MASCULIN FÉMININ NEUTRE THÈME
RAMA RAMA RAMA Singulier :
Nominatif : Ramas Ramä Raman Vocatif : Rama Ramë Rama Accusatif: Ramam Ramâm Raman
Instrumental: Ramêna Ramayà Ramêna Daif : Ramâya Ramäyæ Ramâya
Ablatif : Ramât Ramâyàäs Ramät Génitif : Ramasya Ramäyàäs Ramasya Locatif : Ramè Ramäyàäm Ramé Pluriel :
Nominatif : Ramàs Ramäs Ramäni Vocatif : Ramäs Ramâs Ramäni Accusatif : Raman Ramäs Ramäni Instrumental: Ramoœæs Ramabis Rameæs Datif : Ramébyas Ramäbyas Ramébyas Ablatif: Ramèëbyas Ramäbyas Ramébyas Génitif : Româänâm Râmanâm Ramänâm Locatif : Ramëson Ramasou Rämésou Duel : | N. V. Ac. : Rama Ramèë Ramë I. D. Ab. : Ramäbyam Ramäbyam Ramäbyäm Gen. Loc. : Ramayôs Ramayôs Ramayôs
On remarquera que le sanscrit a, de plus que les langues latines et grecques, les deux cas nommés
instrumental et locatif.
L'instrumental indique que l'objet joue le rôle
d'instrument.
Ex. : Il le blessa d’un coup de poignard, instrumen-
tal. Le locatif détermine le lieu ou la partie.
œ " LES TRADITIONS
: Ile blessa d’un coup de poi ignard au bras, lo- Ey
Nous avons dit que chaque mot possède une forme absolue, appelée thème. C’est d’après les terminaisons de cette forme que l’on peut ramener à six classes toutes les déclinaisons sanscrites.
La première classe comprend tous les thèmes qu se terminent en a bref et en à long.
La seconde, tous ceux qui se terminent eniet en ou.
La troisième, tous ceux qui se terminent en î long et en où long.
La quatrième, ceux qui se terminent enreetenle.
La cinquième, ceux en æ, Ô et æœo.
La sixième, tous les thèmes qui finissent par une consonne.
‘Il y a trois sortes de. thèmes, les thèmes simples, comme yut, combat; les thèmes doubles, comme tudant et tudot, frappant ; les thèmes triples, comme pratyanc’-pratyac’ et pratic’, occidental. Ils se déclinent d'après des règles d’euphonie spéciales que nous n'avons pas à étudier ici, ce serait tomber dans les règles détaillées de la grammaire.
Le verbe n'est qu’une racine qui, par le moyen de suffixes ou de flexions, ajoute à son sens spécial l'idée d'existence ou d'action.
Le verbe sanscrit a trois voix :
‘ La voix active,
La voix moyenne,
Et la voix passive,
La forme active est ou transitive ou neutre, mas jamais passive. |
La forme moyenne, plus communément transitive ou neutre, prête une partie de ses temps au passif et a quelquefois un sens réfléchi.
La forme passive exprime uniquement le passif, sans exception à cette règle. |
Rarement, les formes active et moyenne sont en usage pour le même verbe, car elles ont à peu près la même signification.
Comme en grec et en latin, tous les verbes actifs gouvernent l’accusatif; les autres verbes gouvernent des cas différents, suivant le sens logique de la manière d’être qu'il indiquent.
Le verbe sanscrit a trois nombres, trois personnes et neuf temps. EN
Il possède trois modes, l’indicalif que l’on trouve à tous les temps, l'impératif à un seul, et l’optatif, qui est à peu près le même que le subjonctif latin.
