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CHAPITRE XVm

QUELQUES MOTS D*EXPLlCA.TIOIf

7© ne crois pas que les orientalistes sérieux viennent contredire en rien ce que j'ai avancé sur la vierge Devanagny et son ûls Christna. Il y a longtemps sans doute qu'ils ont compris que les mythes modernes de la religion indoue et de la poésie sont le produit de la décadence et (les superstitions que les brahmes ont laissé s'accréditer dans l'esprit des masses au profit de leur domination.

Si donc j'ai rejeté toutes les aventures héroïques auxquelles les poètes indous ont mêlé Christna, c*est qu'elles ont été inventées après coup par cette imagination orientale qui ne connaît pas de bornes dans le domaine du merveilleux.

Les poëmes les plus célèbres sur Christna ne remontent pas au delà du Maha-Bharata, qui fut éerit environ deux siècles avant liotre ère, c'est-à-dire plus de trois mille ans après la mort du novateur indou. Ces ouvrages prirent naissance dans cette idée, que la Divinité est constamment mêlée aux luttes et aux actions humaines pour les diriger à son gré, et distribuer sur la terre même, aux bons et aux mauvais, la récom^^ense ou le châtiment.

C'est la même idée qui domine les anciennes civilisations égyptienne, grecque et hébraïque, issues, comme nous l'avons démontré, de cette période pendant laquelle rinde, oubliant les pures traditions des Védas et de Christna, se jeta dans les bras des saints, des anges, des demi-dieux et des héros.

20^ LA BIBLE DANS L'tNDB

Qu'on nous permette de prendre un exemple dans noire époque moderne, pour démontrer jusqu'à l'évidence, qu'on doit rejeter bien loin de soi la poésie indoue, quand il s*agit de juger Christna, pour s'en tenir aux ouvrages de théologie pure, aux leçons des bralimes et à la tradition conservée dans les temples.

Quelques tentatives furent faites chez nous, au seizième siècle, pour remplacer dans les poèmes épiques l'intervention de Mars, de Jupiter, de Junon , de Vénus, de Minerve, etc., par celle du Christ, des apôtres, des anges et des saints. La Jérusalem délivrée, du Tasse, avait servi de modèle.

Est-ce que si une pareille coutume se fût généralisée et sans aucun doute elle eût réussi en Orient), les chercheurs qui, dans deux ou trois mille ans, auraient tenté d'exhumer le passé, n'auraient pas été obligés, surtout si les civilisations occidentales s'étaient éteintes ou transformées, si le christianisme avait disparu, de no tenir aucun compte de la légende et de la poésie, pour se faire une idéo sérieuse du Christ, de ses apôtres et de sa doctrine, sous peine de trouver ces personnages mêlés à toutes nos guerres civiles ou religieuses, et dès lors à les repousser comme le produit de la superstition ?

Mon rôle n'a pas été autre que celui-ci, et je n'ai étudié Christna que par sa révolution philosophique et morale, le seul point de vue, du resté, sous lequel le considèrent les brahmes savants , qui , mémo encore aujourd'hui dans rinde, consrxCient leur vie à l'étude de la loi et des ventée religieuses.

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