‹ Études indianistesChapitre 29 sur 122 · V0SE6 OU MOISB ET LA SOCIÉTÉ HÉBRAÏQUE 1G · texte numérisé non relu

V0SE6 OU MOISB ET LA SOCIÉTÉ HÉBRAÏQUE 1G

croyance relîgieuso, tandis que la Bible ne se croit paâ tenue à des éclaircissements, que, du reste, elle eût peut-être été fort embarrassée de donner.

On voit clairement que ce n'est qu'une tradition indoue eonservée, bien qu'on ait perdu de vue le but qui la légitimait et la rendait accceptable. Et Onan n'eût certainement point songé à prolonger la stérilité de Thamar, si la ici n'eût attribué à son frère que le premier-né des enfants qui pouvaient naître de ses œuvres.

Animaux impurs dont il est défendu de manger diaprés la Bible,

Moïse défend de manger comme impurs tous les animaux ruminants qui n'ont point le sabot fendu et le porc, qui, bien qu'ayant le sabot fendu, ne rumine point.

Parmi les poissons, il tolère ceux qui ont écailles et nageoires, repoussant tous les autres comme impurs.

Entre les oiseaux, voici ceux que sa défense atteint :

L'aigle, le griffon et le faucon;

Le milan, le vautour et tous ceux de son espèce;

Le corbeau et ceux qui lui ressemblent;

L'autruche, le hibou, le larus, Tépervier et tous ceux de même race;

Le chat-buant, le cormoran, l'ibis;

Le cjgne, le butor, le porphjrion ;

Le héron, la cigogne, la huppe et la chauve-souris;

Tout ce qui vole et marche en mémo temps sur quatre pieds.

Parmi les animaux qui remuent sur la terre sont impurs, et par conséquent prohibés :

La belette, la souris , le crocodile et tous ceux d'espèces semblables;

La musaraigne^ le caméléon, le stellion, le lézard et U taupa«

IGG LA BIDLB DAKS L'iNDB

Tout homme qai mange de ces animaux est déclaré im^ pur comme eux.

Tout homme qui les touche lorsqu'ils sont morts est impur jusqu*à la chute du jour.

Tout vase qui les contient est impur et doit être brisé.

Animaux impurs dont il est défendu de manger^ éCapr^ Manou, et les prohibitions brahmaniques.

Tout dwidja(en sanscrit: homme pur, homme sanctifié, régénéré) 4oit s'abstenir des quadrupèdes au sabot non fendu, excepté cependant de ceux que permet la sainte Écriture.

Le porc domestique (par opposition au sanglier, qui est permis] est déclaré impur, quoique ayant le sabot fendu.

Tous les oiseaux carnivores sans exception , tels que le milan , le vautour et Taigle , sont prohibés. Tous ceux également qui frappent avec le bec et déciiirent avec leurs griffes.

La même défense atteint le moineau, qui est dit, chose bien remarquable , protecteur des moissons, car il détruit les insectes nuisibles.

Puis le cygne, le perroquet, la grue, le corbeau, le tittibha, oiseau à huppe, le datyouha ou pivert, et tous ceux dont la langue attire les insectes.

Tous les poissons, excepté ceux de Tespèce p&thina et rohîta, c'est-à-dire, ayant comme eux, écailles et nageoires, ne peuvent entrer dans la nourriture de ceux qui suivent la règle proscrite.

Tous les animaux enfin qui rampent sur la t^erre ou la creusent de leurs griffes sont proscrits comme plus impurs encore que tous les autres.

Toute impureté occasionnée à Thomme par son contact veo un corps mort dure dix jours et dix nuits, ou quatre

MOSES OU MOÏSE ET LA SOCIÉTÉ IIÉBRaÏ^UB 16*7

jour;?, OU un jour seulement, suivant la réputation de sa* gi sse et de vertu dont il jouit.

Le vase de cuivre, d'argent ou d'or qui a contenu ou simplement touché les corps impurs, doit être puriûé selon le mode éùablL

Le vase de terre doit être brisé et enfoui profondément dans le sol, car rien ne peut le purifier.

Que dire en face de tels rapprochements?

Objectera-t-on que toutes ces prohibitions d'animaux ne tout que des règles d'-hygiène, communes à tous les peuples de l'Orient? Cela n'empêchera point l'Inde d'avoir été l'initiatrice, d'avoir la première indiqué la voie

n ne reste qu'un moyen de renverser tout cela, c'est de nier Tantiquité de Tlnde. Je m*attends bien à quelque chose de semblable de la part des souteneurs jurés de certaines castes; je les prierai alors d'aller plus loin, et de

me démontrer que le sanscrit est né de Thébreu Qui

sait si je ne verrai pas cette plaisanterie se réaliser.

Épreuves des femmes soupçonnées d'adultère.

Nous lisons dans la Bible, livre des Nombres :

< Le mari mènera sa femme devant le prdtre et présentera poar elU tn offrande la dixième partie d*ane mesure de farine d'orge. Il ne rependra point rhaile par dessus, et il n'y mettra point d'encens, parce que e'est un sicritice de jalousie et une obladon pour découvrir l'adultère.

• Et ayant pris (le prêtre) de Feau sainte dans un vaisseau de terre, il

/ mettra un peu de terre du pavé du Tabernacle Et il dira à]»

femme : « Si un homme ne s'est point approché de vous , ces eaux

< amères, chargées de mah^dictions, ne vous nuiront point Mais si

% vous vous êtes retirée de votre mari , que votre ventre enila et

4 crève, et que votre cuisse pourrisse. »

« Et il les lui dounera à boire »

Nous lisons dans Gauttama (Commentaires sur Manou) !

< Ce fut une coutume ancienne de conduire la femme accusée de s'ôtre iouiUée, en recevant les embrassementa d'an autre homxsie ^ue de wm

168 LA BIBLE DANS l'iXDB

mftii, &la porte de la paprode, et de la livrer an bnilîmo sacriticnteur. C dernier jetait dans un vase d'ean pui8é« par un honrsmo Uiîs c'.n^^ea mO'ée (paria) une tige de cousa (herbe sacne), avec un )>eu <lu icitj nimas'; dÎEms le pas d'un animal immonde, et il donnait celte rau h boire h i;i femme en lui disant : « Si ta matrice n'a point reçu de semtnce t^tiangiuo < cette eau maudite sera pour toi ausi douce que i'aucrita (ambru^ieV

« si au contraire tu as reçu la tache impure, tu mourra? , et tu n»

c naîtras dans le ventre d'un chacal; mais, avant, ton corps sura affligé • d*élépbanîia5is et tombera, en pourriture. » Aujourd'hui, lu loi a sul.stitué à ce mode religieux, etc >

Iwpureti de ceux qui tovchent Us morts, d'après la Bible (livre des Nombres) :

Celui qui touche le corps d'un homme mort est im] nr pendant tept jours; il doit, pour se purifier, recevoir Tû;,persion de Toau d'expiation.

Tous ceux qui entrent dans la tente d'un homme mort, et tous les rates qui s'y trouvent, sont impurs pendant sept jours.

Tout homme impur rend impur tout ce qu*il touche.

Impureté de ceux gui touchent les morts, d'après Manou et les traditions brahmaniques.

L'impureté occasionnée par Tattouchement du corps d'un mort a été déclarée par la loi durer dix jours (Manou, livre 5).

Les brahmes sont purifiés en trois jours.

Ceux qui entrent dans la maison d'un vaysias ou d'un loudras décédé sont impurs pendant dix jours.

Ceux qui entrent dans la maison d'un roi après sa mort font souillés pendant trois jours.

L'impureté qu'occasionne le corps d'un brahme ne dure qu'un jour.

Lorsqu'un homme meurt, tous les vases contenus dans sa maison sont impurs. Les va&es en métal se purifient par le feu, ceux en teire tont bmés et enfouis.

