CHAPITRE VII
HIMOS m LA GRâOB
La preuve la plus irréfutable de Tinfluencc; de Tlnde sur la Orèce est dans ce fait, sur lequel nous nous sommes déjà fort longuement étendu, que le sanscrit a formé la langue de ce pays.
En effet, tous les noms des époques fabuleuses et héroïques des dieux et des demi-dieux, tous les noms des peuples que la Grèce nous a transmis sont du sanscrit presque pur ; on peut dire également que la plupart des mots qui composent cette langue et sa syntaxe ont la même origine» et cela sans craindre le plus léger démenti, et, si les discussions pouvaient se produire sur ce terrain, il nous serait facile de démontrer que cette assertion est simplement une vérité mathématique qui, comme telle, peut vigoureusement s'affirmer et se prouver. Aussi ne consacreronsnous que quelques lignes au législateur crétois, dont rœuvre écrite, du reste, ne nous est pas parvenue.
Minos a une origine incontestablement asiatique; Thistoîre grecque le fait venir de l'Orient en Crète, où le peuple, frappé de sa sagesse, lui demanda des lois. Il se mit alors à voyager en Egypte, dont il étudia les institutions; TAsie, la Perse et les rives de l'Indus le virent à leur tour interroger les traditions et les législations antiques, puis il revint donner aux Crétois son livre de la loi, qui, peu après, fut adopté par la Grèce entièr'ï.
Ce fut probablement à la suite de ses voyages qu'il regiit
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le nom de Minos, dont, ainsi que nous l'avons dit, la racine sanscrite signifie : législateur, et on conçoit qu'en présence ie ses pérégrinations en Egypte et en Asie, en présence de son origine orientale, nous nous trouvions à l'aise pour ie rapprocher de Manou et de Manôs, et émettre l'opinion, attestée par les faits, puisqu'il est remonté aux sources pri^ mitives pour s'instruire, qu'il s'est inspiré* des œuvres des législateurs indous et égyptiens, et qu'il a tenu à honneur de s'approprier le titre honoriique que la reconnaissance des peuples avait décerné à ses îl^\xx devanciers.
Nous ne saurions trop répéter que ces mots de Manou, Manès, Minos et Mosès ne sont point des substantifs propres, mais bien des titres qualificatifs portés par les législateurs antiques, de même que les rois de l'Inde portaient le titre de Tchatrias ou Xchatrias, ceux de Perse celui de Xercès, ceux d'Egypte celui de Pharaon.
Donc, nous contentant des preuves déjà données dans le premier chapitre de cet ouvrage, nous ne rechercherons pas si les fêtes grecques, les pythonisses et les mystères d'Eleusis, si habilement exploités par les prêtres, ne se rattachent pas, comme cela est notre ferme croyance, aux fétesy aux devadassis et aux mystères du brahmanisme; aussi bien la Grèce, qui subit à un si haut degré l'influence de la langue, de la philosophie et de la littérature indoue, se dégageant rapidement de son origine fabuleuse, eut vite fait de rire de son Olympe, des dieux débauchés d'une tradition superstitieuse, et, ainsi que nous l'avons vu, de marcher d'un pas ferme dans la voie que les Sostrai ui avaient ouverte, à la conquête do l'indépendance de la pensée.
Si Rome ne fût venue, avec son invasion brutale, sécher la force et la vie de cette admirable contrée, il y a longtemps que tous les problèmes de progrès et de liberté, pour lesquels l'Europe n'a pas encore fini de s'agiter et de faire des révolutions, eussent été rés \us par les fils de l'Hel-
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lade, par ces descendants de la libre et primitire société indoae.
Quoique les prêtres et la famille desEumolpides chargea du culte de Cérès, qui furent yraisemblement une caste de lévites, eussent aussi joui en Orèoe d*une grande influence, surtout dans la période ancienne, il n*apparaît pas qu'ils fussent jamais parvenus à confisquer à leur profit le gou ver< nement de la nation, et c'est à cela surtout qu'il faut attri buer le développement conj>idérable de l'esprit humain sur cette petite terre, qui éiati parvenue à établir chez elle le rogne de la démocratie et de la liberté à une époque où tons les despotismes pcJ" niques et religieux se donnaient la main pour asservir le jionde.
Nous savons, en effet, qu'à partir de la chute d'Hippias jusqu'aux conquêtes macédoniennes et romaines, Athènes donne aux nations modernes l'exemple d'un gouvernement populaire, dans lequel la liberté sut faire éclore toutes les gloires splendides de la littérature, de la philo* Sophie et des arts.
Le citoyen nommait par le suffrage universel ses archontes, ses magistrats, ses fonctionnaires; le droit de paix et de guerre, le pouvoir législatif, la discussion de tous les grands intérêts de la république appartenaient aux assemblées générales du peuple, auxquelles tout homme libre devait apporter, sous peine de déchéance de ses droits, l'aide de sa parole et de son vote.
Ce fut la première apparition de l'idée nationale dans le monde substituée à cette servile obéissance aux caprices d'un maître qui jusqu'alors avait dominé les sociétés.
Llnde râle et meurt sous le prêtre; l'Egypte, héritière de cette tradition, finit par renverser la théocratie pour se jeter dans les bras des rois, et la Grèce, se souvenant de l'Orient et des dominations sacerdotales qu'elle avait fuis pour s'épanouir sur une terre plus libre, ajoute un pro«
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grès de plus, et, remplaçant Tesclaye par le citoyen, fonde le gouvernement de la nation par la nation.
C'est de là qu'est né l'esprit moderne.
Ainsi, ces premières émigrations indoues par le sud, après avoir subi longtemps l'influence de la révélation et du prêtre, étaient parvenues peu à peu à les renverser et à entrevoir le progrès par l'indépendance et la raison.
Pourquoi fautril que le second courant d'émigration par l'Himalaya et les plateaux du nord, qui amena en Europe les tribus Scandinaves, germaniques et slaves, sans doute arrêté par l'aridité de la terre et les rigueurs d'un climat nouveau, n'ait pu arriver aussi rapidement à la civilisa* tien que les nations du midi» et se soit un beau jour préci**^ pité sur elles pour les détruire?
Sauvages enfants des forêts, adorateurs d'Odin et do Skanda, ces peuples avaient gardé le souvenir légendaire de leur origine ; leurs chants et leurs poésies, pleins des traditions orientales, leur disaient qu'ils retrouveraient leur ciel sans nuages et leur berceau ; et, à la redierche d'Asgard, la ville du soleil, ils rencontrèrent... Rome, et le monde ancien disparut. .
Et le monde nouveau sommeilla pendant plus de quinze siècles sous une domination ni moins sacerdotale ni moins tjrannique que colle de l'antiquité, avant de retrouver les grands souvenirs, les grandes vérités sociales et politiques Ugués par la Grèce,
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