L'infinitif, le participe et le gérondit sont de véritables noms déclinables. oo
I n’y a, à proprement parler, « en sanscrif, qu’ une seule conjugaison. |
Nous n’entrerons pasici dans l'analyse des flexions ou terminaisons verbales, ni dans l’étude de la formation des temps, ce serait, nous l’avons déjà dit, tomber dans l’examen des choses de pure grammaire, et nous désirons nous en tenir aux grandes lignes, aux principes généraux applicables à toutes les langues indo-européennes. |
Si nous nous sommes occupé avec plus de détail des flexions, des suffixes et et des préfixes, c’est que ces formes jouent dans la formation des mots un rôle des plus importants, non-seulement en sanscrit, mais dans tous les dérivés de cette langue mère, et que l’on peut presque affirmer que toutes ces formes, comme celles de la racine indo-européenne, peuvent être ramenées à un type commun.
Ex. : En sanscrit, mati, la pensée ; en grec päri (métis).
Radical sanscrit, ma.
Radical grec, mé.
Sufxe sanscrit, ti.
Suffixe grec, tis.
Autre ex.: en sanscrit, vamatu, vomissements
(prononcez vamatous) ; en latin, vomitus (prononcez vomitous).
Radical sanscrit, vam.
Radical latin, vom.
Suffixe sanscrit, tu.
Suffixe latin, tu. :
Il est inutile d'insister, de pareils faits linguistiques peuvent se passer de commentaires.
Le sanscrit possède ces parties invariables du discours qu'on appelle prépositions, adverbes, conjonctions et interjections.
Les prépositions n'existent qu'en petit nombre, l'instrumental et le locatif des déclinaisons sanscrites étant destinés à rendre les rapports qu’elles expriment. Aussi peut-on affirmer que les neuf ou dix prépositions que l’on relève en sanscrit ne sont que des préfixes qu’on s’est habitué, par l’usage, à séparer du mot. Elles gouvernent, en général, soit l’accusatif, soit l’ablatif.
Une de ces prépositions, pacya, voici, n’est que l'impératif de pac, voir, pac-ya, vois-ici. De même qu'en français voici, n’est que l'abréviation de vois-ici.
Adverbes et conjonctions se distinguent peu en sanscrit.
Les grammairiens indous les rangent dans Îa même classe, et remarquant que leurs terminaisons indiquent des cas parfaitement déterminés ; ils les regardent comme d’anciens noms et adjectifs qui, autrefois, se déclinaient, et que l'habitude a immo-
bilisés dans un cas spécial, nominatif, accusatif, ablatif, etc..., de la déclinaison,
Comrae dans toutes les langues, ses dérivés, le
sanscrit, par l'interjection, exprime la plainte, l’étonnement, la.colère, la douleur, la joie, l’horreur, l’encouragement ou l’appel. Le sens de l’interjection sanscrite est assez vague, ce qui fait que toutes les formes de cette classe s’emploient assez facilement les unes pour les autres.
. Après cet examen rapide de la formation des mots et de leur dérivation, il ne nous reste que fort peu de chose à dire de leur règle d'emploi dans le discours, autrement dit de la syntaxe sanscrite qui, si on èn excepte deux ou trois règles spéciales, s’est conservée tout entière dans les syntaxes grecques et latines issues d’elle.
L'illustre Bopp, qui n’a mis de syntaxe ni dans sa grammaire sanscrite-allemande, ni dans l'édition latine de cette grammaire, en donnait les raisons en ces termes :
«.…. Si lon ne veut pas répéter les principes qui appartiennent à la grammaire générale, ou les choses qui pourraient figurer à aussi bon droit dans le rudiment de toute autre langue de la même famille, « la famille indo-européenne, » il est facile d’exécuter en bien peu de paragraphes une syntaxe sans-
INDO-EUROPÉENNES ET AFRICAINES. Lcrite….. à af 1l ajoute : « sanscrita lingua locupletissimæ et perfectissimæ suæ grammaticæ raro DLL greditur fines a natura constitutos. »
. Ainsi, d’après l'élément indianiste,la syntaxe sanscrite renferme tous les principes qui appartiennent à la grammaire générale du groupe des langues indo-européennes. Et comme tous ces principes que l'on retrouve en sanscrit, n’ont pas passé dans leur ensemble dans chaque langue indo-européenne qui n'en a conservé que ce qui convenait à son caractère spécial, à son génie transformé sur un sol nouveau et par une civilisation différente, il suit de là « ce que nous avons voulu prouver dès le début de ce livre » que le sanscrit renfermant tous ces principes communs est bien le type primitif, le type commun de toutes les langues indo-européennes.