IfOSBS OU MOISK ET LA SOCIÉTÉ HÉBUAÎQUB 1C9

I/hoinme se puiifle avec des ablutions d*cau lustrale.

Manou, qui relate quelques modes de purification en \Xb3ge de son temps, sortant de ces pratiques superstitieuses, s*écrie, en s'élevant à une hauteur inconnue de Im Bible :

« De toutes les choses qui purifient, la pureté dans l'acquisition des richesses est la meill ure; celui qui conserve sa pureté en devenant riche e^t réellement pur, et non celui qui nVst purifié qu'avec la terre et Teau.

« Les hommes instruits se puriûent par le pardon des offenses, par des aumônes et par la prière.

•• Le brahmo se purifie par l'étude de la sainte Ecriture. De mdme que les membres sont purifiés par Teau, l'esprit l'est par la vérité.

«• Les saines doctrines et les bonnes œuvres purifient l'âme. L'intelligence est purifiée par le savoir.

On ne peut disconvenir que cette impureté dont les morts frappent tout ce qui les approche, tout ce qui entre et se trouve dans leurs maisons, même les êtres inanimés, ne soit encore un legs de l'Inde. Moïse a copié mot pour mot ces traditions antiques; mais ce qu'il s'est bien ^nrdé d'imiter en relevant ces coutumes, ce sont ces vues largos et ces grandes pensées que l'on rencontre à chaque pas dans Manou, toutes les fois qu'oubliant son réle de complaisant des prêtres, il se faisait Técho du premier Manou. qu'il abrégeait dans Tintérét de ces derniers, et qu'il s'inspire du sublime enseignement des Vedas.

Ce no sera point la dernière fois que la Bible aura le dessous, et il ne lui arrivera jamais de dépasser son mo- -'èle.

?&le reflet de cette civilisation antique qui inspira l'aneien monde, on dirait qu'elle se flt une loi ^e ne l'imiter Ique dans les ridicules superstitions dont les brahmes entouièrent le peuple pour occuper sa vie, lui faire oublier le joug et la perte de sa liberté.

Saci'ificet $t cérémonies d'après le Lévitique et les coutumes indoues.

Les sacriûces et les cérémonies, tels qae les institua Moïse, sont empruntés dans leurs moindres détailu au culte vulgaire des Indous.

L'holocauste par excellence des sacrifices brahmaniques est le bœuf. La vénération dont jouit cet animal dans rinde vient de ce qu'il est Toffrande la plus agréable qu'on puisse faire à Dieu,

C'est un bœuf également que le Lévitique ordonne d*im- Iboler à la porte du Tabernacle.

Dans les cérémonies de moindre importance, le prêtre brahme offre à Tau tel des chevraux et des chèvres, en , choisissant de préférence ceux à toison rousse, des brebis sans tache et n'ajant pas encore porté, ainsi que des gar zelles noires, des biches à la robe mouchetée et des tourterelles.

Le Lévitique ordonne également le sacriûce des brebis et des chèvres sans tache et des colombes.

Chez les Indous, les oblations de fruits se font avec de la farine, du riz, de Thuile, du beurre olariûé et des graisses de toute nature.

Pour les mêmes oblations, les Hébreux emploient la farine, le pain et Thuile, et les prémices de tous les grains.

Chez les deux peuples, le sel doit accompagner toutes ces offrandes , et brahmes et lévites se partagent ce qui reste des sacriûces. Un feu perpétuel brûle sur l'autei dans la pagode indoue, alimenté par les deva-dassi ou prétresses consacrées.

Le même feu brûle dans le Tabernacle judaïque, alimenté par les lévites, car Moïse n*admit pas les femmes dans le service de son Dieu.

Toutes les fautes enfin contre la loi religieuse , toutes

UCSES OU IfOlSB ET LA SOCIÉIÉ HÉBRAIQUK 1*71

1«6 impuretés, dans l'Inde comme en Judée, disparaissent par les sacrifices et les cérémonies de purification.

Je ne m'étendrai pas davantage £ur ce sujet, ce que je viens de dire me paraît plus que suffisant pour faire Tévidence et prouver l'imitation.

Chose étonnante! pas plus que l'Égjpte, qui le divinisa pour la plèbe ; pas plus que la Perse et la Grèce ancienne, qui en firent la base de leurs hécatombes, la Judée ne put se soustraire à ce culte général du bœuf, qui, nul ne pourra le constater, a pris naissance dans l'Inde. Aussi rencontret-on à chaque page, dans la Bible, des phrases dans le genre de celle-ci :

« Vous ne lierez point la bouche du bœuf qui foule le grain, et vous lui permettrez d*en manger.

« Vous ne labourerez point avec un bœuf et un Âne attelés ensemble. »

Ces témoignages de respect, il faut bien le reconnaître sont un restant des anciennes superstitions des basses classes égyptiennes, dont il fut impossible à Moiâe do se débarrasser complètement.

Purification des femmes nouvellement accouchées^ d'après U Zévitique et la coutume indoue.

Nous lisons dans le Lévitique :

« Si une femme, iuicepto iwiine, enfante un m&le, elle sera împnre pendant sept jours, de même que pendant 8a période mensuelle.. . .

« Si elle enfante une fille, elle sera impure pendant deux semaines

•t elle demeurera soixante jours pour être purifiée.

c Lorsque les jours de sa purification auront été accomplis, ou ponr et fils ou pour une fiU*)« elle portera en témoignage de cela, et ponr être offSert en holocauste, à l'entrée du Tabernacle, un agneau d'un an et le petit d'une colombe ou d'une tourterelle, que, pour l'expiation, elle remettra a« prêtre. »

Nous lisons dans Manon :

c La naissance d'un enfant est une souillure pour sas parents, maii

m LA BIBLE DANS L'IXDB

«nrtoQt potir 1a mhre. qui est déclart^e impitre pen'lrnt antntit <?» j<»'«n qu*îi B^est écoulé do mois depuis la conceptiou; elle devra suivre le iuu Is tdopté pour la purirïcation après les saisons naturelles. •

Nous lisons dans Colloûca (Commentaires) :

c II était d'usage autrefois que la femme, après ses nbî»t"or?, ternjîLAî la cérémonie de la purification par Toffrande d'un jeune npjnoan qui n>vait pas encore été tondu, accompagné de miel, de riz et de beïirro cla* riiié; elles se bornent aujourd'hui, après les ablutions, à faire ser\'ir aux brahmes souniassys (liermites mendiants) dix manganys do rix et six co* pas de beurre clarifié. •

Prohibition de certaines coutumeê du deuil, d'après la Bible.

Dans rinde, à la mort du père de famille, sa femme, ses enfants, ses esclaves, devaient se faire raser entièrement la tête et se pratiquer une légère incision au front en signe de deuil; il est même des veuves, dans certaines castes élevées, qui enduisaient cette blessure d*une couleur délayée dans un corrosif quelconque, pour que cette marque ne pût s*effacer, se vouant ainsi à un deuil perpétuel.

Les Hébreux avaient, saTïs aucun doute, conservé ces coutumes puisées en Egypte ; car, dans le chapitre 14 du Deutéronome, il leur est défendu de se faire des incisions et de se tondre la tête pour pleurer les morts. Il cbt vrai de dire qu'un peu plus loin, par un retour sur cette défense, il leur est ordonné do se couper les cheveux au décos de leurs parents.

Saos doute, Tusage ayant continué malgré la loi, on préféra permettre ce qu'on ne pouvait empêcher.

Les brahmes ne doivent rien posséder en propre.

