CHAPITRE V
DR LA RiPBBSSION OHEZ LB8 HéSRSUZ
Le système pénal inauguré par Moke ne fut point la représentation exacte de celui de la terre d'Egypte ou de l'Inde; mais les difi)6renees que nous pouvons observer, loin de nuire à l'origiBe que nous avons assignée aux Israélites, devieanent des aiguments d'autant plus £rap« pants qu*elles ont leur souroe dans cette origine même.
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Ainsi que ses prédécesseara, Moïse admit comme mojea. àe répression et d*expiation :
La mort,
La bastonade.
L'amende,
Et la purification par les sacrifices.
I Hais il repoussa tout rejet partiel et complet de la tribu ou de la caste, pénalité qui, nous Tavons tu, avait été adoptée par la Perse, la Grèce et Rome, et qui, par le droit de Justinien, passa plus tard dans les codes modernes sous le nom de mort civile.
Ce refus du judaïsme d'accorder droit de cité à Tinterdiction de Feau et du feu aux grands coupables, qui cependant fut si bien dans les mœurs de TOrient, est une exception qui s'explique logiquement d'elle-même.
n n'y a là ni progrès, ni pensée d'humanité, car il eût certes mieux valu rejeter de la tribu, au lieu de les massacrer, les vingt mille Israélites coupables seulement d'avoir folâtré avec les filles de Moab. Et il suffit de lire la Bible pour voir qu'elle est pleine d^écatombes et de sacrifices kumains, et que ce livre est écrit avec du sang.
On ne peut do»o voir là on adoueisaement importé aux mœurs anciennes.
La pensée qui guida Moïse est trop simple pour n'être point vraie, et on peut 4ire qu'elle naquit forcément de la situation.
Si le peuple hébreu, ainsi que nous l'avons démontré, s'est formé par le rejet de la caste des Egyptiens coupables, s'il fut le paria de la société des Pharaons, ce devint une nécessité pour Moïse de ne pas créer de parias dans la société hébraïque.
D*abord il ne fallait pas laisser entrevoir au peuple nouveau qu'il pouvait, par quelque motif que ce soit, retourner à la situation misérable & laquelle il venait de se soustraire.
Puis il y avait une raison d'État, indubitablement entrevue par Moïse, et qui consistait à ne pas créer, par ce rejet de la tribu, une nation dans la nation, qui^ s'accruîssant peu à peu, pouvait devenir avec le temps un danger social.
Les Égyptiens avaient essayé d*arréter le développement des Israélites par des massacres et de durs travaux : il était d'une sage politique de prévoir que les mêmes causes pouvaient forcer un jour à les imiter par la crainte d'une révolution servile. Donc rétablissement de cette antique pénalité devant apporter infailliblement des ferments de décomposition menaçants pour l'avenir, Mj/ce préféra la remplacer, dans l'ordre religieux et civil, par le massacre en masse de tous les grands coupables. On se défaisait ainsi de ceux qui niaient Jéhovah, comme de ceux qui murmuraient contre l'autorité du législateur et des prêtres, ses successeurs.
Pour les fautes d'une moindre importance et ne touchant pas essentiellement à la constitution théocratique du gcuvernemeut, la peine du talion fut établie :
« Ocuîum pro oculo, dentem pro dente, manum pro manu^ pedem pro pedi, « Adusiionem pro aduetione, vulnus pro vulnere^ livorem pro licore, ><
— Œil pour œil, dent pour dent, main pour main et pied pour ficd.
— Brûlure pour brûlure, plaie pour plaie, meurtrissure pour meuitris» iure.
{Exode, chapitre iv, versets 24 et 25.)
Saluons cette première apparition d\L talion, de cette peine barbare dans les sociétés antiques]
Ce que ni l'Inde ni l'Egypte théocratiques ne surent in« venter ; ce que Manou, Boudha, Zoroastre et Manès eussent repoussé avec horreur, il appartenait au judaïsme de Jéhovah de nous le donner.
Ceci ne fut point de l'imitation , et Moïse peut regarder le talion comme un fleuron original de sa couronne de législateur.
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Ce mode de répression se retrouve, plus tard, au début de plusieurs autres nations; mais il resta dans la barbarie ies mœurs et des coutumes primitives : aucun peuple n'osa suivre l'exemple d'Israël et le conserver dans son droit t^crit.
Plus nous avancerons, et plus nous aurons l'occasion de constater que, si la Judée changea quelque chose à la civilisation léguée par l'Inde et FËgypte, ce ne fut que pour faire un retour à la barbarie, à la cruauté des premiers âges, où l'homme nomade ne reconnaissait le droit que par la force.
— Cède-moi la terre, ou je te tue, dit Caîn à Abel.
— Obéissez, courbez- vous sôus la parole de Dieu, ou la mort! dit Moïse aux Hébreux, et ces derniers à leur tour s'en furent droit aux peuples leurs voisins et leur dirent : — Cédez-moi vos richesses, vos filles vierges et vos maisons, ou vous serez détruits par le fer et le feu.
Je ne puis résister au désir de faire en quelques lignes le bilan de tous les massacres accomplis, de tout le sang versé d'après les ordres de Jéhovah , soit par Moïse et se^ successeurs sur les Israélites eux-mêmes, soit par ces derniers sur les peuples qu'ils voulaient anéantir pour s'emparer de leurs dépouilles.
Ce ne sera point sortir de mon sujet. Outre qu'il y aura là un haut enseignement religieux et moral, j'en pourrai tirer aussi un victorieux argument contre ceux qui ne manqueront pas de nier l'authenticité des livres sacrés des Indous^ pour pouvoir soutenir qu'ils ont copié la Bible.
Les sublimes traditions sur l'unité de Dieu, la trinité, la création, la faute originelle et la rédemption eurent pour résultat dans l'Inde une haute civilisation philosophique et morale.
La copie de ces traditions, qui n'étaient point nées sur 1«» sol hébraïque, ne put régénérer un peuple qui, sorti du
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mewciv% et des rapùies, ne sut vivra que par 1m rapines 6t le meurtre.
Les premiers chapitres de la Genèse hébraïque ne sooi point à leur place dans ce Urre, qui n est que le panégyrique audacieux de la violenee et de la destruction. Il faut restituer cette Genèse aux Yédas^ à qui elle appartient.
Que toutes les superstitions du passé se soulèvent pour orier anathème!
Voilà mes opinions«««
Et voici mes preuves.»*