‹ Études indianistesChapitre 118 sur 122 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Pendant qn'Iodah et Skandah s'échappaient par le nord, et que les armées brahmaniques s'égaraient à leur poursuite, Hara-Kala, fils de l'artaschetria Agastya, soutenu par un parti puissant, se déclara indépendant dans le Goa^ roudésa qu'il gouvernait, et pendant plus de dix ans, lutta avec avantage contre toutes les forces envoyées contre lui« Trahi par ses principaux alliés, obligé de plier sous le nombre, il se réfugia, avec ceux de ses compagnons qui lui étaient restés fidèles, dans TAsie occidentale entre Tlndus et l'Euphrate, ainsi que le fait supposer le nom samscrit de Madya-potama (entre les fleuves) i, donné par le Puratana- Sastra, à la terre sur laquelle Hara-Kala fut s'établir. Il prit le titre indou d'artaxchatria (grand roi) de l'Arie (Perse)» de la caste des aryas. Traduisez par: Hara-Kala artaxerxès (grand roi) de la Perse, de la famille des Darioi, et vous aurez le chef de cette suite de rois de Perse qui portèrent tous le nom de caste de darios, et suivant que leur pouvoir fut plus ou moins contesté, les titres d*trtaxerxés ou de xerxés (grands rois ou simplement rois), en samscrit artaxehatriat et sckatriat,

La légende et la poésie prêtent à ce prince, pendant la temps qu'il tint en échec toutes les forces brahmaniques, de mervoiUeux exploits, tantôt ce sont des armées entières qu'il défait avec une poignée d'hommes; tantôt, dans les rares loisirs que lui laisse la guerre, il purge ses états des lions,

â. La Métopotainie.

l'indb BRAHMANIQUS 8T botalb. S2è

neiplAlBf tigres monstrtieax, hydres à deux tètes, sangliers «t antres animaux qui les infestaient, et tue en combats singuliers les géants, cydopes, brigands, monstres et demidieux que les brabmes suscitaient contre lui.

Le fait le plus merveilleux que la tradition lui attribue «st d'être descendu aux enfers, enlever à Yama, roi des sombres demeures, son ami Thasaa (en samscrit, VosmocU), le compagnon de tous ses travaux, de toutes ses luttes, qui avait été tué par un Javelot et qu'il ramena à la lumière du jour... C'est Hercule allant demander Thésée à Pluton.

Qui ne voit qu'Hara-Kala (le héros des combats) et Thasaa (l'associé), furent les deux chefs de cette émigration indoua qui s'en fut coloniser la Perse, rAsie-Biineure et plus tard la Grèce» et dont les rapsodes de ces deux pays ont im* UKMrtalisé les exploits légendaires. Ârtaxerxès en Perse, Hara-Kala, c'est-à-dire Hercule, devint dieu en Grèce. Les temps fabuleux et héroïques de l'antiquité tout entière, ne sont que des souvenirs poétiques de la vieille terre indoue«

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lf4NO0 (te aéfkUiior). ^ RAHOl-lfANTA. . ( q«i Ghâlb U oém).

Ceci nr'âsi qu'un épisode, on laii parlicoL'ttr d'Jiittoire qui n'a pas l'impartanos de ceux que je viens de citer, au point de vue de Téiode des révoIutioDS religieuses «t poliliques de i'Inde. Il n*e$i point la iâte de ligne d'une époque iadiquaAi «MM U fermé iffwMigm de ïincamalio^ un grand diang»* ment politique ou social, il n'est pas non plus le point de départ d'une de ces grandes émigrations dont Thistoire de lliumànité a gardé le souvenir et recherche les traces; mais il est une des traditions légendaires de la mére-patrie, conservée sur le sol conquis par les émigrants, comme un signe d'origine.

C'est une des innombrables preuves de la filiation indoue des Grecs, à ce titre le lecteur me saura gré d'interrompre un instant la revue générale des incarnations et émigrations brahmaniques pour la lui signaler.

E^raiU du Puratana-^oitra (Récits antiques).

c Mithra, qui régnait en Mitila, ayant voulu sur la fin de sa vie, remettre le pouvoir à l'un de ses fils, pour se livrer aux austérités les plus méritoires, en demanda l'autorisation à l'artaxchatria Hastina qui, ayant consulté le brahmatma, répondit : c — Que les trois fils de Mithra gouvernent ensemble Mitila jusqu'à la mort de leur père; quand ils auront accompli les cérémonies funéraires sur sa tombe, le titre de

L'INDE BEAiiMAJIXOUIS Ef aOYALB. SU

) 3Iiti]A«aBa4ûaiié au plus âÈgmt. p «- iLimi ait ÎÊii^ «tBOM la f oiivera«tteiit4e8 iroi« piinces, U movlM» de Mitila jouit pendant plusieurs annéeà d'uae ttmnquiUîbé et-d'jHiA prùs^rïXé sans «xempk.

« Or, MiUuoa éUni venu à amnràr^ miad ^inll avait éié dil» 868 irais ûki^ajMnàs avoir aeconpli aar aa tiombê ks oôrémonies faaéraiMB prescritea, se rendireai an Coeala auprès da lartaxaàalria Haatina at du brahmatiaa YaTana-IUohi, et ayant caMpira éaTaai louta la eoièr et ies aaiaAa hra famaa assemblés, Tun d'eux prit la parole le premier et dit :

— c Je suis le 61s aine de Mithra, j'ai gouverné avec mes frères l'état de Mitila, et grâce à l'appui, aux sages conseils et aux bons exemptes qu'ils m'ont donnés, les peuples de Mitila m'ont appelé Manou (le législateur), i

Et un autre s'étant approché dit :

— • Je suis le second ûls de Mithra, j'ai gouverné avec mes frères l'état de Mitila, et, grâce à l'appui, aux sages conseils et aux bons exemples qu'ils m'ont donnés, les peuples de Mitila m'ont appelé Rahda-Manta (qui châtie le crime), i

Le dernier ayant parlé à son tour dit :

— t Je suis le troisième fils de Mithra, j'ai gouverné avec mes frères l'état de Milila, et grâce â l'appui, aux sages, conseils et aux bons exemples qu'ils m'ont donnés, les peuples de Mitila m'ont appelé Yama-Ahaka (juge sévère).

— c En entendant ces trois frères s'attribuant mutuellement tout le mérite des actes qui leur avaient valu le respect at la reconnaissance des peuples de Mitila, l'assemblée entière fut frappée d'un profond étonnement; et aux unanimes applaudissements de tous, Hastina et Yavana-Richi déclarèrent que les trois frères recevraient le titre de xchatria de Mitila, et que tous trois continueraient à gouverner cette province avec un pouvoir égal. Us se distinguèrent tellement par la sagesse, la justice et la modération de leurs actes,, qu'après leur mort ils furent élevés au rang des dieux, et eurent pour mission de peser dans la balance céleste les ac-^ tions bonnes ou mauvaises des hommes. •

Il est incontestable que cette croyance mythologique de

riQde a été transportée telle quelle en Grèce, et que Minoa» Rahdamante et Eaque ne sont antres que Manon, Rahdar Manta et Ahaka.

Ni l'histoire, ni la poésie, ni la littérature, ni la philosophie, ni les législations antiques ne sont nées sur le sol reatreint de la Grèce où nous les voyons apparaître. L'antiquitéi qui. envoyait constamment ses sages en Orient chercher les livres de la loi et les origines de toute science, savait bien quel était son berceau, et d'où lui venait la lunnière.

L*INDB BRAHIfANIQUB ET ROY\LB. 833

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