La mission du brahme, d après la sainte Écriture et Manou, doit être d'enseigner la sainte Écriture, de présider aux sacrifices; il ne peut rien distra\re de son temps

AlOSEd OU AIOlSB ET LA SOCIÉTÉ HÉBRaÏQUB 17*)

consacré au Seigneur pour cultiver la terre, soigner les bestiaux et recueillir les moissons. Ces travaux sont Tapanage de Vajsias, & qui le Seigneur les a confiés. Mais il n'est pas un champ dans Tlnde, une terre, un arbre ou un animal domestique qui ne doive concourir à satisfaire lea besoins des élus du Seigneur.

c Donnez aux brahmes, dit le divin Brigbon, les premières mestures de nelly (riz) que vous aurez cueillies, le premier veau, la première brebis, la première cbëvre, qui naîtront chaque année dans vos établus. Donnesleur également les premiers fruits des cocotiers, la première huile qui découle du pressoir, la première pièce d*étoffu que vous tisserez; saches Aofin que les prémices de tout ce qui vous appartient leur appartiennent, si vous voulez que le Seigueur vous conserve la j os33ssion de vos bieost et que la terre produise abondammeut selon vos désirs. >

Prescriptions identiques chez les Hébreux.

Jéhovab , par la bouche de Moïse et d*Aaron , défend aux lévites d*avoir aucune part dans la terre des enfants d'Israël :

c Je vous ai donné, dit-il, tout ce qu'il y a de plus exceUeut daui rhuile, dans le vin et dans le blé, tout ce qu'on offre de prémices au Seigneur.

« Toutes les prémices des biens que la terre produit, et qui sont présentées au Seigneur, seront réservées pour votre usage; celui qui est pur en votre maison en mangera.

c Tout ce que les entants d^Israël me donneront pour s'acquitter le leurs vœux sera à vou«.

< Tout ce qui natt le premier de toute chose, soit des hommes, soit des bétes, et qui est offert au Seigneur, vous appartioudra; en sorte néanmoins que vous recevrez le prix pour le premier né do l'homme, «t que vous feriez racheter tous les animaux qui sont impurs.

t Mais vous ne ferez point racheter les premiers nés du bœuf, do U obèvre et do la brebis, parce qu'Us sont agréables an Seigneur. »

La seule différence entre les usages indous et hébraïques, est dans ce que le premier né de Thomme n^était pas oiTert aux brahmes, et qu^on ne pouvait pas leur donner les prémices des animaux impurs.

114 LA BIDI.E DANS L'INDB

De tels rapports de similitude peuvent, je croîs, se passer de commentaires, et Ton peut dire que Vinfluence de rinde s'accuse aussi bien dans les détails que dans Tenfieroble des grands principes qu'elle a légués aux sociétés anciennes.

Impuretés et purifications chez les Hébreux, d'après U Lévitique,

Lorsqu'on lit» au chapitre 15 du Lévitique, les lois de purification pour les impuretés involontaires des hommes et des femmes, on est frappé d'un étonnement bien natu* rel, en voyant qu'elles ne font que reproduire les ordonnances sacrées qui règlent cette matière chez les Indous.

Prenons pour exemple les deux cas dont s'occupe le chapitre que nous venons de citer, pour les comparer à leurs similaires dans l'Inde.

ImpuftUi de l'homme.

c Parlez aux enfants d*lsraël, et dites-leur que Thomme qni souffrira de son flux séminal, sera déclaré impur.

« Et on jugera qu'il souffre de cet acci'lent lorsque, à chaque instant, il 8*amassera une humeur fétide qui s'attaclicra h sa cliair.

c Tous les lits ok U dormira et tous les cndruits où il se sera assis Sft* ront impurs.

« Si quelque homme touche h son lit, il lavera ses vêtements, et l'étant lai-même lavé dans l'eau, il demeurera impur jusqu'au soir.

t S'il s'assied où cet homme se sera assis, il lavera aussi ses vètemente, et ft'étani lavé drins l'eau, il demeurera impur jusqu'au soir.

« Celui qui aura touché la clair de cet homme lavera ses vêtements, €t l'étant lui-mî^me lavé dans l'eau, il demeurera impur jusqu'au soir.

« Si cet homme jette sa salive sur celui qui est pur, celui-ci lavera «68 vêtements, et s'étant levé dans l'eau^ il demeurera impur jusqu'au loir.

c La selle sur la({uclle il se sera assis sera impure. Et tout ce qui atira été tous celui qui souffre de cet accident sera impur jusqu'au soir. Celui qui portera quelqu'une de ces choses lavera ses vêtements, et après avoir été lui-même lavé avec l'eau, il sera impur jusqu'au soii. '

« Que si un liomme en cet état, avant que d'avoir lavé ses mains, en touche un autre, celui qui aura été touché lavera set vêtements, et i^snt été lavé dans l'oau, il sera impur Jusqu'au toir.

IfOSES OU MOISB ET LA SOCIÉTÉ HÉBRAÎQUB 175

« Quand un vaisseau aura été touché par cet homme, 8*il est de terra, U sera hrisé, s'il est de hois, il sera lavé dans IVau.

« Si celui qui souffre cet accident est guéri, il comptera lept jour) Après en avoir été délivré; et ayant lavé ses habits et tout son corps dans des eaux vives, il sera pur.

« Le huitième, ih prendra deux tourterelles ou deux jeunes colcmbct •t se présentant devant le Seigneur, à Tentrée du Tabernacle du térooi- ^age, il les donnera au prêtre, qui en immolera un pour le péché et offrira Tautre en holocauste, et priera pour lui devant le Seigneur, afin qu'il soit débarrassé de cette impureté.

t L*homme qui se sera approché d'une femme («tr de quo egreditur h» WMn coituê) se lavera tout le corps avec de IVau et lera impur jusqu'au soir.

c I^ femme dont il se sera approchée se lavera avec As l'eau et sem impure également jusqu'au soir.

Impurêtéê de la femme,

« La femme dans son état mensuel (quœ redeunte mefise patitur flttxum mngitinis) devra être séparée de toute chose pondant sept jours.

« Quiconque la touchera sera impur jusqu'au soir, et toutes les chose» sur lesquelles ello aura dormi et où elle se sera assise, pendant les jours de sa séparation, seront souillées.

c Celui qui aura touché à son lit lavera ses vêtements, et après s'être lui-même plongé dans l'eau, il sera impur jusqu'au soir.

c Quiconque aura touché à toutes les choses sur lesquelles elle se sera assise, lavera ses vêtements, et s'étant lui-même plongé dans Teau, il sera impur jusqu'au soir.

c Si un homme s'approche d'elle, lorsqu'elle sera dans cet état qui se renouvelle chaque mois, il sera impur pendant sept jours, t>t tous les liis sur lesquels il dormira seront souillés.

« La femme qui, hors le temps ordinaire, souffre plusieurs jours de cet accident, qui est ordinairement mensuel, ou chez laquelle cet accident ordinaire se continue, alors qu'il aurait dû cesser, demeurera impure eomme elle est chaque mois et tant que durera cet accident.

c Et pendant cette prolongation tons les lits sur lesqi^els elle aura

dormi et toutes les choses sur lesquelles elle se sera assise, seront im^ pnres. Quiconque également les aura touchées lavera ses vêtements, 6| après s'être lavé lui-même restera impur jusqu'au soir.

c Si cet accident s'arrête, et après que les effets ont cessé, la femoi eomptera sept jours avant de se purifier.

c Et au huitième, elle offrira pour elle an prêtre deux tourterelles on 4enx jeunes colombes & Feutrée du Tabernacle du témoignage.

c Le prêtre en immolera une pour le péché tit offrira Tautre en hol>* eausce ; et il priera devant le Seigneur pour elld et pour ce qu'elle a souffert d'impur.

<9 Vous apprendre! donc aux enfants ;^*Mraël à S4 garder de tontes

176 LA. BIBLE DANS l'INDB

eLoses impures, aQn qu'ils ne meurent point par ces souillures et ne pol* luont point mon Tabernacle, qui est au milieu d'eux.

« Telle est la loi qui regardé celui qui soufire d'un flux séminal ott qui M souille en s'approcbant d*une femme.

