E. Burnouf et Leupol
participes présents. Ex. : surp-a (le rampant), serpent. 3° des noms abstraits masculins et autres. Ex. : rog-a, maladie. 4° des noms collectifs : dw-a, une troupe de cheveaux. 5° des noms patronymiques. Ex. :
vœvaswat-a, le fils de Vivasiwat.
À long — forme 4° des noms féminins abstraits ou des noms communs. Ex. : zud-d, la faim; dar-d, la terre.
AKA — forme 4° des noms d’agents masculins, nartaka, danseur. 2° des noms collectifs : asswaka, cavalerie. 3° des adjectifs. Ex. : sddaka, utile.
AN — forme diverses espèces de noms. Ex. : raj-
__ an, roi.
ANA — forme 1° des noms neutres souvent abstraits. Ex. : buv-ana, le monde; vaé-ana, discours, etc. 2° des noms d'agent. Ex. : bavana, auteur.
ANTA — forme, avec le suffixe ay, des verbes et adjectifs doublement dérivés ; ainsi, nand, se réjouir; nand-ay, réjouir ; nand-ay-anire, réjouissant.
AS — forme des substantifs neutres. Ex. : vae-as, parole.
ATOU — forme quelques substantifs abstraits masculins. Ex. : vêép-atou, tremblement.
AY — forme une classe nombreuse de verbes. Ex. : dic, montrer; dic-ay, ami, faire montrer, CC 5e |
CAS — forme des adverbes de nombre. Ex. : dka-ças, un à un ; Ççata-ças, cent pour cent.
DA — forme des adverbes de durée, sa-dd, toujours.
EYA — forme 4° des noms et des adjectifs exprimant l’origine Atr-eya d'atri, mdh-éya, fait de terre. 2 quelques noms abstraits. Ex. :
j'nat-éya, parenté.
1 — forme 4° quelques substantifs exprimant l’action. Ex.: bod-i, la connaissance. 2° quelques noms d’agents avec syllable redoublée.
Ex : c'akri, qui fait; et quelques adjectifs composés d’un usage assez rare.
I — forme des noms féminins exprimant un acte commun ou réciproque. Ex.: vyd kroç-f, cri réciproque.
IKA — forme 4° des adjectifs dont le féminin se termine ent. Ex. : darmka, légal; 2° des noms neutres collectifs. Ex. : kædar-1ka, une foule de champs. |
IMAN — forme quelques mots abstraits. Ex. : rj-iman, droiture.
IN — forme un grand nombre de mots exprimant la possession. Ex. : dan-ix, riche; kéç-in, chevelu, etc.
b6 LES TRADITIONS
INA — forme 4° des adjectifs qualificatifs comme kul-ina, noble : 2° des noms neutres. Ex. :
tælna, champ de sésame.
ITA — forme des adjectifs de possession. Ex. : p’alfla, qui a des fruits. |
INA — avec initial bref, même emploi. Ex. : rat-ina, qui a un char.
IYA — forme des noms de parenté. Ex. : swasr-iya, fils de la sœur, et des adjectifs; comme dçw-iya, de cheval.
MA — forme ordinairement les adjectifs de nombre; | il en forme aussi quelques autres à titre d'exception. Ex. : soumadya-ma, à la belle taillé. Quelques noms également lui doivent leur dérivation ; comme b’d-ma, le soleil.
MAN — forme des adjectifs et des substantifs. Ex. : nd-man, nom (c’est le suflixe men des la-
tins, no-men, nom), jan-man, naissance.
MAYA — forme des adjectifs exprimant la matière, la nature ou l’origine d’une chose. Ex. :
ayas-maya, de fer.
NA — est la forme du participe passé passif, il forme en outre quelques adjectifs et quelquessubstantifs : poura-na, antique ; stap-na, sommeil.
NOU — forme quelques adjectifs qualificatifs. Ex. : tras-n0y, timide.
S et IS — forment les verbes de désir : toud, frapper: toulout-s-ami, toutoutsami, frapper ; ces verbes ont presque toujours le redoublement initial. Ound, être mouillé ; oundidts-dmi, oundidisàmi, je désire être mouillé.
Ce suffixe is, précédé du suffixe ay, produit des verbes doublement dérivés. Ex. : driç, voir; didarç-ay-isc-âmi, didarçayisàmi, je désire faire voir.
SAT — forme oblative, engendre certains cine indiquant l’état d’une chose. Ex. : b’asmasdt, en cendres.
SNOU et SCNOU — forment des adjectifs et des noms d'agents. Ex. : scfa-snou, stable ; ji-snou, victorieux.