Nous pouvons ajouter que cette preuve ressort d’une manière aussi évidente de notre examen des cinq éléments auxquels peuvent toujours se ramener tous les mots sanscrits même les plus complexes :
La racine, La flexion, Le suffixe, Le préfixe, L'accord euphonique.
Sur le même sujet, MM. E. Burnouf et Leupol, dans la préface de leur remarquable méthode sanscrite, se sont exprimés ainsi :
« On remarquera, dans notre grammaire, le peu d’étendue d’un chapitre qui fait partie intégrante des méthodes latines et grecques, c'est le chapitre ou le livre de la syntaxe. Une telle réduction de notre part n’a pas eu lieu sans de graves motifs. Comme on pourra s’en convaincre par la lecture des auteurs, le sanscrit ne renferme qu’un très-petit nombre de règles d'accord et de régime qui n'aient pas leur équivalent dans nos langues classiques. »
Il ne nous reste plus en manière de conclusion, qu'à nous demander si ce n’est pas à juste titre que nous avons repoussé l'inutile exhumation d'une langue inconnue, dont il ne reste aucun vestige, qui n’est qu'une pure hypothèse linguistique, et qu'on voudrait nous donner comme l'ancêtre du sanscrit, et le type commun du langage indo-européen.
Nous ne prétendons pas, qu’on retienne bien ce fait, que le sanscrit n’ait pas eu d’ancêtre... Nous disons simplement que cela nous importe peu en présence de ces trois faits indiscutables.
1° Que l'ancêtre, s’il a existé, a disparu sans lais-
ser aucun monument, aucun vestige si faible qu'il soit.
2° Que toutes les formes prétendues primitives, relevées par les partisans de ce système, ne sont que des formes sanscrites, dont les unes n’ont jamais cessé d'exister, dont les autres n’ont subi que des modifications d’euphonie.
(C'est ainsi que la forme aiti, qui se change en êti, que M. Hovelacque donne comme une forme de cette langue perdue, n’est, n’en déplaise à tous les linguistes franco-allemands qu’une forme absolument sanscrite soumise à la règle générale d’euphonie, ê pour ai, êti pour aiti. Le tort des linguistes de cette école est de raisonner sur le sanscrit classique, sans vouloir tenir compte de la marche de cette langue de l'enfance à l’âge mûr, du monosyllabisme et de l’agglutination à la flexion.
Toutes les formes simples qui appartiennent à l’enfance du sanscrit et que l'usage, le progrès, des règles nouvelles, l’euphonie, ont plus ou moins modifiées, sont attribuées par eux à
zu . . LES TRADITIONS
cette langue inconnue qu’ils ont fait surgir de l’exégèse linguistique. Voilà tout le procédé.)
3° Que le sanscrit possède seul, dans lur universalité, tous les principes de la grammaire générale du parler indo-européen..
Nous poserons de plus cette question :
Comment pourrait-il se faire qu’une langue, aussi importante que celle qui aurait donné naissance au sanscrit et à tous les groupes indous, anciens et modernes, de cette famille, au groupe des langues iraniennes, aux groupes celtiques, grecs, latins, germaniques, slaves et scandinaves, n'aurait laissé aucune trace de son existence?
Si toutes ces langues ne sont point des dérivés du sanscrit, mais des dérivés de ce prétendu tndo-européen commun d'invention moderne, si elles sont sœurs et non filles du sanscrit, tout cet ensemble gigantesque de traditions primitives, qui a couvert l'Asie et l’Europe, a forcément son origine dans la période de civilisation, où toutes les tribus qui ont émigré dans les deux mondes parlaient encore cet indo-européen commun, et dès lors comment s’imaginer que la langue d’une civilisation aussi gigantesque d’où sont sortis le monde ancien et le monde
INDO-EUROPÉENNES ET AFRICAINES. po]
moderne; se soit éteint comme le vulgairé idiome d’une peuplade disparue ?
