pour nous montrer que l’indo-européen commun a pu disparaitre, il suppose le latin disparu... sans voir que l'impossibilité de cette disparition totale devient un argument, contre la possibilité de la disparition de cette langue .colossale qui a formé tous les idiomes indo-eurcpéens.
Nous savons bien que pour les besoins de la cause, on rapetisse cet immense fait linguistique et historique, on suppose (toujours des suppositions) que cette langue a été parlée autrefois par une petite famille vivant sous un seul loit suivant l'expression même de Max Muller, et on espère ainsi faire comprendre comment cette langue a pu ne pas laisser de littérature; mais sur ce terrain l’école allemande tombe dans le ridicule, car : ou bien cette langue parlée par une petite famille vivant sous un seul toit n'a point fixé ses formes, est morte sans littérature, et alors on ne saurait comprendre comment toute l’émigration indo-européenne a pu la parler et la
transporter à des époques différentes, dans les différentes parties du globe, qu’elle a successivement colonisé. Ou bien cette langue s’est développée, a fixé ses formes (et elle n’a pu les fixer que par la httérature) est devenue la langue de la vieille civibsation indoue, qui a illuminé le monde ancien et ‘le monde moderne, et alors tout devient clair dans le double fait linguistique et historique qui nous occupe, et l'apport des langues et des traditions indoues sur notre sol n’a plus rien qui étonne, ni le Hinguiste, ni l'historien, ni l'ethnographe.
L’argument « de la petite famille » est un pur germanisme.
Un dernier mot :
Le latin n’est qu’une langue mère du second degré; il suffit en effet de rapprocher les formes de son verbe auxiliaire, de celles du même verbe de son ancêtre sanscrit, pour être persuadé de cette vérité.
Sanscrit. Latin.
Je suis, äsmi, sum.
Tu es, asi, __es.
Il est, asti, est.
Nous sommes, smas, sumus.
Vous êtes, stha, estis.
Ils sont, santi, sunt.
M. Max Muller peut se tranquilliser. Les langues romanes ont conservé non-seulement leur mère, mais elles ont encore le bonheur de posséder leur aïeule.
Nous arrivons maintenant au seul argument direct donné par M. Max Muller pour prouver que le sanscrit ne peut être le type commun indo-européen.
Rappelons d’abord cette partie de notre citation :
« Le sanscrit ne peut être considéré comme l’original d’où est dérivé tout le reste, ainsi que le prétendent plusieurs savants: car nous voyons que Île grec a dans plusieurs cas, gardé une forme plus primitive, et comme on dit, plus organique que le sanscrit. "Ecués (nous sommes) ne peut être dérivé du mot sanscrit smas (nous sommes), parce que smas a perdu la radicale a que le grec a conservée, la racine étant as, étre et la terminaison mas, nous... »
Pour bien se convaincre de la singularité de cette argumentation, il faut remettre en présence les formes du verbe auxiliaire étre dans les deux langues , et voir ainsi quelle est celle qui a le mieux conservé la forme organique de la racine as, être. |
Sanscrit.
Je suis âs-mi Tu es ds-1 U est às-t1 Nous (deux) Sommes ’S-Väs Vous (deux) :
Êtes ’s-thàs Ils (deux) Sont ’s-thâs Nous sommes ’s-mâs Vous êtes ’s-th4 Ils sont ’s-anti
Grec: