‹ Études indianistes (volume 2)Chapitre 15 sur 134 · LE ZEND · texte numérisé non relu

LE ZEND

Le zend{est une des langues les plus anciennes de la haute Asie. Il se parlait dans les contrées de l'est de l'Iran, limitées, d’après Eugène Burnouf, au nord par la Sogdiane, au nord-ouest par l'Hyrcanie, au sud par l’Arachosie. C'est à deux Français que le monde savant doit l’exhumation de cette langue de Zoroastre que bien peu de prêtres parsis peuvent comprendre aujourd'hui, bien qu'ils s’en servent dans leurs cérémonies religieuses. Le premier est Anquetil Duperron, frère de l'historien. Un goût naturel l'avait poussé vers l'étude de l’hébreu, de l'arabe et du persan, lorsqu'un jour, entrainé par le désir d'étudier les mystérieuses civilisations de l'Extrême-Orient, il s'engagea comme soldat dans un régiment qui partait pour Pondichéry ; s'étant fait Ilibérer, il se dirigea sur la côte Malabare où,

s'étant lié avec les Guèbres, il apprit d'eux le zend et le pehlvi, et publia à sa rentrée en Europe une traduction du Zend-Avesta et une version persane abrégée des Védas; il avait rapporté également une grande quantité de manuscrits qu’il donna généreusement à la bibliothèque royale. La continuation de son œuvre est due à Eugène Burnouf, ce philologue de génie, qui appliqua à l'étude des langues disparues cette saine et sévère méthode scientifique, entrevue déjà par Volney et d’où est sortie la linguistique moderne.

En pillant, sans crier gare, l'héritage de ces trois hommes, Volney, Anquetil Duperron et Eugène Burnouf, les Allemands prétendent avoir posé les véritables bases de la philologie comparée.

11 est hors de doute que le zend fut le langage sacré de l'Iran; employé dans les hymnes, la poésie lyrique et les hautes sciences, il n’a dù être parlé que par les classes élevées.

Sa parenté avec le sanscrit est indiscutable, bien que son écriture alphabétique paraisse être d'origine sémitique.

Disons, en terminant, que le nom de Zend, appliqué à cette langue, est impropre quoique consacré par l'usage, c'est le nom du grand ouvrage religieux des Parses, le Zend-Avesta, et non celui que devait porter le langage dans lequel il a été écrit.

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