‹ Études indianistesChapitre 119 sur 122 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

aUATRIÂMB INCABNATION DE YI8CmfO0.

▲VA.TAR DB CHRISTMiL.

Quatre mille huit cents ans environ avant notre ère, l'enfant dont la naissance, suivant la légende de la Genèse indoue, avait été annoncée à Hèva par Brahma, vint au monde dans la petite ville de Madura, et reçut le nom de Christna (en samscrlt, sacré).

Cet enfant n'était autre que Vischnou incarné dans le sein delà vierge Devanaguy (en samscrit, formé par Dieu) pour racheter la faute originelle et ramener l'humanité dans les voies du bien.

Devanaguy, restée vierge quoique mère, car elle avait conçu sans avoir connu d'homme, obombrèe par les rayons de Vischnou, accoucha de Tenfant divin dans une tour où son oncle Kansa, tyran de Madura, l'avait fait enfermer, car il avait connu en songe que l'enfant qui naîtrait d'elle devait le détrôner,

La nuit de l'accouchement, au premier vagissement de Christna, un vent violent renversa les portes de la prison, tua les sentinelles, et Devanaguy fut conduite avec son ûls nouveau-né dans la maison du berger Nanda par un envoyé de Vischnou, qui mit ce dernier au courant du dépôt qu'il lui confiait.

En apprenant la délivrance de Devanaguy et sa fuite merveilleuse, le tyran Kansa, aveuglé par la fureur, et pour at-

teindre pins sûrement Ghristna, ordonna U massacre, dans Imit ses Étais, des enfants du sexe maseidin, nés la même nuit que celui qu'il voulait faire mourir,

Ghristna échappa par miracle, et toute son enfance s'écoula au milieu des dangers suscités par ceux qui avaient intérêt à sa mort; maiê il sortit ^ietorieux de toutes les embûches, de tous les pièges qu'on lui tendit.

Arrivé à âge d'homme, il s'entoura de quelques disciples' fervents, et se mit à prêcher une morale que l'Inde ne connaissait plus depuis la domination brahmanique; s'attaquant courageusement aux castes, il enseigna l'égalité de tous les hommes devant Dieu, et dévoila l'hypocrisie et le charlatanisme des prêtres. Il parcourut llnde entière, poursuivi par les brahmes et les rois, attirant à lui les peuples par le charme de sa personne, une éloquence douce, persuasive, imagée, et la sublimité de sa doctrine.

S'aider les uns les autres, protéger surtout la faiblesse, aimer son semblable comme soi-même, rendre le bien pour le mal, pratiquer l'aumône, toutes les vertus enfin que certaines gens croient nées d^hier, s'imaginant que le monds a commencé aoee êux, ont été enseignées aux peuples par Ghristna, dans l'extrême Orient, à une -époque ou la plupart des contrées européennes étaiant encore sous les eaux.

Un jour que Ghristna priait, adossé contre un arbre, une bande de sbires envoyés par les prêtres dont il avait dévoilé les vices, le perça de flèches et suspendit son corps aux branches, pour qu'il devint la proie des oiseaux iœ mondes.

La nouvelle de cette mort, étant parvenue aux oreilles d'Ardjouna, le plus cher des disciples de Ghristna, il accourut, avec une foule immense de peuple pour recueillir les restes sacrés. Mais le corps de Thomme Dieu avait disparu ; sans doute il avait regagné les célestes demeures, et l'arbre aux branches duquel il avait été suspendu, s'était subitement couvert de grandes fleurs rouges, et répandait aux alentours le plus suave des parfums.

Ghristna nvnir été surnommé lezeus (en samscrit, pare essence, éajanation divine) par ses disciples, un Jour qu'il

L'iNDB BRAHAiANIQUJi &T nOYAUS. 98&

ft'étaii montré à «ux, entouré de rayons liimineux, dans UwUt la splendeur de la majesté divine.

Telle est en quelques mots cette célèbre IneamatiDn de lexeua Chrietna, dont noua avons suffisamment earaetérisé rœuvredans notre précédent ouvrage, U Bible dmu Vimk, pour n'avoir pas àUétudier ici de nouveau.: ausei bien n'avens-naue oonsacré ces quelques lignée au grand novateur iodou c|iie pour rappeler les traits principaux de sa vie, et dans cette revue du passé, bien marquer la. place de cet komme, la plua grande figure religieuse de rhumanité, Uoeuvce de Christaa souffla sur le monde brahmanique qui marchait de révolution en révolution au règne pur de la. force, un parfum de philosophie et de spiritualisme, qui eut pour résultat d'adoucir les mœurs en élevant les idées ;. les luttes iniérieures s'arrêtent comme par enchantement» et si TaoïbitioB continue à susciter des querelles entre prinee% du moine n'assiste-t-on plus, à ces épouvantables hécatombee qui se terminstient d'osdinaire par la luite de plusieurs millions 4'hommes obligés d'aller demander à des contrées inconnues^ nn asile pour leurs femmes, leurs enfants, les statues de leurs dieux, et les urnes funéraires des ancêtres.

Les brahmes qui avaient fait assassiner Christna, furent les premiers à subir son influence; soit habileté, soit conviction, ils l'acceptèrent comme la grande incarnation de Vischnou, promise par Brahma au premier homme, et placèrent sa statue dans tous les temples.

Les castes inférieures, comme toujours, ne profitèrent pas de cette révolution qui avait été faite pour elles, mais elles en reçurent avec le temps quel(|ues adoucissements à leur misérable situation : ce n'est jamais en vain qu'un homme passe au milieu des esclaves, des opprimés et des faibles en laissant tomber des paroles d'égalité et de liberté.

Après l'avènement de Ghristna, les brahmes furent peu à peu dépouillés de leur autorité politique, par les rois qu'ils avaient si longtemps tenus en tutelle, et Prithou ayant réuni toutes les contrées de llnde sous son sceptre, commença la célèbre dynastie de Soma-Vansa dont les princes régnèrent sans conteste pendant plusieurs milliers d'années. Mais la

pertûdu pouvoir ne diminua en rien le prestige religieux des brahmes, qui continuèrent à dominer le peuple par le charlatanisme et le mensonge.

Ghristna a laissé dans llnde et dans tout TOrien^ une trace profonde, sensible encore, bien qu'elle soit vieille de plus de six mille ans. Les initiés du troisième degré, les brahmes savants et les punditsse sont rangés sous sa bannière, et n'ont Jamais admis d'autres incarnations divines, que celle du fils de la vierge Devanaguy.

La légende religieuse raconte par la voix de nombreux prophètes, que Ghristna doit revenir sur la terre à l'époque du nutha-prUaya (fin suprême de toutes choses), pour combatlre le prince des rakchasas (démon), qui sous les traits du cheval Kalki, viendra pulvériser le monde, et essayer de détruire le houtho ou germe universel de tout, qui retourne se féconder dans Tintelligence de Brahma pendant le chaos» au nuit de ammeil dé la divinité.

Ghristna, vainqueur de Kalki, anéantira tous les principes mauvais, sauvera le boutho, avec lequel au jour prodiain de Diêu, la création nouvelle s'effectuera, et, se réunissant à Brahma et à Siva, tous trois s'abtmeront dans le sein de Zeus ; la Trinité finira dans l'Unité.

l'indë brahmanique et royale. ^7

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