< Telle est aussi la loi qui regarde la femme séparée do toute chose, par ses accidents de chaque mois, ou en laquelle ce^ accidents se continuent en dehors do la période ordinaire. Cela regarde également l'homme qui se sera approché d'elle dans cette situation.

Impuretés et purifications chez les Indous, diaprés les Vedas et le commentateur Ramatsariar*

Le VeHn , ou Écriture sainte, pose en principe que ,ron doit puri Or toutes les souillures du corps par des ablutions, au inôme titre qu*on purifie les souillures de Vixine par les brunes œuvres et la prière.

Ramat^ariar, dont nous allons citer le commentaire, est un sage de la plus haute antiquité, fort vénéré parmi les brah m es-théologiens du sud de Tlndoustan, et qui forme autorité dans tout ce qui regarde les purifications, les cérémonies et sacrifices du culte.

Voici comment il 8*exprime sur le sujet qui nous inté-» resse :

M II est un état, chez Thomme et chez la femme, qui leur défend de prendre part aux fêtes de famille et aux cérémonies dans le temple, car ils sont impurs, et Tablution faite avec les eaux sacrées du Gange ne les purifie point avant que cet état n*ait cessé. »

impureté* de Vkomme»

€ Tout homme qui aura contracté une maladie par Tiisage on l'abofl des femmes sera impur pendant qu'il en sou£frira, jusqu'à sa guérisoo» tt dix jours et dix nuits encore au deU.

« Son haleine est impure, sa salive est impure, sa sueur est impure.

t II ne peut manger ni avec sa femme, ni avec ses enfants, ni avec a»* onu autre de ses parents ou de sa caste; les mets deviennent impurs; im* pars aussi seront pondant trois jours tous ceux qui mangeraient avec l«i»

« Ses rêtenients sont souillés et doivent être purifiés par l'eau lustrala* et tous ceux qui les touchent deviennent immédiatement impnra paudAiit trois jonrs.

1I08B8 OU lieiSB ET LA SCOIÉTÉ HÛDRaTqUB H?

Celui qui lui parle, en se tenant sous le vent, est impur, ot se parifie par l'ablution du soir an soleil con^^aLt.

« I^ natte de son lit est impure, et rien ne peut U purifier; elle doit être brûlée.

« Sou lit est impur et doit être purifié par Teaa lustrale. Les vtM^t dont il se sert pour boire, les plats de terre cuite sur lesquels il place son riz sont souillés; ils doivent être brisés et enfouis dans le sol.

« Si ces vases ou ces plats sont en enivre ou en tout autre métal, i)f peuvent être purifiés par Teau lustrale ou par le feu.

« Toute femme qui consentira h se joindre à lui, connaissant Tétat dans lequel il se trouve, sera impure pendant dix jours et dix nuits, et devra offrir le sacrifice de la purification après s'ôtra lavée dans la piscine des* tinée aux souillures honteuses.

« Cet homme ainsi impur ne pourra accomplir les cérémonies funé<raires pour Tanniversaire de la mort de ses parenu; le sacrifice serait impur et repoussé pnr le Sei<;nour de tontes les créatures.

« Le cheval, le chameau, l'éléphant, sur lesquels il s'asseoira pour se faire porter en pélerinajre, seront impurs et devront être lavés avec ds l'eau, dans laquelle on nura fait dissoudre une tige de cousa.

« S'il accomplit lo pclerinnge du Gange, ses fautes ne lui seroiit point remises, parce qu'il Taura fait étant impur.

• S'il emporte de l'eau du fleuve sacré, elle oe pourra S6r\'ir à prépcrcr l'eau lustrale, car elle deviendra impure comme lui.

« S'il frappe en cet étr.t un homme do sa caste, il s^m condamné uj double de Tam^ndo ordinaire, et celui qui sera frappé deviendra impur jusqu'au coucher du soleil. •

c Quand i! sera guéri, il se lavera dans la piscine des souillures honteuses, |>uU fera S3S ablutions avec l'euu lustrale, puis consacrera toute une journée à prier, car il n'a pu le faire efficacement jusqu'à ce jour

• 11 fera d'abondantes aumônes aux sauii^ssys.

t II se rendra alors à la porte de la pagode, où il déposera des of- Irandes de riz, de miel et de beurre clarifie, avec un jeune agneau qui n'a pas encore été tondu. S'il est pauvre et ne peut offrir un agneau, il donnera une couple do colombes à la robe sans tache et qui n'auront pat encore gazouillé la chanson de l'amour et tressé leur nid. Alors il sera purifié, et pourra se réjouir avec sa femme et ses enfants. >

Impureté d$ la femme.

• Le divin Manon a dit : « Seize jours complets, avec quatre jours disc tincts, interdits par les gens de bien, forment ce qu'on appelle la saison V naturelle de la femme, pendant laquelle son mari peut venir à elle avec t. amour, sélnit par lattrait de la volupté. De ces seize jours, les quatre t premiers étant déjà défendus, ainsi que le onzième et le treisième, Icf 4 dix antres sont approuvés. •

c Le Veda a dit : « Le mari doit respecter la femme en la saison rn - < turelle, comme on respecte la ficur du bananier, qui annonce la fécc::.- ^ dite et la moisson prochaine. •

It

nS LA BIBLE DANS L'INDB

c Le onzième et le treizième joars tout frappés d*lnterdlotion par les motifi d^abstinence. Les quatre premiers jours seuls sont regardés comme •ogendrant la souillure et la honte pour tous ceux qui ne les respectent pas.

c Pendant ces quatre jours, la femme est impure ; qu'elle se réfugie an fond de sa maison et se cache loin de son mari, de ses enfants, de ses serviteurs.

c Son haleine est impure, sa salive est impure, sa sueur est impure.

•( Tout ce qu'elle touche devient impur à Tinstant même, tt le lait se c.iille dans le vase qu'elle tient entre ses mains.

t La natte de son lit est souillée; elle doit dtre brûlée et le lit purifié pnr IVau lustrale.

•( Toutes les choses sur lesquelles elle se sera reposée seront impares, to :s ceux qui les toucheront deviendront impurs et devront se purifier parTablution du soir.

< Qu'elle ne prononce pas le nom de son mari, ni celui de son père, ni ce! ni de sa mèru, en cet état, car elle est impure et les souillerait.

« Qu'elle ne se frotte point do safrun.

• Qu'elle ne se pare point do fleurs.

< Qu'elle no se fasse point tresser la chevelure par ses femmes; en cet éiat, elle ne doit point chercher à plaire.

« Qu'elle quitte ses bijoux, ils deviendraient impurs et il faudrait les puriHer par le feu.

« Elle ne doit manger ni avec son mari, ni avec ses enfants, ni avec ses flammes, encore bien que ces dernières soient de la même caste qu'elle.

« Qu'elle se garde bien de faire des offirandes et d'assister aux cérémonies funéraires, ses offrandes seraient impures et les cérémonies seraient souillées.

• Si cette impureté de quatre jours, établie par le divin Manon, se prolonge de deux, de quatre ou de six jours, la purification ne pourra avoir lieu pendant ce laps de temps; ainsi le prescrit la loi.

« Lorsque tous signes extérieurs auront cessé, et après deux ablutions, celle du matin et celle du soir, qui sont dites ablution du soleil levant, ablution du soleil couchant, qu'elle achève de se purifier par l'eau lus* traie.

« Qu'elle se rende alors à la porte de la pngode et y dépose des offrandes de riz, de miel et de beurre clarifié; qu'elle ofi're également uc jeune agneau sans tache, et qui n'a pas encore été tondu, ou si elle no le peut, une couple de colombes qui n*ont pas encore gazouillé la chauson de l'amour ni tressé leur nid.

c Et, ayant fait cela, elle sera purifiée et pourra reprendra ses occupations dans sa maison.

f Et elle pourra rappeler auprès d'elle ton mari qui l'avait fuie, «u •xécntion de cette parole de TËcriture : « Celui qui, pendant les nuits iuc tcrdites, s'abstient du commerce coi\jug^, se oonserve aussi pur qu'un

diridja ou un brahmatchar (élève de la tainte Écriture, éiudiaut en s théologie). •

HOSÏÏS ou M0Î8B ET LA. ÔOCIÊTâ HÉBBAIQUB m

n faudrait être un partisan bien acharné de la révéla* Kon, en présence d'aussi frappantes ressemblances entre !a société judaïque et la société indoue, pour voir en Moïse lutre chose qu'un législateur qui, ayant à donner des loii ï un peuple issu de la classe servile , de cette classe qui Q*était astreinte à d'autres règles que celles de la souffrance et du travail , s'est borné à recopier Manôs et les institutions égyptiennes, dont Torigine orientale est in-contestable.

Ne savons-nous pas, au surplus, que tous les peuples de TÂsie furent soumis à de pareilles coutumes, encore en honneur aujourd'hui chez la plupart d'entre eux. Sous ces chaudes latitudes, la religion prit sous sa sauvegarde les soins hygiéniques de propreté du corps, seuls moyens de combattre les dangereuses épidémies qui désolent périodiquement ces contrées, et de prévenir la lôpre, cette hideuse maladie que l'Europe ne connaît plus, mais qui règne encore en Orient avec autant de force que dans les temps anciens.

De Manou à Mahomet, ces lois sanitaires furent les mêmes; le climat en révélait la nécessité, et je n'eusse certainement point pris la peine de démontrer que Moïse n'avait été qu'un copiste de coutumes plus anciennes que lui, mais qu'il était naturel d'adopter, s'il n'était des gens qui, dans leur enthousiasme sincère ou de D(>nvention, s'obstinent à voir le doigt de Dieu et la révélation partout.

Moïse fait immoler un bœuf sur l'autel, à l'eiemple des brahmes, des hiérophantes égyptiens, des mages de la Perse, des prêtres de l'ancienne Grèce; au lieu de voir là une imitation bien naturelle d'usages aussi vieux que le monde, les jésuites Ménochius et de Carrières y trouvent l'emblème, la figure de l'Eucharistie .

Moïse ordonne des ablutions exigées par le climat, il s'inspire des règlements édictés par Manès et M.^nou ; au

180 LA BIBLB DANS L'iNDB

lieu de reconnaître qu'il n*a fait que suivre la coutume générale de l'Orient, les mêmes jésuites voient dans ces ablutions imposées aux Hébreux l'image de la pureté de la foi nouvelle y qui doit plus tard régénérer le monde chrétien.

C'est toujours le même système de commentaires; on ne veut pas admettre que l'acte le plus insignifiant ne soit né sur le mont Sinai et ne soit d'inspiration divine. Mais aussi, pour soutenir cette opinion, à quelles tristes arguties n'est-on pas obligé de descendre I

Pourquoi nous étonner? Ne savons-nous pas dès longtemps qu'il n'y a pour certaines castes ni vérité» historiques, ni bon sens, ni raison en dehors d'elles et do leurs adeptes?

Est-ce que les brahmes, les mages, les lévites et les hiérophantes, en se prétendant les élus de Dieu, les tciils dispepsateni's do la vérité et du bien, consentirent i\ hc laisser discuter un seul instant? E^t-ce qu'ils ne proscrivirent pas leurs ennemis? Est-ce qu'ils ne firent pas trembler les rois qui voulurent se soustraire à leur influence ? Est-ce qu'ils ne régnèrent pas par la torture et le bûcher?

Pourquoi, encore une fois, nous étonner si la tradition se continue, si l'héritage a trouvé des héritiers, et si le lévitisme moderne emploie toutes ses forces et fait donner toutes ses réserves pour une bataille suprême, dans le but avoué de proscrire la raison et la liberté, et de rajeunir ce vieux despotisme sacerdotal, qui a déjà couvert le monde de ruines et de martyrs?

Difense de manger du sang des animaux et du nng des bêtes mortes, d'après la Bible.

Nous lisons dans le Lé vi tique :

n Si un homme, quel quMl toit, on de la maiBon d'Israël ou des éit^m

MOSBS OU MOÎSB BT LA SOCléT^ HÊDRAlQUB 181

gers qui sont venus demeurer parmi eux, mange du sang, j'ûrrôterai tar lui l'œil de ma colëre et je le perdrai du milieu de son peuple.

c Parce que la vie de la chair est dans le sang, et que jo vou» l'Ai donné a6n qu'il vous serve sur Tautcl pour l'expiation de vos âmes «t quf» l'àme soit expiée par le sang.

t C'est pourquoi j'ai dit aux enfants d'Israël que mil d'entre vous, ni mSmo des étrangers qui sont venus demeurer parmi vous, ne mange du lang.

« 5?i quelque homme dlentre les enfants d'Israël ou des étrangers qui habitent avec vous prend à la chasse quelqu'une des bôtes, ou au Blet quelqu'un des oiseaux qu'il est permis de manger, qu'il eu répande le sang et qu'il le couvre de terre.

« Car la vie de toute chair est dans le sang ; c'est pourquoi j'ai dit aux enfants dlsraëi : « Vous ne mangerez point Uu sung de toute cbair, « parce que la vie de la chair est dans le sang, et quiconque en maa- « géra sera puni de mort. »

Défenses relatives aux bétes mortes»

« Si quelqu'un, ou du peuple d'Israël ou des étrangers, mange une b^ta qui sera morte d'elle-môme ou qui aura été tuée» par une autre îête, il lavera ses vôtementset se lavera lui-même dans l'eau; il sera impur jusqu'au soir et il deviendra pur par cette oblation.

K Mais s'il ne lave point ses vêtements et son corps, il conservera §• SD i Hure. •

Défense de manger du sang des animaux et de la càatr des bêtes mortes y d'après les institutions brahmaniques.

Nous lisons dans Ramatsariar :

c L'homme qui mange le sang d*un animal non proscrit par le Yeda, c'estrà-dire dont on peut se nourrir, est dit fils d'un pisotchas (sorte de démon vampire) et périra, car nul ne doit so nourrir do sang.

« Celui qui mange le sang d'un animal proscrit par lo Veda, c'est-àdire dont DU ne peut se nourrir, meurt de la lèpre, et son âme doit re« vivre dans le corps d'un chacal immonde.

c Le sang, c'est la vie, c'c»t la divine liqueur qui arrose et féconde la Hatière dont est formé le corps, comme les cent bras du Gange arrosent « fécondent la terre sacrée; et de même qu'il serait insensé d'essayer de tarir la source du fleuve immense, de même il ne faut point tarir Ici sources de la vie inutilement, ni les profaner on s'en nourrissant.

< Cest par le sang que le fluido pur (agasa) émané du grand tout, ot qui est l'âmo, vient s'unir au corps. C'est par le sang que le fœtus tient à Ja mère; c'est par le sang que nous tenons à Dieu.

« On ne muuge pas la sève des arbres, qui est leur laag et qui produit

18*2 LA BIBLE Dans l'indk

le frDit. De même il ne faat pas manger le sang des animaux, qui est leur sève.

< Le sang renferme les secretn mystérieux de Pexistence; nul être ovH ne peut exister sans lui. C'est profaner la grande œuvre du Créateur q-;o de manger du sang.

« Que celui qui s'en sera nourri craigne de ne pouvoir quitter, dav^t les migrations sucoessives^ le corps de Tanimal immonde où son sme do.t renattre.

« Le brahme sacrifioatenr égorge le bœuf, Ta^ean ou la chèvre, avaiU de les offrir à Tautel; que ceci vous soit un exemple.

« Quand vous désirez vous nourrir avec la chair des animaux purs et qui ne sont point prohibés, soit des ruminants à la corne fendue, soit d'autres pris à la chasse, volatiles ou quadrupèdes, faites un trou dans la terre et bouchez -le après y avoir répandu le sang de Tanimal que vous voulez manger.

« Outre les peines enTantre monde, Téléphantiasis, la lèpre et les maladies les plus honteuses attendent en celui-ci quiconque transgressera •es défenses. »

Prohibitiotiê rtkuiptê aux bêtes morte*,

c Tout animal qui meurt de lui-même, ou par accident, est impur, encore bien qu^il ne soit pas de ceux qui sont défendus par la sainte Écriture, parce que son sang est encore dans son corps et que nul ne l*a répandu en terre.

t Celui qui mange <!e cet animal mange son sang avec sa chair, oe qui est défendu, et il devient impur comme la béte dont il s'est nourri.

« Si la plupart des gens des claseee m6tiee meurent par la lèpre et par des maladies honteuses, qui font de leur corps la proie des vers, mémo avant qu'ils aient cessé de vivre, c'est qu'ils mangent de toutes les bêtes mortes qu'ils rencontrent.

« Celui qui en aura mangé devra se rendre auprès de la piscine (?ns souillures honteuses, et après y avoir lavé ses vêtements, il plongera eon corps dans l'eau et fera trois ablutions prolongées, et il restera impur jusqu'au second soleil levant.

En défendaDt de se nourrir de sang, Moïse ne donne d'autre motif à cette prohibition que celui contenu en cette parole : « Parce que la vie de la chair est dans le sang, » et, comme toujours, il ne fait suivre sa pensée d'aucun éclaircissement.

Comme on voit bien qu'il s'adressait à un peuple qui avait besoin d'être plutM dominé qu'éclairé, et qui acceptait les défenses sans en rechercher la raison.

MOSBS OU MOlSB ET LA SOCIÉTÉ HâBBAlQUB 181

Dans rinde, an contraire, la même prohibition sent le besoin de se développer, de s'adresser à l'intelligence, do lui faire comprendre pourquoi ello a été édictée, et alori les considérations dont elle s^entoure s'élèvent aune hau* teur que la Bible n'a pas entrevue, parce qu'elle n*a été qu'un souvenir affaibli. • . •

u Le sang, c'est la vie, c'est la divine liqueur qui arroso et féconde la matière dont est formé le corps, comme les cent bras du Gange arrosent et fécondent la terre sacrée.

« C'est par le sang que le fluide pur {agasa) émané du Grand-Tout, et qui est Tâme, vient s'unir au corps. »» . .

Le savant peut se moquer de cette définition du Yeda» le penseur en admire l'emblème

Et Moïse ne flt certainement qu'abréger ses souvenirs quand il écrivit cett^ simple explication de la règle qu'il imposait : « Parce que la vie de la chair est dans le sang. »

Ces étranges rapprochements ne prouvent-ils pas d'une manière irréfutable que la Bible n'est qu'un écho des institutions de rOrient? Je ne sais si je m'abuse, mais il me semble que, pour tout esprit séiteux, il n'y a là que la réalisation d'une idée qui se présente naturellement à la simple lecture des œuvres laissées par Moïse.

Dans les cinq livres attribués à ce législateur, on trouve à chaque pas des détails de mœurs, des coutumes, des cérémonies, des modes de sacrifices, des lois, qui, donnés sans la moindre explication, ne peuvent trouver leur rai« son d'être que dans l'imitation des civilisations anciennes, et plus nous avancerons dans ces études comparatives, plus nous nous persuaderons que Moïse n'a fait qu'abréger, à l'usage des Hébreux, les institutions des Ég^'|>iiens, que eei dernier!) a>aloiii reçues de riiid«.

184 LA BIBLB DAMS l'iNDB

Difeme aux IsraélUes de tuer leurs bcfufSy leurs brebis ou leurs chèvres dans un autre endroit que devant le tabernacle.

Le Lévitiqud 8*exprime ainsi :

c Le Seigneur parla encore à Moïse et lai dit t

c Dites à Aaron, à ses tils et à tous les enfants d'Israël t Yoieî oe que le Seigneur a ordonné, voici ce qa*il a dit :

« Tout homme de la maison d'Israël qui aura tué un bœuf, une brebis ou une chèvre dans le ca^jp ou liors du camp, an lieu de les immoler devant lo Tabcriiacle poui les offrir au Seigneur, sera coupable de m€urtrd et périra an milieu du peuple, comme s*il avait versé le sang d*nn de ses semblables.

« C'est pourquoi les enfants d'Israël doivent présenter au prêtre les animaux qu^b veulent immoler, au lieu de les égorger dans les cliamps, afin qu'ils soient sanctifiés par le Seigneur, à qui on les aura offerts, comme des sacrifices pacifiques, devant le Tabernacle du témoignage.

« Le ijrGtre répandra le Fnn^ sur l'autel, à l'entrée du Tubernacle du témoignage, et il fera brûler la graisse comme une odeur agréable au Seigneur.

« Kt ainsi ils n'immoleront plus k l'avenir leurs animaux aux démons, auxquels ils se sont autrofois abandonnés, et cette loi sera éternelle pour eux et pour leur postérité.

c Vous leur direx encore : Si un homme de la maison d'Ismël ou de ceux qui sont venus de dehors, et qui sont étran^rers parmi vous, tue quelque animal sans l'amener k l'entrée du tabernacle du témoignage, atin qu'il soit sanctifié parle Seigneur, il j^érira au milieu de son peuple. »

Ayant de rechercher le sens symbolique de cette curieuse injonction de ne tuer des animaux, bœuf, agneau ou chèvre que devant la porte du tabernacle et par la main du prêtre, voyons quelles furent les ordonnances réglant les mômes coutumes chez les Indous.

Nous lisons dans Manou, livre Y :

c L*Êtr6 qui existe par sa propre volonté a eréé lui-même les animaux pour le sacrifice, et le sacrifice est la cause de l'accroissement de cet univers ; c'est pourquoi le meurtre commis pour le sacrifice n'est point' vsk meurtre. >^

« Autant l'animal avait de poils sur le corps, autant de fois celui qui l'égorgé d'une manière illicite périra de mort violente à chacune des oaissai^^es qui suivront.

1108B8 OU MOlSB BT LA SOCIÊtA HÉBBaIQUB 185

« Celui qni ne mange la cbaîr d^nn animal qu'il a acheté on qn*il a reçu d'un autre qu'après Tavoir offerte à Dieu, ne te rend pas coupable* Gûr manger de la viande, après Taccomplissement du taorifice, a été dé> claré la rôgle divine.

« Un brahme ne doit jamais manger la cbair des animaux qui n'ont pas été consacrés par des prières, mais qu'il en mange, se conformant à J* règle éternelle, lorsqu'ils ont été consacrés par los paroles sacrées

t Celui qui, même tous les jours, se nourrit de la chair des nii:mauz ^'il est permis de manger, ne commet point de (aute, car Bnihma a créé certains 6tres animés pour être mangés et les autres pour les manger.

c Que le dwicUa qni connaît la loi n'ait jamais la pensée de tuer na animal sans en faire l'offrande; qu'il ne mange jamais de viande sans sê conformer à oett<) règle, à moins de nécessité urgente.

« Oloiqui, uniquement pour son plaisir, tue d'innocents animaux, ne voit pas son bonheur s'accroître, soit pendant sa vie, soi: après sa mort.

c Mais l'anachorète retiré dans les forets uo doit comuiuitie aucun meurtre sur les animaux sans la sanction du Veda, même en cas de détr«sftf. M

Extrait du Sama-Veda :

t On doit respecter les animaux, car leur imperfection est une œnvro de la sagesse supérieure qui domino les mon«lcs, et il faut respecter cent sagesse, même dans ses œuvres les plus ii. fîmes.

« Vous ne tuerez dons point les ai-imaux, qui, comme vous, sont dt création divine, sans motifs oii pour le plaisir.

c Vous ne les tourmenterez point.