TAT avec S euphonique — forme des adverbes de lieu : oupari-sc-tât, en haut, au-dessus.
SYA — - ne forme que Manou-sya, fils de Manou, homme.
TA et TWA — forment un ni nombre de noms abstraits. Ex. : bahou-td, multitude; sat-twa,
| chasteté, les mots en tà sont féminins, ceux en twa sont neutres.
TANA — forme des adjectifs dérivés des adverbes de temps : cwas-tana, de demain (latin, crastinus) : hyas-tana, d’hier (latin, hes-ternus).
TAS — forme des adverbes ayant le sens de l’obla-
tif ou du locatif : dorma-tos, justement ; ttos, d'ici. n
TAYA — forme des collectifs neutres, dérivés de noms de nombre : tri, trois ; tri-loya, triade. |
TI — forme un grand nombre de noms abstraits féminins. Ex. : bou-ti, existence; cak-ti, la force; ma-ti, la pensée.
TRI — forme une foule de noms d’agents. Ex. : datri, donneur (latin, da-tor) ; pitri, père, latri, mère (latin, ma-ter).
TRA — forme 1° des adverbes de lieu : kow-tra ou ta-tra, ici ; anya-tra, ailleurs ; et'2° quelques adjectifs comme pari-tra, pur.
TOU — suffixe du gérondif et de l’infinitif, forme queiques mots comme ga-tou, voyageur.
TAM et TA — forment en s’unissant aux pronoms des adverbes de manière : ka-tam, comment ; {a-cta, ainsi.
OÙ — forme une dose nombreuse d’adjectifs de désir. Ex. : cikirs-ou, qui désire faire ; pipds-ou, qui désire boire. Il forme aussi quelques substantifs et adjectifs modificatifs: tan-ou, mince (latin, tenuis) ; vdy-ou, le vent.
OUKA — forme quelques adjectifssupérieurs, comme hdm-ouka, désireux.
OURA — forme quelques adjectifs de possession : dant-oura, qui a une grande dent.
OUS — forme quelques noms neutres: vap-ous, corps.
VARA — forme un petit nombre d'adjectifs et de noms d'agents. — Ex. : gafwana, et par euphonie gat-ouara, mouvant; iç-vara, et par euphonie ; iç-ouara, prince.
VAN et VAT — s’emploient dans les mêmes cas que le suffixe IN dont nous avons parlé plus haut. VAT forme en outre des adverbes de comparaison. Ex. : sinha-vat, comme un lion.
Y-AY-SY-ASY, — en s’unissant aux racines nominales, forment des verbes nominaux. Ex.:
Patni, épouse; patni-y-ami, patniyami, je désire pour épouse.
Parfois ces verbes sont neutres : sinha-y-dmi, sinhayämi, je deviens comme un lion.
YA — forme 4° comme le suffixe À des noms patronymiques. Ex. — Mdnac-ya, fils de Manou; 2° des noms abstraits neutres : sab-ya, la vérité; 3° des collectifs : kæg-ya, la chevelure: 4° les qualificatifs : dan-ya, riche; 5° et divers substantifs : rat-ya, cheval, dé-
troit.
YA — forme féminine de YA forme des noms abs- : traits féminins : vid-yd, science ; md-yd, magie, illusion.
Tels sont les principaux suffixes sanscrits, que les grammairiens indous avaient dégagés de leurs mots et classés, des siècles avant que les Européens eussent songé aux premiers principes de la grammaire générale. Sur ce terrain, les linguistes indous nous en ont plus appris que la science moderne ne consent à l'avouer.
L'étude de ses suffixes est d’une réelle importance, car, comme on peut s’en assurer par le plus simple travail de comparaison, ces formes ont presque passé toutes dans le latin et le grec et se retrouvent avec quelques modifications dans la plupart des langues indo-européennes.
Ex. : sanscrit : suffixe atou — vam-atou, vomissement.
Ex. : latin : suffixe tous — vomi-tus, ou mieux vomi-tous, comme prononçaient les anciens latins.
Ex. : sanscrit : suffixe tr — pi-tr, père. .
Ex. : grec : suffixe ter — pa-ter, père.
Ex. : allemand : suffixe thr — fa-thr, père.
Ex. : anglais : suffixe ther — fa-ther, père.
Ex. : latin : suffixe ter — pater, père, etc.
I nous suffit d'indiquer de pareils rapprochements pour faire comprendre l'intérêt que présente l'étude approfondie de ces formes.