Nous ne saurions trop le répéter : à quoi bon chercher dans la nuit des âges disparus, le lien des langues indo-européennes, puisque nous avons le sanscrit, qui, comme langue, renferme en lui tous les principes généraux et toutes les formes communes, et comme littérature nous offre le monument le plus imposant qu'ait produit l'esprit humain, monument dans lequel, selon l'expression de MM. Max Grazia et J. David : « Tout se trouve, depuis les premières formules religieuses , jusqu'aux premières évolutions des sciences, des lettres et des arts... » :
Presque tous les principes de droit civil du vieux Manou ont passé en entier dans le droit de Rome, et dans les codes modernes conservés par la coutume... Sa cosmogonie a inspiré toutes les cosmogonies religieuses.
Une langue ne meurt pas avec une pareille richesse de production, aussi l’indo-européen commun n'a-t-il pas disparu.
L’indo-européen commun à tous les points de vue linguistiques, historiques et ethnographiques, est le sanscril !
Tout autre système, isolé de l’histoire, de l’ethnographie, et de la linguistique positive, reposant
sur des faits certains, n’est plus qu’une collection de réveries hypothétiques.
Le savant Max Muller, professeur à l’Université d'Oxford, n’a pas assez oublié son origine germanique, pour se séparer de la pure école allemande sur le terrain des Aryas de l’Oxus, et de la langue disparue qui aurait donné naissance à tous les idiomes indo-européens, y compris le sanscrit. Mais ses raisons quoique fort spécieuses en apparence, ne reposent, comme celles que nous avons déjà examinées, que sur de pures hypothèses, et la même confusion entre les formes du sanscrit primitif, du sanscrit dans ses diverses périodes de formation et celles du sanscrit classique.
Nous aimons peu à exposer nous-mêmes les opinions de nos adversaires; il est rare que dans cette forme d’argumentation, on ne se laisse pas aller, sans s'en rendre compte, à affaiblir par des nuances l'idée que l’on veut combattre, aussi allons-nous procéder selon notre habitude par citation.
Max Muller s'exprime ainsi:
« On ne peut pas dire que nous ne savons absolument rien de l’époque pendant laquelle les nations aryennes (toujours les Aryas, dont l'existence, nonseulement au point de vue scientifique n’est pas démontrée, mais contre laquelle protestent toutes
les traditions de l’Indoustan), encore non divisées en peuples divers, formèrentleursmythes. Quand même nous ne connaîtrions que les traditions de la Grèce, si obscures quand on les envisage isolément, nous pourrions en tirer bien des inductions sur l’époque qui précéda la première apparition de la littérature nationale en Grèce. La philologiecomparéearamené toute cette période dans la sphère de l’histoire positive. Elle a mis en nos mains un télescope d’une telle puissance, que là où nous n’apercevions auparavant que des nuages confus, nous découvrons maintenant des formes et des contours distincts. Bien plus, elle nous à fait entendre, si l’on peut ainsiparler, des témoignages contemporains de ces lointaines époques ; elle nous a représenté l’état dela pensée, du langage, de la religion et dela civilisation à une époque où le sanscrit et le grec n’existaient pas encore, mais où tous deux, ainsi que le latin, l'allemand et les autres diaiectes aryens, étaient contenus dans une langue commune, de même que le français, l'italien et l’espagnol ont été d’abord virtuellement renfermés dans le latin.
« Ceci réclame une courte explication. Quand même nous ne saurions rien de l'existence du latin, quand même tous les documents historiques antérieurs au xv* siècle auraient été perdus et que la tradition ne nous eût pas appris l’existence d'un
empire romain, une simple comparaison des six dialectes romans nous permettrait de dire qu'à une certaine époque, il dut y avoir une langue d’où tous ces dialectes modernes tirèrent leur origine: sans cette supposition, en effet, il serait impossible d'expliquer les analogies que présentent ces dialectes. En examinant le verbe auxiliaire, nous trouvons :