• Vous ne le* ferez point souffrir.

« Vous ne les accablerez pus do tmvaux.

« Vous ne les abandonnerez point dans leur vieillesse, en souvenir des services qu'ils vous ont rendus.

« L'homme no peut tuer les animaux que pour sa nourriture, en évi« tant avec soin ceux qui soi.t défendus comme impurs.

« Même en 1 s immolant pour si nourriture, il commet une fauta, dont il sera 8é\ ère ment puni s'il n'observe la règle prescrite.

• Qu'il conduise devant le temple l'animal dout il désire ninngor, et le prêtre l'immolera en l'offrant au Seigneur, et il répandra le sang de la victime sur l'autel.

^ c Car le sang, c'est la vie, et toute vie qui s'éteint doit retourner à Dieu.

« Celui qui mange de la chair sans se conformer aux prescriptions de la sainte Ecriture, mourra d'une manière ignominieuse, car il a tu 5 sahs sanctifier sou meurtre, car il a versé le sang sans l'offrir au maître de tantes choses. »

Sur \o ipéme sujet, Ramatsariar (commentaires) :

S' Celui qui vent observer la loi prescrite ne mangera de la ohair d^

186 LA BIDLE DANS L'TNDS

Animaux qu'après los avoir fait offrir & Dieu pat le brnbme saorificikteaff, qui en répandra le sang sur Tautel, cor le sang doit être offert au Créateur pour sanctifier la mort.

c Quiconque mangera de la chair sans le sacrifice sera maudit en ce monde et dans Vautre, car le divin Manou a dit : « n me dévorera dans c l'autre monde celui dont je mange la chair ici-bas. >

Il résulte de ce passage du Lévitique, que nous avons cité plus haut, que Moïse défendit aux Hébreux d'immoler des animaux ailleurs que devant la porte du tabernacle, et cela sous peine de mort.

Mais, comme toujours, le législateur dédaigne d'exposer ses motifs, de faire connaître le Jbut de sa défense.

Pourquoi, suivant Texpression même de la Bible, prohiber le meurtre de tout animal in castris vel extra castra, dans le camp ou en dehors du camp.

La strophe 7 du chapitre xvii du Lévitique, qui traite cette matière, contient bien un semblant d'explication dans ces paroles : « JEt nequaquam ultra immolabunt hostias suas damonibus... Et ils n'offriront plus à l'avenir leurs immolations aux faux dieux. »

Mais que prouve ce passage? Il indique simplement qu'autrefois les Israélites immolaient leurs animaux devant les statues des dieux que Jéhova avait renversés, et que les mêmes coutumes étaient conservées au profit du culte nouveau.

Ce que nous voudrions trouver dans l'œuvre de Moïse, c'est l'idée qui a pu donner naissance à cette prohibition d'immoler en tout autre lieu que devant la porte du tabernaclCy ut sanctificentur Domino, afin que les animaux tués soient sanctifiés par le Seigneur.

Pourquoi enfin cette sanctification du sang versé!

Il faut toujours en revenir làl

Moïse n'a fait qu'abréger les ordonnances anciennes de rÉgjpte et de l'Inde, et, abréviateur inintelligent, en tQ'^

HOSBS OU MOÏSE ET UL EOCliiTâ UÉBBAÏQUB 18^

tenant la coutume, il lui arrive toujours d'oublier Tidée qui lui a donné naissance.

Reportons-nous aux passages de Manou et du Yeda que nous avons transcrits sur le même sujet, et alors il nous est possible de dissiper Tobscurité du texte biblique, de l'expliquer logiquement, tout en déduisant de cela la con< séquence naturelle que ce texte n*est, comme tous les autres, que le résultat d'une copie mal faite.

Toutes les nations anciennes, et principalement les IndouS: eurent un respect profond pour l'œuvre mystérieuse de la création divine, et leurs constantes préoccupations furent de n'j point porter atteinte ; de là leur sainte horreur pour le sang et le meurtre des animaux. Placés entre cette crainte de toucher à l'œuvre de Dieu et les nécessités de la vie matérielle, qui les forçaient à se nourrir de chair, ils imaginent cette fiction religieuse qui consiste à immoler l'animal destiné à leur subsistance devant le temple de la divinité, et à légitimer ainsi le sang versé en l'offrant au Créateur.

Car, suivant Texpression du Veda :

« Le sang, c'est la vie, et toute vie qui s'éteint doit retourner à Dieu...

De là l'anathème jeté par Manou et l'Écriture sainte à tout brahme, à tout dwidja, à tout homme pur de manger de la chair d'un animal qui n'aurait pas été préalablement sacrifié à Dieu.

De là encore cette parole de la Bible : « Tout homme de la maison d'hraêl qui aura tué un Iweuf, ou une brebis, ou une chèvre dans le camp ou hors Ju camp, et qui ne les aura pas présentés à l'entrée du tabernacle pour être offerts au Seigneur, sera coupable de meurtre... *>

C'est de l'Inde, n'en doutons point, que l'Orient tout entier reçut cette coutume d'offrir à la divinité le sang des animaux pour les sanctifier avant de s'en nourrir.

Plus tard l'idée première s'affaiblit, elle se symbolisa, on cessa de sacrifier au Créateur chaque animal que Ton tuait. A cette cérémonie de tous les jours on substitua des fêtes périodiques, pendant lesquelles le peuple apporta des animaux de toute espèce, que le prêtre sacrifia sur Tautel dans un but de pacification générale.

L'Inde seule resta fidèle à ses antiques usages, et, mémo Bncore a^jourd'hui, les brahmes et les membres des hautes castes ne mangent dé la chair que quand elle a été consacrée dans le temple.

Voilà comment toutes les civilisations anciennes pro« cèdent les unes des autres, et comment, en les comparant dans les plus minces détails de leur vie, de leurs coutumes usuelles, on parvient à retrouver cette communauté d'origine qui, loin d'être le fruit d'une idée paradoxale, est le résultat fatal et logique des lois qui président au dévelop* pement de l'espèce humaine.

L'opinion catholique, qui persiste à voir dans les anciens usages hébraïques une figure de l'Église nouvelle, explique ce chapitre du Lévitique d'une toute autre manière.

Suivant elle, ces prohibitions ont été simplement établies par Dieu pour empêcher les Juifs d'offrir des sacrifices ailleurs qu'au tabernacle.

Je ferai d'abord remarquer que la Bible se sert de cette expression : Homo quilibet de domo Israël^ c'est-à-dire tout homme en Israël qui aura tué un animal ailleurs que devant la porte du tabernacle.

S'il se fût agi d'un sacrifice à la divinité, le prêtre seul eût eu le droit de l'offrir, tandis que, dans l'espèce qui noua occupe, tout Hébreux a le droit de tuer devant le tabernacle, pourvu qu'il sanctifie son acte en remettant le sang de la victime au prêtre, qui le répand sur l'autel en signe dexpiûtiou.

ISOSES OV IIOÏSB ET LA SOCI^T^ HÉBRaIQUK 18^

C'est donc bien des animaux destinés à la nourriture qu'il s*agit, et non de ceux destinés aux cérémonies purement religrieuses.

Ante ostium iàbemaculi testimonii immolent eas ho$^ iias pacijlcas.

Ils immoleront ces victimes pacifiques devant Feutrée du tabernacle.

Voilà ce qui est ordonné aux Hébreux :

Fundetque sacerdos sanguinem super altare Domini.

Le prêtre en répandra le sang sur Tautel du Seigneur.

Voilà le rôle du lévite.

Je le répète, sHl se fût agi d'un sacrifice symbolique à la divinité, le prêtre seul eût eu le droit dlmmoler la victime, etcela, non à la porte du tabernacle, mais dans le fond même du temple, où nul autre que lui ne pouvait entrer.

Au surplus, il faut faire subir au texte de singulières tortions pour arriver à rendre possible cette explication que nous combattons.