Les préfixes se placent devant la racine, ils modifient, précisent, restreignent lasignification du mot, mais sans avoir, comme les suffires, une influence sur la classe dans laquelle le mot doit être rangé.
Le nombre des préfires sanscrits est très-restreint. Voici la liste de ces préfixes avec leur descendance grecque et latine.
A et AN privatifs : a-kdma, malgré soi; an-anta, sans fin. Grec & et av (a et an) privatifs, latin in, invitus.
A — vers — exprime l’adjonction : d-gam, aller vers. Grec & (à) idée d’adjonction. «-xokouboç (akoloutos, compagnon.
ABI — vers : abi-gam, aller vers.
ADI — sur : adi-ci, étendu sur.
ANTAR — entre, parmi, au dedans : antar-ixa, l’air transparent. Latin, inter.
ANOU — après : anou-gam, suivre.
APA — de, séparément : apa-kram, s’en aller. Grec «ro (apo), latin ab.
API — sur : api-dàdadämi, je place dessus. Grec èxi (épi).
ATI — au delà : ati-kram, aller au delà.
AVA — de haut en bas : ava-tara, descente.
DUR et DUS — mol : dour-mati, stupide; dous-tara, difficile. Grec d6$ (dus, prononciation dous).
NI — de haut en bas, séparation : ni-pal, tomber.
NIS-NIR — de, hors de : nir-gam, sortir.
PARA — à rebours, en retour, en sens opposé : parà-jaya, défaite. Grec xapd (para).
PARI — autour : pari-yam, aller autour. Grec mepi (peri). | |
PRA — en avant : pra-bû, commander. Grec mpo (pro), latin præ, pro.
PRATI — à, vers, vis-ä-vis, contre : prati-pad, aller vers. Gr.-Éolien port (proti), grec pos (pros).
SAM — avec : sam-iti, réunion. Grec ouv (sun), latin cum.
SU — bien : su-varna, or. Grec & (eu).
UPA — vers : upa-gam, aller vers. Grec uxo (upo), latin sub.
UT — en haut : ut-pat, sauter.
VAHIR — marque la séparation vaki-skrita, privé de.
VI — particule de séparation vi-yuj, disjoindre.
Par l'étude de ces préfixes, comme par ceux des suffixes, on peut voir que le sanscrit est assez riche pour avoir doté sa nombreuse postérité de langues indo-européennes, et qu'il n’est nul besoin d’imagiper une langue inconnue dont on ne possède pas même une inscription, pour en faire l’indo-européen commun.
L'euphonie a lieu ordinairement en sanscrit par
élision, nous en avons donné plus haut quelques exemples, mais lorsque ces règles ne peuvent s’appliquer, on procède par l’intercalation d’une lettre destinée à unir entre eux les éléments du mot.
Ainsi ràj, roi, et sya, qui est la flexion indiquant le génitif singulier, ne s’écrira pas rdjsya, mais, pour pour l’euphonie du mot, raj-a-sya, rajasya, du roi; a est ici une simple lettre d'accord.
Maintenant que nous avons vu à l’aide de quels éléments se formaient les mots, nous pouvons les suivre dans leurs diverses transformations. Les mots sont, en sanscrit, substantifs, adjectifs, pronoms, verbes, participes, infinitifs, gérondifs, prépositions et adverbes.
Dans une grammaire d’un des idiomes indo-européens, une pareille constatation n’ofire rien d’extraordinaire, mais on changera d’opinion si l’on veut bien se rappeler que le sanscrit, souche des langues indo-européennes, n’a rien emprunté à d’autres idiomes, et est arrivé à la création de ces divisions logiques par ses seules forces de transformation.
Diviser ses mots en substantifs, adjectifs, pronoms, verbes, etc., n’est pas un phénomène extraordinaire pour un dérivé qui suit une marche tracée par son ancêtre; mais c’est toute autre chose quand il s'agit de la langue mère, qui a eu à supporter tout l'effort de la création de ces formes spéciales.
Le sanscrit possède trois nombres : le singulier, le duel, le pluriel, et trois genres : le masculin, le féminin, le neutre.
Les mots sont modifiés dans leur manière d’être par la déclinaison qui n’est autrechose que la flexion réglementée.
Le lecteur connaît déjà, par le grec, le latin ou l'allemand, ces tableaux qui font passer par toutes leurs flexions casuelles les mots déclinables : aussi nous bornerons-nous à en donner un seul exemple
Les mots sanscrits ont tous une forme absolue qui n'appartient à aucun cas, et qu'on peut distinguer sous le nom de thème :
RAMA, charmant.