Voici la traduction de ce passage par le père de Carrière, dans Tédition approuvée de la Bible que nous avons sous les yeux.

Texte du Lévitique :

Homo qni libet de domo Israël, si oooiderit bovom, aut ovem, liTe oa« pram, in castris vel extra castra:

Et non obtalerit ad ostium Tabernaculi oblationem Domino, sanguinif reos erit : quasi si sanguinem furierit, sic peribit de medio populi sui.

Ideo sacerdoti offerre ^ebent filii Israël hostias inas qoas occident in agro, ut s-inctifioentar Domino

Traduction littérale :

Toat homme de la maison d^Israël qni aura tué on boduf, une brebif on nne chèvre, dans le camp ou hors du camp,

Et qui ne l*anra pas offert au Seigneur, devant la porte du Taberoaclo, sera coupable d'avoir versé le sang; et comme s*il avait versé W lang, il périra au milieu de son peuple.

C'est pourquoi les enfants d^Israëi doivent offrir an prdire les viotîxna»

190 LA BIBLE DÀKS L INDB

qu'ils ont taées dans les champs, pour qu'elles soient sanctifiées par le Seigneur.

Traduction du père de Carrières, de la compagnie de Jésus :

Tout horome de la maison dlsraël o« dêê prosélytei établie parmi eux gui, voulant offrir un $acrifict au Seigneur^ aura tué dam ce dessein un bœuf »u une brebis ou une chèvre dans le camp ou hors du camp.

Et qui ne l'aura pas présenté à l'entrée du Tabernacle pour fitre offert an Seigneur, sera coupable de meurtre, et il périra au milieu de son peuple, comme s'il avait répandu le sang d'un homme.

C'est pourquoi les enfants d'Israël doivent présenter aux prdtres /m kosties quUls veulent offrir au Seigneur^ afin qu'ils les immolent devant It Tabernacle^ au lieu de les égorger dans les champs

Tous les passages soulignés n'existent pas dans le texte : cette lojauté de traduction peut se passer de commencaires. Remarquons toutefois que ce sont précisément ces interpolations peu scrupuleuses qui servent de base à cette opinion, que le Lévi tique a entendu dans ce chapitre parler des animaux ofTets purement en sacrifice  Jôhova, et non de ceux destinés à la nourriture du peuple.

Au surplus, le Lévitique, au chapitre vii, semble vider lui-même cette question, quand il ordonne d'offrir au Seigneur le sang et la graisse de tous les animaux tués indistinctement, sous peine de mort, et de donner au prêtre la poitrine et Tépaule droite de chaque victime immolée.

U ne s'agit donc bien ici que des animaux destinés à la nourriture : cela ne saurait supporter Tombre d'un doute. Il est incontestable également qu'on est obligé de remonter à l'extrême Orient pour trouver* une explication de ces coutumes, que la Bible est impuissante à nous donner.

Jmpureté occasionnée par les mortSy et soins de pureté^ d'après le Lévitique.

Lévitique, chapitre zxi :

Vm Seigneur dit ansii à Moïse : Parlez aux prêtres, enfonts d'Aaron^

M0SE8 OU MOlSB ET lA SOCIÉTÉ HéSBAlQUR 191

«i dites-lenr que le prêtre, lors des cérémonies fîinéraircs pour la mort â*nii de ses concitoyens ne fasse rien qui le rende impur ;

c A moins que ce ne soit pour les cérémonies de ceux qui lui sont unis le plus étroitement par le sang et qui sont ses plus proches, c'est-à-dire son père et sa mëre, son fils et sa tille, et son frère.

« Et sa sœur vierge, qui n'a pas encore été mariée. Mais il ne fera rien de ce qui peut le rendre impur, à la mort même du prince de son peuple.

c En ces occasions, les prôtres ne raseront point leur tête, ni leur barbe; ik ne feront point d'incision dans leur corps.

« Ils se conserveront sains pour Dieu, et ils ne souilleront point se a nom, car ils présentent Tencens du Seigneur et ils offrent les pains de leur Dieu ; c'eât pour cela qu'ils doivent rester purs, s

Lévitique, cl.apitre xxii :

« Le Seigneur pirla encore à Moïse et lui dit :

• t'arlez à Aaron et à ses fils, afin qu'ils prennent garde, quand ils ne •oui pas purs, de toucher aux oblations sacrées des enfants d'israël, pour fie (OS souiller ce qu'ils m'ofiErent et ce qui m'est consacré, car je suis le hcigneur.

< Dites^cur pour eux et pour leur postérité : Tout homme de votre race qui, étant devenu impur, s'approchera des choses qui lui auront été consncr es et que les enfants d'Isi-acl auront offertes au Seigneur, périra devant le Soigneur.

t Tout homme de la race d' Aaron qui sera lépreux ou qui soutTrira ce qui ne doit arriver que dans l'usage du mariage, ne mangera point des choses qui m'ont été sanctifiées jusqu'à ce qu'il soit guéri. Celui qui touchera un homme devenu impur pour avoir touché à un mort ou à uo homme qui souffrira ce qui ne doit arriver que daus l'usage du niariago t

c On qui touchera ce qui rampe sur la terre, et généralement tout ce qui est impur, et que l'on ne peut touclier sans être souillé, sera impur jusqu'au soir; il ne mangera point des choses qui ont été sanctifiées avant de s'être lavé le corps dan^ Teau.

« Quand le soleil sera couchi*, alors, étant purifié, il mangera des choses sanctifiées, car c'est la seule nourriture qui lui soit permise. -

c Us ne mangeront point d'une bête qui est morte d'elle-même, ou qui aura été prise par une outre bête, et ils ne se souilleront point pa.* ces viandes. .

I Qu'ils gardent mes préceptes, afin qu'ils ne tombent point dans la flouillure, et qu'ils ne meurent point daus le sanctuaire après qu'il* Ita- Tont souillé, car je suis le Soigneur qui les sanctifie. »

Si la Bible n*était pas un livre qu*on s'habitue à lire» sans s'inquiéter la plupart du temps d'en comprendre le sens, il 7 a longtemps qu'on serait persuadé qu'elle n'est

19'?. LA BIBLB DANS L'INDB

qu un mélange des anciens mystères, dont les inities avaient seuls la clef, et des superstitions les plus vulgaires de TEgypte, et il y a longtemps que la lumière serait faite sur ce point.

Ces deux passages que nous venons de citer nécessitent quelques développements avant de les faire suivre des ordonnances indoues dont ils découlent.

Le chapitre xxi ordonne aux prêtres de ne point se mêler aux cérémonies mortuaires, car ils deviendraient impurs.

Il leur est permis seulement de présider aux funérailles de leurs proches, en s*ahstenant toutefois de tout ce qui pourrait les rendre impurs.

Il n'y a même pas exception à cette règle générale pour la mort du prince du peuple.

Le chapitre xxii défend aux prêtres de toucher aux choses saintes lorsqu'ils sont impurs, c'est-à-dire lépreux, affectés de certaines maladies, ou ayant été souillés par un mort ou un homme qui a touché un mort, ou enfin quand ils auront touché ce qui rampe sur la terre, et généralement tout ce qui est impur, suivant l'expression même du Lévitique.

Et c'est là ce qu'on voudrait vous faire admettre comme an résultat de la révélation divine.

Le prêtre est souillé parce qu'il accompagne son semblahle à sa dernière demeure.

Le prêtre est souillé par le contact d'un mort ou de tout homme qui a touché un mort.

Le prêtre est souillé parce qu'une maladie indépendante de sa volonté est venue l'afûiger.

Le prêtre est souillé pour avoir touché des animaux rampants.

Quel singulier ramassis de superstitions ridicules, et comme nous hausserions les épaules de pitié &i nous ren« contrions pareilles choses dans la théologie de quelque peuplade barbare de l'O^éanie !

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